Surmonter l’angoisse de la page blanche ou le théorème de l’inertie proactive

Marko Glibota
Jul 21, 2017 · 4 min read

L’angoisse de la page blanche est un virus dont souffrent tous les créateurs de contenu. Bloggeurs, auteurs, designers et content managers, personne n’est épargné. Et aucun vaccin ne peut vous en prémunir définitivement : une fois inoculée, l’insidieuse maladie est susceptible de se déclarer à tout moment. Regard las, yeux vitreux, ongles rongés, les symptômes sont faciles à déceler.

Je le sais car je suis assis à côté de vous dans la salle d’attente. Le patient n’a d’ailleurs jamais aussi bien porté son nom, parce que de la patience, il en faut. Chaque semaine, je lis des articles dans lesquels les auteurs prodiguent de bons conseils pour surmonter ce mal. J’en parlais même sur Twitter avec une content marketing manager cette semaine. C’est pourquoi j’ai décidé de revêtir mes habits de Pierre Curie et de vous offrir à mon tour le remède que j’utilise quand l’affection me frappe.

Souvenez-vous de la dernière fois que vous en avez été victime (il n’y a probablement pas si longtemps). Vos doigts se crispent au-dessus du clavier, vous sentez monter l’angoisse et votre cerveau semble davantage préoccupé par le week-end ensoleillé qui vous attend que par l’article que vous devez absolument rendre avant la fin de la journée. Le sujet ne vous inspire pas, mais vous tentez quand même un début de phrase, il faut bien se lancer, l’heure tourne. Les lettres se bousculent sur l’écran, les unes après les autres, pour former des mots qui se transforment eux-mêmes en phrase. Puis tout s’arrête. Le curseur clignote dans le vide. Soupir. D’une pression de l’index, la phrase disparaît dans un élan de frustration.

Pas facile, en effet, d’être toujours inspiré et bien affûté. Mais ce n’est pas ça qui doit vous empêcher d’avancer. J’ai essayé plusieurs méthodes pour surmonter ce blocage et réussir à écrire tous les jours. Je me suis d’abord inscrit sur la plateforme en ligne 750 words. Le concept est simple : se connecter chaque jour et écrire au moins 750 mots, d’une seule traite. Peu importe ce que vous écrivez, l’objectif est de coucher sur papier digital tout ce qui vous passe par l’esprit. Que vous soyez nerveux, joyeux, plein d’entrein ou mort d’ennui, lâchez-vous tant que la limite des 750 mots n’est pas atteinte.

Il n’y a qu’une seule règle : vous ne devez pas prêter attention au style, à l’enchaînement des phrases, à l’orthographe et surtout pas à la mise en forme. Ce contenu n’est pas destiné à être publié. C’est simplement une routine qui, répétée tous les jours, est censée vous permettre d’entrer dans un état de concentration extrême rapidement et d’augmenter ainsi votre productivité.

Je le faisais le matin en me levant, ça me prenait généralement 25 minutes, parfois plus. Mais j’ai arrêté au bout d’un mois. Ce format ne me correspondait pas. La philosophie était bonne : écrire pour se libérer l’esprit de tout ce qui le pollue inutilement et lancer la machine avant de commencer sa journée. Je trouvais simplement le format des 750 mots trop contraignant.

J’ai donc décidé d’essayer autre chose : écrire chaque jour pendant 15 minutes, sans interruption. Et cela fonctionne beaucoup mieux. Je trouve en effet qu’il est moins stressant de se fixer une limite de temps plutôt que de mots, et cela aide donc à se libérer plus facilement. C’est plus pragmatique aussi, surtout pour des content managers dont l’agenda est plein à craquer.

Bloqué ou non, j’écris donc pendant au moins un quart d’heure toutes mes pensées, comme elles viennent. Prosaïques, rarement philosophiques, mais cela suffit à me mettre le pied à l’étrier. D’autant que les 15 minutes se transforment parfois en 20–25 minutes à mesure que je me concentre.

Ça ne fait pas avancer le schmilblik, me direz-vous, puisque l’article que je dois rendre reste au point mort. Avez-vous déjà essayé de faire démarrer une barque à moteur ? Vous tirez sur la corde de démarrage, rien ne se passe. Vous vous y reprenez à plusieurs fois, comme un dératé, jusqu’à ce que le vrombissement du moteur récompense vos efforts. Eh bien, surmonter le syndrome de la page blanche, c’est la même chose. Ce n’est pas l’inspiration qui va provoquer le déclic et déclencher une avalanche de mots. C’est le fait d’écrire qui va provoquer l’inspiration. Écrire pour trouver l’inspiration, plutôt qu’attendre l’inspiration pour écrire en somme (d’autant que cette dernière pourrait ne jamais se manifester).

D’où l’importance d’écrire au moins 15 minutes par jour, tous les jours. Surtout si vous êtes bloqué devant votre ordinateur, cela vous aidera à combler le manque de motivation ou d’inspiration. C’est le théorème de l’inertie proactive : vous n’avancez pas vraiment, mais vous le faites avec bonne volonté, et ça finit toujours par payer.

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I’m a Digital Marketing and Content Specialist passionate about startups and new technologies. I believe in Green Tech, Civic Tech and classic rock.

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