Barack Obama à Cuba

Le voyage de Barack Obama à Cuba a commencé dimanche soir. Sans aucune concessions aux droits de l’homme. Contrairement à François Hollande qui n’a pas voulu voir les dissidents.

Barack Obama arriving in Cuba this sunday afternoon (Reuters)

Obama à Cuba

La visite que le président américain a commencé ce dimanche à la Havane est historique, comme tout le monde le répète. Mais elle est surtout très habile, très “smart”.

J’étais à Miami et La Havane il y a quelques jours et j’ai interrogé, dès deux côté de la mer, les Cubains et les Cubains-Américains sur leurs attentes respectives : lire ici mon reportage.

Obama à Cuba cette semaine après Hollande, qui y était à l’automne dernier. Le parallèle Obama-Hollande est ici très révélateur quand on compare ces deux voyages.

De ce point de vue, il est frappant de voir que Obama ne commet aucune des erreurs que François Hollande a multiplié lors de son voyage récent à Cuba.

Obama ne se montrera pas aux côtés du dictateur Fidel Castro mais se limitera formellement au président en exercice, Raul. Il ne rendra pas hommage, contrairement à Hollande, à Che Guevara en décorant de la légion d’honneur le fils du Che (Ernesto, lui aussi), lequel n’a, non seulement, jamais vraiment connu son père, mais est le symbole de la dictature cubaine : c’est un apparatchik du régime castriste, un privilégié protégé par le népotisme cubain. C’est aussi un communiste reconverti dans l’ultra-capitalisme sans règle, à la russe ou à la chinoise, l’armée qui organise la répartition de l’économie et les entreprises aux amis de la révolution, ce qui caractérise désormais Cuba.

Enfin, Obama va rencontrer les dissidents, ce qu’Hollande n’a pas voulu faire. Le régime castriste s’est opposé à un tel entretien mais l’administration Obama a tenu bon, jusqu’à annuler la visite de préparation de John Kerry pour faire monter la pression.

Obama a envoyé une lettre aux plus célèbres dissidents, comme les Dames en blanc (que j’ai rencontrées à Cuba et interrogées : à écouter ici). Il les rencontrera lui-même à la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis, ce que le président Hollande n’a pas daigné faire, sacrifiant les droits de l’homme à une hypothétique raison d’Etat.

Il est au final étrange que le président français, qui parle si souvent des droits de l’homme de manière incantatoire, ait préféré cédé aux pressions castristes et ait sacrifié les valeurs de la France — contrairement à Obama.

Les ratés du voyage d’Hollande et le succès du voyage d’Obama

C’est mon troisième voyage à Cuba ces derniers mois. Je vous propose ci-dessous mes différents reportages sur le terrain à Cuba :

– Voir mon enquête sur le voyage du pape et sur Internet à Cuba.

– Lire l’enquête sur le voyage de François Hollande qui a refusé de voir, contrairement à Obama, les dissidents.

– Lire une réflexion sur l’hommage embarrassant prononcé par Hollande de Che Guevara (ce qu’Obama n’aurait jamais fait et que Hollande a osé faire).

Enquête sur ce que Hollande n’a pas vu à Cuba.

Reportage de fond sur l’homme qui aime les voitures à Cuba.