FWD50 : Première journée — les ateliers

En ce 7 novembre 2018, nous avions rendez-vous au parc Lansdowne à Ottawa, pour participer à la deuxième édition de FWD50, question de se projeter dans le futur, briser le moule, pousser l’enveloppe, se confronter à d’autres idées, voir comment on peut en faire un peu plus! Contrairement à l’an dernier, c’est avec enthousiasme que j’ai fait la demande d’y participer.

Je vais vous avouer que j’ai uniquement participé aux ateliers “Fastforward”. J’aime bien la cadence, le rythme et la variété de ce qui y était proposé. Comme partout ailleurs, certaines sessions m’ont davantage interpellées.

Les modèles gouvernementaux ouverts

Audrey Lobo-Pulo a parlé des modèles gouvernementaux ouverts (Government Open Source Models — GOSMs), par lesquels nous pourrions ouvrir tout ce qui entre dans la création, la formulation et la gestion d’une politique, en exposant les données, les hypothèses : les tenants et aboutissants qui ont mené à une politique. Par la suite, il serait possible de réutiliser ces politiques, les partager, adapter et même les remettre en question quand les hypothèses et données fondamentales changent. De plus, en ouvrant le tout, tout le monde peut faire parti de la conversation et remettre en question les conclusions qui ont mené aux politiques et leur pertinence au fil du temps.

Questions d’agilité et de pensée créative

Nadir Hirji et Susan Wilkins sont venus nous présenter comment une approche agile et de pensée créative (design thinking) centrée sur l’utilisateur peuvent servir d’accélérateur dans les changements qui doivent être appliqués sur le chemin vers le numérique.

D’abord la donnée accablante : 70% des transformations ne sont pas des succès… Les erreurs les plus communes citées sont : de ne pas mettre les gens au centre de leurs initiatives, chercher à tout faire d’un coup et voir la transformation numérique comme une préoccupation TI.

Il faut donc faire le focus sur les facteurs de succès : s’assurer que l’on est centré sur un problème important, qui vaut la peine d’être résolu, travailler en co-création avec tous les intervenants, faire du prototypage, utiliser une approche agile et finalement, avoir le support actif de la gestion supérieure pour supporter le changement de culture vers le numérique.

Les caractéristiques clés pour la numérisation des services publiques

Natalie Evans-Harris est venue nous parler de son expérience dans la numérisation des services publiques, insistant sur la collaboration entre les institutions. Elle a insister sur le fait que ce n’est pas l’affaire d’un groupe, d’une direction ou même d’un ministère, il faut travailler ensemble, identifier les opportunités communes et les intérêts communs pour pouvoir pousser l’enveloppe et avoir une approche holistique, briser les silos et améliorer les services aux citoyens. D’ailleurs, ce n’est pas une question de documenter le point de vue de chacun, il faut travailler ensemble, dans un effort coordonné pour créer des solutions holistiques centrées autour des utilisateurs.

L’IA éthique, comment le gouvernement peut prendre la tête

J’ai d’abord cru que cette présentation serait soit un ramassis de concepts que j’avais déjà entendu ailleurs ou un exposé tant théorique que je me serais endormi à cause du manque de sommeil. Mais non, c’est tout le contraire, une présentation stimulante sur ce que veut dire l’apparition de l’intelligence artificielle et son utilisation dans le contexte du gouvernement d’un aspect légal.

D’abord, Adam Goldenberg nous souligne avec un sourire que nous pouvons dire merci à Orwell pour toutes les appréhensions du public en ce qui a trait à l’utilisation de leurs données et d’intelligence artificielle pour les traiter. Que pour l’instant, la conversation sera essentiellement autour des risques de l’utilisation de l’IA par le gouvernement, s’attendant même à ce que ces concepts soient l’objet d’une poursuite officielle contre le gouvernement dans un futur proche, les 18 prochains mois.

Le défi sera d’ailleurs de convaincre un juge qui n’a pas de connaissances techniques comment les technologies d’IA utilisées sont justifiées, fiables et donnent des résultats justes et raisonnables. Il propose d’ailleurs que nous avons l’opportunité de prendre la position de tête pour définir ce qui est raisonnable ou non par l’adoption de ces technologies.

Face à ces réalités, il entrevoit cependant qu’il sera difficile de justifier les résultats des réseaux neuronaux tant et aussi longtemps que leur produit ne sera pas aussi associé à une explication des facteurs de décisions.

La clé pour augmenter l’acceptabilité de ces technologie est qu’il faudra être transparent, informer le public et former le public sur l’intelligence artificielle pour en faire un concept qui a une plus grande acceptabilité.

Il entrevoit même le futur en 3 étapes:

  1. La méfiance du public face à l’intelligence artificielle
  2. L’acceptabilité du public de l’utilisation de l’intelligence par le gouvernement
  3. La demande du public pour que le gouvernement augmente son utilisation de ces technologies pour améliorer les services

Peut-être que la clé dans ceci est de commencer à travailler avec les 400k employés du gouvernement fédéral pour démontrer l’utilité et l’utilisation éthique de l’intelligence artificielle.

Conclusion

Bien entendu, beaucoup d’autres sessions ont emmené des concepts plus qu’intéressant, mais ceux-ci sont ceux qui m’ont davantage marqué. La journée a donné beaucoup de matière à réflexion et a mis en évidence une panoplie de questions sur lesquelles nous avons avantage à réfléchir maintenant avant d’y être confronté. La deuxième journée de FWD50 s’annonce chargée avec des présentations principales pendant la matinée et une série de sessions en parallèle en après-midi. Si la tendance se maintient, ce sera stimulant! Allez-y,prenez une bonne bouffée d’enthousiasme!