La reconquête de Mossoul : “une bataille difficile”

Le lundi 17 octobre, les forces irakiennes ont lancé une vaste offensive contre Mossoul, deuxième ville du pays et dernier grand bastion de l’État islamique. Soutenue par une coalition internationale que dirigent les États-Unis, les forces fédérales irakiennes ont avancé par l’est de la ville, tandis que les forces kurdes gagnent du terrain à l’ouest.

Une coalition nombreuse pour vaincre Daech

L’annonce est tombée au beau milieu de la nuit de dimanche à lundi : le premier ministre irakien, Haider al-Abadi, a annoncé

“le début de ces opérations victorieuses pour libérer [le peuple irakien] de la violence et du terrorisme de Daech”.

Les forces fédérales irakiennes, armée, police et forces anti-terroristes sont toutes engagées dans la bataille.

De nombreuses autres communautés sont engagées dans le combat. Milices chiites soutenues par l’Iran, peshmergas kurdes, une armée turque qui souhaite aussi asseoir son pouvoir en participant à la lutte, bien que Bagdad ait longtemps exigé son retrait… Un mélange de communautés opposées qui a poussé al-Abadi à n’autoriser qu’aux forces irakiennes l’entrée dans Mossoul. A ces troupes régionales s’ajoute une coalition de soixante nationalités, selon les États-Unis qui la dirigent, qui soutient cette bataille contre l’organisation Etat islamique (EI).

© AFP

Une bataille complexe

Au deuxième jour de l’attaque, le président Obama l’admettait en conférence de presse : l’offensive sera difficile.

Mossoul sera une “bataille difficile” / © AFP

Mardi, la progression des forces armées avait déjà ralenti. En butte aux nombreux pièges tendus par l’EI, l’armée irakienne comme les factions kurdes doivent prendre le temps de déminer le terrain. L’action kamikaze reste aussi une arme de choix pour les soldats de Daech. Sur le front de Khazir, au nord de Mossoul, au moins sept combattants ont fait sauter leur ceinture d’explosifs en montant à l’assaut des forces kurdes. Plusieurs peshmergas ont aussi été tués dans des attaques à la voiture piégée.

Les conduites de pétroles ont aussi été utilisées par les soldats de Daech pour ralentir la progression de leurs opposants. A l’est, ils y ont mis le feu en se retirant. Et tunnels et caches restent nombreux dans les villages où les forces alliés progressent, démultipliant le danger.

La question humanitaire

La question de la protection réfugiés civils, enfin, se pose nécessairement. Le président des États-Unis le note dans son discours : près d’un million de personnes vivent encore dans la ville contrôlée par l’EI. Mener une telle offensive, c’est risquer de les mettre en danger : l’ONU redoute l’exode que les combats pourraient provoquer.

L’armée irakienne compte sur le soutien d’une partie de la population : si elle a auparavant été assez favorable à l’EI, elle souhaiterait désormais s’en débarrasser, excédée par ses exactions. Mais de grandes organisations humanitaires mettent tout de même l’accent est surtout mis sur l’action humanitaire pour protéger cette population. Les forces assaillantes ont d’ailleurs laissé un couloir au Nord-Est de Mossoul pour lui permettre de fuir la ville.

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