FoodNews #4 : contrebande d’alcool au pays du Grand Mufti — guide Uber des restos — boum des foodbooks en BD…

Salut les petits pois,

Cette semaine, on vous parle du boum des BD de cuisine, d’Uber qui se lance dans la critique gastro, de l’indice de vulnérabilité alimentaire, de la guerre perdue d’avance de l’industrie carnée sur les médias sociaux ou de la mort annoncée du Soft Power de la french cuisine.

Let’s go.


1 — On commence en douceur avec l’histoire le plus WTF du moment. En 1980 en Arabie Saoudite, une bande de contrebandiers ont camouflé, à l’insu de tout le monde, des litres d’alcool (qui rappelons-le est ultra prohibé dans tout le royaume) dans l’endroit le plus sûr pour ce genre de trafic : la maison du Grand Mufti, la haute autorité juridique et religieuse de l’État. Oui oui. On signe où pour obtenir les droits pour l’adaptation ciné ? {En lire plus}


2 — Moins intimidants pour les débutants, plus faciles à suivre, connectés à l’époque et surtout beaucoup plus simple à produire… les livres de cuisine illustrés sont en pleine explosion. Au point d’occuper 10 % du marché des BD et comics aux USA. Oubliez Instagram et ressortez les Caran d’Ache. {En lire plus}


3 — Bouteilles en vente dans les meilleurs restos de la planète, vin nature d’avant-garde, terroir unique au monde, culture de la remise en question et du from scratch… Et si les vignerons les plus cools et les plus punk du monde se planquaient tout simplement dans les Adélaïde Hills, dans le sud de l’Australie ? {En lire plus}


4 — Après le revenu universel la taxe sucre & soda, une nouvelle proposition sociale commence à occuper l’espace public mondial : l’instauration d’une taxe sur la viande. Son but ? Réduire la consommation de viande tout en finançant de quoi compenser l’impact de l’élevage sur l’environnement. Montant : +40 % chez votre boucher. Et les 1eres études laissent entendre que cela ne choque pas les consommateurs, si on leur explique clairement les raisons. Et au rythme où vous les choses, on en devrait pas tarder à en entendre parler dans les couloirs de nos assemblées. {En lire plus}

5 — À ce propos. Entre les lasagnes goût cheval, les vaches hublots ou les conditions alarmantes d’abattage des animaux, les scandales alimentaires se multiplient ces dernières années. La chambre d’écho de ces derniers ? Les médias sociaux, of course, devenus aujourd’hui le pire cauchemar de l’industrie carnée. En effet, l’information sur ces affaire circule — via Twitter ou Facebook — beaucoup plus rapidement que ce que l’industrie est en mesure de réagir. Et quand elle le fait, c’est soit à base de bons gros poncifs (qui n’ont jamais rassuré personne). Soit en étant ultra old (coucou les QR codes) {En lire plus}


6 — Nous en parlions dernièrement : la saison est aux foods trends, ces prédictions de spécialistes sur ce qui va faire l’actualité de nos assiettes l’année prochaine et qui, pour notre plus grand bonheur, ne se réalisent rarement. L’équipe de Fine Dining Lovers a eu la géniale idée de mettre en perspective 50 années de food trends, avec la date de buzz à l’appui. Attention, ça fait peur (et gaffe à la quiche au kiwi) {En lire plus}

7 — À la 6e place des meilleurs restaurants des US du très influent magazine Bon Appetit, on trouve South Philly Barbacoa. Ce mignon restaurant de Philadelphie s’est fait une spécialité de cuisiner pour les gars qui bossent en équipe de nuit dans le bâtiment et qui débarquent, affamés, à 06h du matin. Problème : ce restaurant est tenu la chef Cristina Martinez, qui en plus d’être une femme, est aussi une immigrée mexicaine. Et qui en plus n’a pas ses papiers. Depuis l’élection de Donald Trump, elle tremble.

Le magazine Eater s’est d’ailleurs fendu d’un édito, où, grosso modo, il demande aux Américains de ne plus faire mention de l’origine ethnique ou religieuse lorsqu’ils évoquent un restaurant, pour éviter de faire du tort à des milliers de familles. Et invite ses lecteurs à aller s’attabler dans toutes ses tables du monde qu’ils trouveront dans leurs quartiers. Un beau moment de food politics. Tout comme l’avènement, ces jours derniers, d’un emoji Tacos, après des mois de lutte. {En lire plus}


8 — Uber vient de lancer un guide des meilleurs restaurants américains basé, entre autres sur les data de son service de livraison UberEats.

Plus amusant et nettement moins big bro : vous etes enceinte, vous voulez continuer à avoir une vie sociale, mais sans pour autant dire à tout le monde que vous attendez des jumeaux ou subir le regard inquisiteur du barman ? Ce guide pour cacher votre grossesse dans les bars et resto n’attend que vous.


9 — On en viendrait presque à regretter Curnonsky (aka Le Prince des gastronomes) qui avait, en une phrase et sans doute quelques litres de beaujolais dans le sang, désigné Lyon comme capitale mondiale de la gastronomie, en 1935. Aujourd’hui, déterminer pourquoi une ville mérite d’être perçue comme une capitale gastronomique est devenu ultra compliqué. Cas d’école ? Hong Kong. D’un côté, sa capacité à intégrer les cuisines et les pratiques foods de son époque et de son immigration en font l’une des villes culinaires les plus crazy et dynamiques du monde. En atteste un restaurant pour 300 habitants (410 à Paris), des tonnes tables montées par des chefs étoilés ou du 50’s Best, des mecs capables de payer 8000 euros un shooter de cognac et des marchés de ouf, comme le montre très bien The South China Morning Post. Ça, c’est le HK sexy. De l’autre, la téci des parfums est désormais obligée d’importer 90 % de son alimentation de l’étranger. Et ne parviens pas à gérer ses déchets ni son aide alimentaire de base pour les plus démunies. Au point de figurer dans le top du très commenté indice des pays à fort taux de vulnérabilité alimentaire. Moins sexy.

Le plus simple, pour déterminer le potentiel culinaire d’une ville est sans doute de faire comme les journalistes du mag Lucky Peach, qui estime que la capitale food du moment est Los Angeles. Raison principale ? C’est là qu’ils habitent.

10 — Aucun effet sur l’Angleterre, le Brexit. Heu… sûr ? Pas dans l’industrie alimentaire en tout cas. Après l’amusant TobleroneGate en début de mois, c’est au tour de la Marmite — ce drôle de condiment que l’humanité considère comme une arme bactériologique, mais qui fait pâlir d’émoi n’importe quel Britannique — qui sera en passe de dévisser. Et ce n’est pas que rigolo. God save the queen.{En lire plus}


11 — « Plus personne n’aime la cuisine française, car vos restos sont snobs et prétentieux ». Wow. La sentence est rude et émane de Paul Freedman, un sympathique teacher d’histoire médiévale à l’université de Yale qu’on n’aurait pas aimé avoir en prof principal et auteur des « 10 restaurants qui ont changé l’Amérique ». Si son constat est clairement à nuancer (notamment du fait qu’il juge l’intégralité de la food française uniquement sur la base des resto français installés aux USA), son analyse historique de notre indéniable influence sur la cuisine mondiale, mais aussi la récente chute de hype de la cuisine frenchy haut de gamme (au profit d’une vision plus asiatique du luxe) est assez rude. Mais revigorante d’une certaine manière. Et, au final, assez complémentaire de la vision globale qu’à Chef’s Table, la série foodie de Netflix, sur la cuisine made in France. {En lire plus}

À noter aussi que

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui. On reste en contact ?