Une économie 100 % circulaire, ça va changer quoi ?

Par Matthieu Orphelin (@M_Orphelin), ancien porte-parole de la Fondation Nicolas Hulot et Jean-Paul Besset, ancien député européen

Comment cet engagement pris par Emmanuel Macron peut-il contribuer à améliorer la vie des citoyen-nes ? Est-il à la hauteur des enjeux ? En quoi diffère-t-il de ceux des autres candidats ?

Quels sont les enjeux ?
Nous pouvons et devons produire et consommer de façon plus durable. D’ici 2050, il faudrait par exemple diviser par 2 nos consommations de matières premières non renouvelables. C’est un changement profond et enthousiasmant de l’économie, qui passe d’un modèle linéaire (extraire-produire-consommer-jeter) à un modèle circulaire qui cherche à minimiser voire annuler ses impacts.
Aujourd’hui, partout sur les territoires, certaines collectivités et entreprises innovent et font la démonstration que le zéro déchet est possible, que les déchets d’une entreprise peuvent être utilisés comme ressources par une autre, qu’une croissance enfin sélective est une formidable opportunité pour une économie durable, mais aussi pour nos emplois et la compétitivité de nos entreprises. L’Etat doit accompagner et favoriser la généralisation de ces démarches, vers une économie « 100 % circulaire ».

Quel est l’engagement d’Emmanuel Macron ?
La situation actuelle n’est pas satisfaisante : les centres de tri seront modernisés pour viser le « 100 % de plastiques recyclés » et la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) sur l’incinération et l’enfouissement sera progressivement augmentée pour, qu’enfin, réduire les déchets ou les valoriser coûte moins cher que de les éliminer.
La consommation durable sera une nouvelle priorité. Pour aider les consommateurs, un affichage de la durée de vie des appareils électroménagers sera mis en place, les éco-contributions sur les produits seront fortement modulées pour favoriser les produits durables (éco-conçus, réparables, recyclables…). Les initiatives contre le gaspillage alimentaire (qui coûte 16 milliards d’€ par an à notre économie !) seront généralisées, en lien avec les fédérations professionnelles concernées.
Toutes nos entreprises doivent s’engager dans cette transition vers une économie « 100 % circulaire ». Nous accompagnerons les PME françaises pour qu’elles se lancent dans des plans anti-gaspi afin de réduire leurs consommations d’énergies et de ressources, grâce à des diagnostics aidés. Les coûts des diagnostics seront remboursés rien qu’avec une partie minime des économies réalisées et cela contribuera à un réel gain de compétitivité.

Quid des autres candidats ?
A part Marine Le Pen, les principaux candidats font, dans leur programme officiel, référence à la question des déchets ou de l’économie circulaire. François Fillon mise principalement sur une augmentation de la TGAP décharge, mais aussi sur une baisse de TVA pour les produits contenant plus de 50 % de recyclé (mesure dont la compatibilité avec les textes européens n’est pas assurée et qui pose des problèmes de contrôle notamment sur les produits importés). Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon évoquent le zéro déchet, en se basant notamment sur des mesures intéressantes, mais qui posent elles aussi question à l’échelle européenne (modulation de la TVA en fonction de la durée de vie pour Hamon, allongement de la garantie légale pour Mélenchon).