Vivre ailleurs

Ou comment pour une famille faire le switch en 1,5 mois

Ca y est. Dans quelques semaines nous déménageons. Direction : Bordeaux. Comme tous les Parisiens me direz-vous, le choix est évident. Pas tant que ça. En tout cas, pas quand il s’agit de tout plaquer pour partir avec femme et enfants.

C’est la raison pour laquelle je reviens sur notre démarche. Pour la partager avec ceux qui parfois songent à vivre ailleurs et/ou autrement. Pour partager notre méthode mais aussi nos questions, et peut-être susciter de nouvelles idées qui viendront aider d’autres familles.

1- Saisir ou créer l’opportunité d’un reset.

Si c’était aussi simple…

Tout commence il y a quelques mois par une opportunité : mon aventure se termine dans une startup. Je sais, je sens que c’est l’occasion de changer tout ce qui au quotidien me pèse et me fatigue. L’occasion de ne plus avoir l’impression de quitter la maison trop tôt et d’arriver au bureau trop tard et inversement. De ne plus faire grandir mes enfants entre des murs. D’avoir en somme un autre rapport au temps et à l’espace. Un autre rapport à moi-même, sur un autre mode que la course (la semaine) et la fuite (le weekend). Avec ma femme nous sommes d’accord, ce serait bien. Mais comment faire au juste ? Une chose est sûre, c’est maintenant ou jamais.

2- Quelle vie (rêvée) ?

Tout changer est tentant, mais par quoi commence-t-on ? Pour les jeunes parents que nous sommes, la réponse est évidente : les enfants. Objectif : leur offrir une école aussi satisfaisante que celle qu’ils avaient à Paris. Ni une ni deux nous nous lançons dans l’exploration de la carte des écoles Montessori, pour lister à 2–3h Paris toutes les écoles répertoriées. En fonction de leur situation (pas trop à l’écart des grandes villes, et plutôt dans le sud), nous dressons une short-list d’une quinzaine d’écoles. Je passe en mode projet : contacts, statut (contacté / rdv), et position (liste d’attente, etc.). Une fois les rendez-vous pris, nous planifions notre voyage. Direction : Côte Aquitaine, puis côte d’Azur (essentiellement autour de Marseille). A l’occasion des vacances de Pâques, soit un mois après le départ de mon entreprise, mes deux fils, ma femme et moi nous embarquons pour plus de 2300km de route, en…2 semaines. Au programme : 4 Airbnb à Bordeaux, Arcachon, Gruissan (pour s’épargner un voyage d’une journée entière) et Ceyreste, 6 écoles à visiter et des régions entières à découvrir.

Quels objectifs ?

à compléter par une belle liste de critères !

Rien de tel, pour nous faire un avis rapide sur chaque lieu, que de dresser une liste de critères. Voici ceux que nous avions retenus :
 — “Fit” avec l’école (les gens, le projet pédagogique, le lieu)
 — Un quartier qui nous permette de nous sentir à la fois en ville et à la campagne, où nous pourrions avoir notre petite maison et notre jardin tout en étant à 5–10' du centre ville.
 — Proximité avec une communauté qui tant en terme de génération qu’en terme de culture et de valeurs est proche de la nôtre, c’est crucial pour nous et nos enfants.
 — L’Océan ou la mer à 30' maximum (sans compter les bouchons!).
 — Et bien sûr proximité avec la famille.

3- Un repérage en forme de voyage

Le voyage fut une très belle aventure. Alternant visites des écoles, des villes et des régions, nous ne chômâmes pas. Pour autant le rythme des enfants fut toujours respecté. Après tout l’objectif était de partir à la découverte de nouveaux lieux, sans idées préconçues, ni réel planning. Les enfants purent danser au Miroir d’eau, dévaler les pentes du Pyla, écouter les chants d’oiseaux au Teich, embarquer dans le petit train du Cap Ferret, braver les bourrasques de vent au sommet du château de Gruissan, se perdre dans les calanques et les ruelles de Cassis, une glace à la main. Que de souvenirs.

Puis vint l’heure du debrief et de la décision. Ce serait Bordeaux et plus précisément La Bastide, qui répond à nos principaux critères. Un quartier en pleine transformation, où l’on sent une nouvelle énergie et une nouvelle génération à l’oeuvre. Nous verrons ce qu’il en est dans les faits, mais c’est une belle promesse.

1 mois et demi . C’est le temps qu’il nous fallu pour nous projeter ailleurs, lister les pré-requis, planifier le voyage, le faire et arrêter notre choix. Quand tous les critères sont réunis et qu’il suffit de faire le premier pas, un peu d’organisation suffit pour changer la donne.

La première question que l’on nous posa peu après était de savoir si nous déménagions pour des raisons professionnelles. Comme si c’était une raison suffisante pour déménager. J’ignore pourquoi, mais cette question me paraît décalée. Elle appartient déjà à un autre siècle. Non, nous avons simplement décidé de changer de vie, pour nos enfants et pour nous. Parce que c’est cela qui compte pour de jeunes parents. Exercer une sorte de liberté un peu grisante qui consiste à s’inventer de nouvelles conditions de vie et de travail, pour eux et leurs enfants. Pour pouvoir grandir ensemble, où ils veulent.


Cet article est le premier d’une petite série consacrée au reset : pour toutes celles et tous ceux tentés de vivre ailleurs, travailler autrement, grandir personnellement et avec ses enfants. Dans le prochain article, il sera question du reset pro.

Merci à Moina Fauchier-Delavigne pour sa relecture attentive et active.


Curieux de comprendre comment la technologie impacte la société d’aujourd’hui et de demain, et surtout comment s’y préparer ?

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