AgileFrance 2020

Des propositions pour démultiplier l’impact d’une belle et importante association, et une demande d’aide

« Merci aux orgas ! » Sous-rires reçus lors de la conférence AgileFrance 2016

Peu de personnes le savent, mais AgileFrance n’est pas qu’une géniale conférence qui a lieu chaque année en juin au Chalet de la porte jaune. AgileFrance est en premier lieu le nom d’une association. Il se trouve que son activité principale aujourd’hui est le soutien à la conférence AgileFrance, mais ses statuts la destinent à bien plus que cela :

Cette association a pour but de soutenir la communauté Agile francophone […] dans ses efforts pour faire évoluer l’industrie du logiciel vers plus d’efficacité et d’excellence dans les entreprises, et plus de respect des individus quel que soit leur rôle : développeur, utilisateur, client final… […] Elle intervient également pour favoriser l'évolution professionnelle des personnes utilisant ces pratiques.

Je crois que depuis la signature de ces statuts en 2009, faire du mot « agile » un synonyme de « efficacité et excellence dans les entreprises » a été en grande partie accompli. En revanche, les missions d’éducation et de respect des individus me semblent toujours d’actualité. Et surtout, le principal moyen de réaliser ces missions tel que proposé par le règlement intérieur de l’association a été à la fois moins exploité et de plus en plus puissant :

Tout membre de l’association peut constituer […] une conférence, un séminaire, un atelier, une publication, ou toute autre activité conforme aux buts de l’association. L’association apporte aux initiatives son concours administratif et s’engage à émettre les factures, recouvrer les règlements et régler les fournisseurs. En contrepartie, les organisateurs d’une initiative s’engagent :
• à œuvrer dans l’intérêt de la communauté des praticiens agiles, sans favoriser un acteur particulier 
• à fournir un budget clair et complet
• à proposer au public principalement un contenu à vocation non-commerciale
• à laisser l’association disposer de tout excédent financier dégagé par l’initiative
[…]

En résumé, et selon ma propre reformulation :

AgileFrance a vocation à effacer la complexité administrative, le besoin de trésorerie et le risque financier qui freinent les initiatives communautaires.

9 ans plus tard

Cette vision était déjà belle quand l’association s’est créée. Mais aujourd’hui, grâce au moteur financier qu’est la conférence depuis qu’elle génère des bénéfices, elle offre des possibilités fabuleuses.

Ayant co-organisé la conférence ces trois dernières années, je suis fier que nous ayons réussi à combiner développement des aspects sociaux et retombées économiques.

Nous avons à la fois déplacé le dîner vers une entreprise sociale et solidaire et réduit son coût ; à la fois fait connaître des professionnel·le·s et offert des ressources libres ; à la fois introduit des tarifs particulier et solidaire et enregistré des excédents de plusieurs milliers d’euros. Nous n’aurions jamais pu aboutir à cela sans le travail des personnes qui nous ont précédé pour placer cette conférence dans le paysage français, et sans une trésorerie solide pour assumer le risque de l’expérimentation.

Le travail accompli par l’association et les initiatives qu’elle soutient sont formidables. Mais la fatigue menace tout·e bénévole. C’est pour cela que l’équipe d’organisation de la conférence se renouvelle en partie chaque année. Cette fatigue se fait aujourd’hui sentir à un niveau inquiétant pour le futur de l’organisation, dont la prochaine AG vise à réduire le nombre de membres du bureau pour faire face aux défections.

Les caisses de l’association contiennent à ce jour plusieurs dizaines de milliers d’euros prêts à être engagée pour la réalisation de sa mission. Et pourtant, le nombre de membres et d’initiatives soutenues stagne. Comme j’aurais aimé que d’autres puissent se faire épauler comme je l’ai été pour des expériences comme NomadConf.EU ou mon comparatif de post-its !

Je crois que nous n’avons vu qu’une petite partie de l’immense potentiel de partage, d’inventivité et de soutien mutuel qu’a la communauté agile francophone. Je crois aussi qu’il est temps, en s’appuyant sur le travail accompli depuis des années par les membres et les bénévoles, de libérer ce potentiel. C’est pourquoi je me présente à l’élection du bureau d’AgileFrance, et pourquoi j’ai besoin de votre soutien pour réaliser la vision promise par les statuts et l’ancrer dans son volet communautaire.

La liste

Je suis fier d’avoir obtenu la confiance de quatre personnes que j’estime pour construire et réaliser ce projet :

Préparez-vous à être surpris. Affiche de forum ouvert, conférence AgileFrance 2016.
  • David Larlet développe du code minimaliste dans une coopérative depuis Montréal.
  • Émilie Esposito entraîne les entreprises à changer depuis Montpellier.
  • Julien Porot facilite la création de produits numériques depuis Paris.
  • Peggy Avez forme à la philosophie plusieurs publics dont des agilistes, en indépendante depuis Lille.

J’ai construit cette liste en visant une diversité géographique, d’expérience, de situations personnelles et de compétences afin d’en faire le MVP de la communauté à assembler autour du projet d’AgileFrance.

Notre profession de foi est disponible sur mattischneider.fr/agile/france/2018.

Pour faire quoi ?

En premier lieu, il s’agit de créer un espace accueillant et bienveillant pour une communauté qui se reconnaît dans l’action. C’est pourquoi, plutôt que d’investir dans des descriptions de projets spécifiques, nous avons défini nos premières métriques d'impact, que nous ajusterons selon leur utilité :

  • Le nombre de personnes touchées (lectorat d'un article, public d'un événement…) par des initiatives soutenues par l'association.
  • La proportion de ces personnes qui ne viennent pas du monde du développement logiciel (sans viser 100%, mais plus que 0%).

Pour autant, pour faciliter la projection, voici quelques exemples de sujets qui me tiennent personnellement à cœur. Je ne peux pas prendre l’engagement de tous les porter, mais voilà le genre de missions qui me sembleraient trouver leur place dans cette association revivifiée :

1. Professionnaliser le non-marchand

Problème visé : l’écart de professionnalisme ressenti par le public entre les meetups résultant d’initiatives spontanées et les conférences sponsorisées favorise les initiatives commerciales et les égos capables de développer une marque individuelle forte.

Solution : permettre aux initiatives locales de se focaliser sur la viabilité intrinsèque d’un événement en retirant la friction administrative à la croissance.

Offre : AgileFrance propose une avance de trésorerie, le collatéral, un SIRET, un compte en banque et les outils de facturation associés à toute initiative non-marchande (qui vise l’échange de connaissances et non de services ou de produits).

Contreparties : socialisation des bénéfices éventuels (puisque les pertes le sont) et rédaction d’un rapport d’expérience public incluant un volet financier.

Exemples déjà réalisés : AgileFrance, AgileOpenFrance, GeekCamp.

2. Soutenir l’innovation

Problème visé : les idées les plus novatrices sont les plus folles et proviennent d’une énergie mise dans leur réalisation, pas dans la recherche d’un financement et d’un public.

Solution : subventionner et soutenir les initiatives promouvant l’agilité d’une manière innovante ou explorant de nouvelles frontières d’intérêt communautaire.

Offre : AgileFrance propose une subvention en capital financier et réputationnel, en diffusant l’initiative dans son réseau. L’allocation des ressources devrait se faire collectivement, avec un outil comme CoBudget.

Contreparties : initiative non-marchande (aucun bénéfice financier attendu), rédaction d’un rapport d’expérience public incluant un volet financier.

Exemples déjà réalisés : comparatif de post-its.

3. Réduire les inégalités

Problème visé : les espaces d’échange professionnel sur l’agilité sont chers et souvent concentrés géographiquement (…à Paris). Cela génère une concentration des réseaux de pouvoir, une difficulté à se remettre en question et une perte d’opportunité intellectuelle et économique pour toute la communauté. Moins de personnes qui comprennent réellement les pratiques agiles, c’est moins de diversité, plus de frustration, et moins de ventes.

Solution : subventionner la formation des personnes traditionnellement éloignées du monde de l’agilité et pouvant apporter un nouveau point de vue à la communauté.

Offre : AgileFrance finance le déplacement et jusqu’à 50% du prix du billet, au cas par cas. Il semble raisonnable de construire progressivement un réseau d’événements et de formations partenaires pour généraliser l’approche (par exemple : les étudiantes de À mon tour de programmer pour la conférence AgileFrance seraient éligibles plus systématiquement qu’un individu isolé allant à une conférence commerciale).

Contreparties : publication d’un rapport d’expérience public (ce qui permet d’être triplement gagnants en aidant l’événement à être connu, la communauté à apprendre, et la ou le bénéficiaire à construire sa visibilité).

Exemples déjà réalisés : billets sponsorisés d’AgileFrance depuis 2016.

4. Diffuser les pratiques communautaires

Problème visé : le modèle de l’association AgileFrance est celui d’un incubateur commun (au sens des communs). Ce qui est, à ma connaissance, unique (corrigez-moi si je me trompe !).

Solution : faire connaître le modèle et aider à sa reproduction, en visant en priorité la francophonie, puis l’UE.

Moyens : exploiter les rapports publics demandés lors des soutiens pour documenter et valoriser le modèle actuel et ses réalisations, accompagner et fédérer les personnes souhaitant le reproduire.

Vous y croyez ? Faisons-en une réalité !

1. Adhérez et votez pour ce projet

L’Assemblée Générale lors de laquelle le nouveau bureau sera élu aura lieu le lundi 19 février 2018, à Paris. Il est possible de voter à distance, mais il faut évidemment être adhérent·e. Pour cela, envoyez un mail au bureau !

2. Faites connaître ce projet

Plus nous commencerons tôt, moins nous aurons à investir dans sa diffusion par la suite. Partagez cet article, 👏-le ci-contre, discutez des possibilités qu’il ouvre à votre cercle. Ce seront autant d’idées et de projets qui pourront voir le jour !

3. Proposez votre aide

Un tel plan nécessite de l’énergie et des compétences variées. Nous aurons besoin de bénévoles pour répondre aux mails, écrire sur Twitter, créer des pages web, lire les réponses à un appel à projets permanent, mentorer les initiatives, gérer les factures, tenir les comptes… Notre impact sera directement proportionnel à l’étendue des compétences mobilisées. Puisque l’offre principale consiste à mettre en commun la gestion de la paperasse, il y en aura évidemment beaucoup à gérer ! C’est le manque de répartition de cette charge qui met aujourd’hui l’association en danger. Il nous faudra la partager.

Avant l’élection, les besoins n’existent évidemment pas de manière prégnante. Mais pour évaluer la viabilité de ces propositions et l’échelle à laquelle nous pourrons les porter, votre déclaration d’intention sera cruciale ! Proposez votre aide en répondant à cet article ci-dessous, par Twitter, ou par mail.