“Tiens, c’est drôle que tu te sois lancée là-dedans !”

En ce moment, je suis sans emploi et j’expérimente des trucs professionnellement. J’ai commencé à me former, grâce à des MOOC et des collaborations bénévoles, au community management.

Or, au départ, je ne suis pas du tout quelqu’un de très présent sur les réseaux sociaux, ni de vraiment doué en communication.

Alors, pourquoi ce choix inattendu ?

J’étais consultante dans mon ancien boulot, donc j’écrivais, c’était mon métier. Je faisais de la veille, des entretiens et de l’analyse documentaire. Puis j’écrivais un rapport et je formulais des recommandations.

Si je le résume volontiers de cette façon un peu caricaturale, c’est pour dire que mon job s’exerçait surtout en “back office”, et se rapprochait plus de la recherche qu’à des relations publiques.

J’essayais aussi de créer de bonnes relations avec mes clients, au téléphone notamment, même si l’essentiel des échanges se faisait entre eux et mon chef de projet.

On m’a souvent reproché de ne pas prendre davantage la parole. On m’a dit de « sortir de ma coquille », de me « lancer ». Oui, mais ce n’était pas moi.

Je l’ai fait pendant presque 4 ans et j’y ai trouvé beaucoup de satisfaction intellectuelle, ainsi que l’apprentissage de méthodes de travail qui me serviront sans doute longtemps.

Aujourd’hui, j’ai fait un virage à 90° et j’en apprends beaucoup sur le fonctionnement des réseaux sociaux. C’est intéressant d’être « de l’autre côté ». Pourtant je ne suis ni sur Twitter, ni sur Snapchat, et à peine sur Instagram depuis 2 mois. Par choix, j’ai environ une centaine d’amis Facebook. Bref, je me forme à la communication, alors que ce n’est pas mon fort. Ca ne me ressemble pas.

Mais alors qu’est-ce que je fais en community management ?!

En fait, je crois que c’est la version 2.0 de mon rêve d’enfant, ou d’adolescente : être journaliste. Je voulais faire partager aux gens mes passions, mes bons plans, mes idées. J’ai pensé devenir critique de cinéma. Ou journaliste politique.

J’ai laissé tomber l’idée, parce que journaliste « c’est précaire ». Est-ce qu’on paye ses factures avec ça ? Est-ce que qu’on peut aller faire ses courses à Monoprix ? Pas sûr. C’est un peu la galère, avec la croissance du numérique et les journaux gratuits. La presse papier était la seule qui m’intéressait, parce qu’aller à la radio ou à la télé m’aurait demandé trop d’efforts. Je suis réservée. C’était là aussi une question de personnalité.

Pourtant, je me donne le droit de tenter quelque chose de nouveau, et même si cette fois encore je me heurte à certains obstacles (certains contenus ont plus la côte que d’autres sur les réseaux sociaux), je crois que je suis sur la bonne voie. Je n’ai pas d’argument pour le justifier, mais je le sens. Communiquer en ligne demande de la créativité et de la persévérance, l’envie de créer des communautés et des univers. C’est presque comme un jeu.

En fait, j’avais envie de jouer. Ecrire des rapports, c’est finalement trop sérieux !

« Mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? C’est moi qui fais ça ? »

Il y a un livre que j’ai découvert cette année et qui m’a énormément aidée à me lancer, à tester de nouvelles choses : c’est Libérez votre créativité, de Julia Cameron. Peut-être le connaissez-vous.

Elle explique qu’être créatif, de manière générale, c’est aller vers la nouveauté, tenter des choses, en quelque sorte aller sur des terrains inconnus et comme on dit, sortir de sa zone de confort. Et pour elle il s’agit juste de laisser sortir ce qui doit sortir, parce que ça passe à travers nous. Ce n’est pas vraiment nous qui créons, c’est quelque chose qui crée à travers nous. On a un rôle à jouer, bien sûr, mais un peu comme pour une naissance, il y a quelque chose qui se passe et qu’on ne maîtrise pas du tout. Il y a l’acte de départ et puis on accompagne le processus, mais au fond ce qui se passe à l’intérieur, on ne le contrôle pas.

Quand on se lance dans un nouveau métier, c’est un peu pareil. On agit, on met des projets en route, on prend contact avec des gens, on s’entoure, on fait en sorte de rester motivé, mais ce qui se passe en réalité ne nous appartient pas totalement. Ca va marcher, ou non ! Et le résultat de nos efforts ne sera pas forcément celui qu’on avait imaginé au départ !

Tout ça pour vous dire : je crois qu’il ne faut pas avoir peur de changer dans le regard des autres et surtout dans son propre miroir. Entraînez-vous ! Il y a toujours des petits changements dans sa vie quotidienne qu’on peut faire avant d’aborder les grands changements.

Même si ça ne vous ressemble pas, ça aura brisé votre routine et ça vous aura peut-être… étonné sur vous-même.