Les civic tech ne feront pas émerger des idées neuves en 2017 mais nous le pouvons

Jean Jaurès prônant la paix à 150 000 personnes le 25 mai 1913, au Pré-Saint-Gervais. Sans micro.

Je me retire aujourd’hui du processus de LaPrimaire.org. Cette primaire citoyenne, ouverte à tous, est une excellente idée. Fondée sur le constat du rejet des partis, elle donne l’occasion à tous les citoyens de se présenter au suffrage de leurs pairs pour faire émerger une candidature citoyenne à l’élection présidentielle. Elle est gérée par des citoyens honnêtes et dévoués depuis le premier jour. Leurs efforts ne seront pas vains.

Toutefois, ils sont seulement 63 300 citoyens inscrits sur la plateforme en un an et, à deux semaines du premier tour, les seize candidats qualifiés en juillet ne parviennent pas à faire émerger une candidature collective, incarnée et cohérente. Les organisateurs se donnent pour objectif d’avoir 100 000 citoyens inscrits mi-décembre, mais pour combien de votants? Le processus de vote, certes très innovant (basé sur le jugement majoritaire et sécurisé par une blockchain), sera trop complexe pour permettre au plus grand nombre de voter et le manque de communication des candidats plongent les citoyens face à un choix sans réel ressort. Le-e candidat-e choisi-e ne pourra pas au terme de ce processus revendiquer un soutien populaire, avec au mieux quelques dizaines de milliers de voix.

Comment collecter alors les 500 parrainages d’élus en trois mois et mobiliser partout en France des équipes de terrain soutenant un-e candidat-e et sa vision, forcément politique, de l’avenir du pays? J’en suis venu, après avoir participé à l’ensemble du processus depuis ses balbutiements, à considérer que cette primaire ne pourra pas être en 2017 l’outil démocratique pour renouveler notre classe politique qu’elle ambitionne d’être.

J’ai cru en ce processus. J’ai été le seul candidat à la dernière élection présidentielle a me présenter, dès le lancement de la plateforme, sur LaPrimaire.org. J’ai rassemblé les 500 parrainages citoyens en cent heures pour au final recueillir 932 soutiens de citoyens (soit 15% de plus que la seconde qualifiée).

J’ai donc toutes mes chances d’emporter LaPrimaire.org au mois de décembre mais je dois à celles et ceux dont je porte les idées et la voix de poursuivre ma campagne dans une démarche libre, tournée vers le débat de fond et sans aucune concession avec les candidats et les partis établis qui détournent le système.

Je ne suis pas candidat pour déployer mon énergie à une expérimentation de civic tech, à qui je souhaite par ailleurs que mon retour d’expériences serve pour améliorer leurs chances de réussite à l’avenir.

Je ne peux pas non plus attendre 2022 que les civic tech soient prêtes à faire émerger des idées neuves. Notre pays et trop de nos concitoyens ont besoin de changement ici et maintenant.

Mon devoir aujourd’hui, c’est de mettre toutes mes forces à la rédaction d’un programme participatif qui propose une autre voie à nos concitoyens, et de convaincre les citoyens de son bien-fondé. Je dois servir, à ma mesure, à la constitution d’une Masse Critique de citoyens qui va, dans le temps et sur ses territoires, changer concrètement leur vie et leur manière d’être politique.

Je ne me présente pas à l’élection présidentielle, une seconde fois, pour témoigner de ce qu’est la vie d’un jeune, confronté à la dure réalité du quotidien. Chacun la connait. Je me porte candidat pour incarner ma volonté de changement par les citoyens et pour les citoyens. Je me porte candidat pour éclairer des engagements, affirmer des vocations, rassembler des forces aujourd’hui souterraines et qui s’ignorent liées. Je veux faire le lien et imposer à l’agenda de la Nation la question de la justice sociale, entre les générations, entre les classes, entre les territoires.

Si vous y croyez, si vous voulez être le changement que vous souhaitez pour notre pays et pour nos enfants, rejoignez-moi !