Hommage à Seijun Suzuki, l’indomptable du soleil-levant

MCJP
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Feb 23, 2017 · 11 min read

Un des plus grands cinéastes japonais s’est éteint hier. Nous avions consacré une rétrospective au maître de la couleur et de l’action qui inspira Tarantino, Wong-Kar Wai et Jarmush en 2007. Nous partageons avec vous cette archive.

Présentation du cycle par Fabrice Arduini, programmateur cinéma

Une trentaine de films dont une dizaine d’inédits pour rendre hommage à une signature exceptionnelle adulée par Quentin Tarantino, Wong-Kar Wai et Jim Jarmusch qui lui a dédié Ghost Dog. Cette rétrospective sera l’occasion de montrer, une nouvelle fois que c’est, de manière paradoxale, au sein même des contraintes économiques des studios des années 50 et 60 que le cinéma japonais a donné ses meilleurs auteurs, dans l’ombre bienveillante des grands maîtres (Ozu, Mizoguchi, Kurosawa, Naruse et Uchida) : Seijun Suzuki fait ainsi partie de la grande famille de ces artisans pourvus d’un sens du cinéma et d’un plaisir de faire hors du commun. Une esthétique remarquable et une vision de l’homme toute en émotion.

Né en 1923 à Tôkyô, Seijun Suzuki débute en 1948 comme assis­tant à la Shôchiku. En 1954, il entre à la Nikkatsu où il réa­lise en 1956 son pre­mier long-métrage La vic­toire est à nous. Dès les années 60, grâce à sa pro­duc­ti­vité, sa créa­ti­vité, son esthé­ti­que baro­que, son anti­confor­misme, il devient culte. Mais il effraie la Nikkatsu qui pro­fite du rela­tif échec de l’excel­lent film La marque du tueur pour le bannir des stu­dios et même lui inten­ter un procès. Eprouvante tra­ver­sée du désert malgré le sou­tien des ciné­phi­les et de la
nou­velle vague japo­naise. Après sa peine, il réa­lise d’autres films dont des chefs-d’œuvre (Histoire de mélan­co­lie et de tris­tesse, 77 ; Mélodie tzi­gane, 80), mais qui pei­ne­ront à trou­ver leur public. Dans les années 90, une rétros­pec­tive à Rotterdam lui assure une renais­sance. Dès lors, Suzuki trouve des fonds pour de nou­veaux pro­jets tels que Pistol Opera (01), Princess Raccoon (05) avec la star chi­noise Zhang Ziyi. Depuis, plu­sieurs pays lui ont consa­cré de mul­ti­ples hom­ma­ges.

Les films

Akutarô, l’impé­ni­tent

Akutarô
1963–95’ — 35mm — Nikkatsu — N&B scope — VOSTA
Photographie : Shigeyoshi Mine — Décor : Takeo Kimura — Musique : Hajime Okumura.
Avec : Ken Yamanouchi, Masako Izumi, Midori Tashiro, Shinsuke Ashida, Mieko Takamine.

Un ado­les­cent est ren­voyé de son école pour mau­vaise conduite. Toujours aussi vio­lent, il tombe amou­reux d’une élève de son nouvel établissement.

Brumes de cha­leur

Kagerôza

1981- 139’ — 16mm — Little more — Couleur Vista — VOSTA
D’après le roman de Kyôka Izumi.
Avec : Yûsaku Matsuda, Michiyo Ôkusu, Katsuo Nakamura, Eriko Kusuda, Yoshio Harada, Mariko Kaga.

Un dra­ma­turge fait la connais­sance de la femme de son mécène. Pourtant, celle-ci était consi­dére morte depuis quel­ques temps déjà.

Carmen de Kawachi

Kawachi karu­men
1966–89’ — 16mm — Nikkatsu — N&B scope — VOSTA
Photographie : Shigeyoshi Mine — Décors : Takeo Kimura — Musique : Taichirô Kosugi
Avec : Yumiko Nogawa, Kôji Wada, Tamio Kawachi, Asao Sano, Chikako Miyagi.

Après avoir été vic­time d’un viol, une jeune fille fugue et com­mence une nou­velle vie dans le monde inter­lope d’Osaka.

Contes de mélan­co­lie et de tris­tesse

Hishû mono­ga­tari
1977–93’- 35mm — Shôchiku — Couleur — VOSTF
Photographie : Masaru Mori — Décors : Yoshie Kikukawa — Musique : Keitarô Miho et Ichirô Tomita.
Avec : Yôko Shiraki, Yoshio Harada, Masumi Okada, Kôji Wada, Shûji Sano

La des­cente aux enfers d’une jeune et belle spor­tive après avoir atteint le fir­ma­ment de la gloire.

Détective bureau 2–3

Tantei jimu­sho tsuu surii kuta­bare akutô domo
1963–88’ — 35mm — Nikkatsu — Couleurs scope — VOSTA
Photographie : Mine Shigeyoshi — Décor : Bugen Sakaguchi — Musique : Haruo Ibe
Avec : Jô Shishido, Reiko Sasamori,Tamio Kawachi, Nobuo Kaneko, Kotone Hatsui

Un détec­tive porte secours à un voyou pour débus­quer son boss, un gros tra­fi­quant d’armes.

Elégie de la bagarre

Kenka erejii _1966–86’ — 35mm — Nikkatsu — N&B scope — VOSTF Photographie : Kenji Hagiwara. Décors : Takeo Kimura. Musique : Naozumi Yamamoto.
Avec : Hideki Takahashi, Junko Asano, Yûsuke Kawazu, Keisuke Noro, Kayo Matsuo, Isao Tamagawa.

Japon, 1930 : un jeune lycéen montre rapi­de­ment d’excel­len­tes dis­po­si­tion à la bagarre.

Guerre de voyous

Kutabare guren­tai
1960–80mn — 35mm — Nikkatsu — Couleurs scope — VOSTA
Photographie : Kazue Nagatsuka — Décor : Teruyoshi Satani — Musique : Seitarô Ômori —
Avec : Kôji Wada, Mayumi Shimizu, Eitarô Ozawa, Emiko Azuma

Un avocat retrouve la trace d’un riche héri­tier qui s’est fait adop­ter par une bande de voyous.

Histoire d’une pros­ti­tuée

Shunpuden
1965–96’ — 35mm — Nikkatsu — N&B scope — VOSTF
Photographie : Kazue Nagatsuka — Décors : Takeo Kimura — Musique : Naozumi Yamamoto.
Avec : Tamio Kawachi, Yumiko Nogawa, Isao Tamagawa, Kotone Hatsui.

En Chine, pen­dant la guer­re : Harumi, une fille à sol­dats, tombe amou­reuse d’un de ses clients.

L’appel du sang

Oretachi noi chi ga yuru­sa­nai
1964–97’ — 35mm — Nikkatsu — Couleurs scope — VOSTA
Photographie : Shigeyoshi Mine — Décors : Takeo Kimura — Musique : Hiroshi Ikezawa et Tadanori Suzuki.
Avec : Akira Kobayashi, Hideki Takahashi, Chieko Matsubara, Eitarô Ozawa.

A l’agonie, un chef de gang confie à sa femme ses der­niè­res volon­tés : que ses enfants ne devien­nent jamais yaku­zas comme lui. 18 ans plus tard, ceux-ci ren­contrent l’assas­sin de leur géni­teur.

La bar­rière de chair

Nikutai no mon
1964–90’ — 35mm — Nikkatsu — Couleurs scope — VOSTA
Photographie : Shigeyoshi Mine — Décors : Takeo Kimura — Musique : Naozumi Yamamoto.
Avec : Jô Shishido, Yumiko Nogawa, Ikuko Kasai, Kayo Matsuo, Tomiko Ishii, Kôji Wada.

Dans le Tôkyô chao­ti­que de l’après-guerre, cinq pros­ti­tuées ten­tent de vivre vaille que vaille dans le monde impi­toya­ble de la pègre.

La belle de l’under­ground

Ankokugai no bijo
1958–87’ — 35mm — Nikkatsu — N&B scope — VOSTF
Photographie : Toshitarô Nakao -Décors : Bugen Sakaguchi — Musique : Naozumi Yamamoto.
Avec : Michitarô Mizushima, Mari Shiraki, Hideaki Nitani, Shinsuke Ashida.

A sa sortie de prison, un gans­ter retrouve le sac de dia­mants qu’il avait caché avant son arres­ta­tion…

La jeu­nesse de la bête

Yajû no sei­shun
1963–91’ — 16mm — Nikkatsu — Couleurs scope — VOSTA
Photographie : Kazue Nagatsuka — Décor : Yoshinaga Yokoo — Musique : Hajime Okumura.
Avec : Jô Shishido, Misako Watanabe, Tamio Kawachi, Shôji Kobayashi.

Dans un hôtel, un poli­cier est retrouvé mort dans les bras d’une pros­ti­tuée. Le détec­tive Tajima pro­vo­que une guerre des gangs pour retrou­ver le cri­mi­nel.

La marque du tueur

Koroshi no rakuin
1967–91’ — 35mm — Nikkatsu — N&B scope — VOSTA
Photographie : Kazue Nagatsuka. Décors : Sukezô Kawahara. Musique : Naozumi Yamamoto.
Avec : Jô Shishido, Annu Mari, Kôji Nambara, Mariko Ogawa, Isao Tamagawa

Un gang charge son tueur numéro 3 d’escor­ter un cadre de son orga­ni­sa­tion. Mais suite à une faute pro­fes­sion­nelle, il va avoir maille à partir avec ses col­lè­gues, les tueurs numé­ros 2 et 4.

La mau­vaise étoile d’Akutarô
Akutarô den warui hoshi no shita demo
1965–97’ — 35mm — Nikkatsu — N&B scope — VOSTF
Photographie : Kazue Nagatsuka — Décors : Takeo Kimura — Musique : Hajime Okumura.
Avec : Ken Yamanouchi, Masako Izumi, Yumiko Nogawa, Jun Tatara.

Les aven­tu­res sen­ti­men­ta­les et l’appren­tis­sage de la vie d’un jeune garçon issu d’un milieu pauvre dans le Japon des années 1930.

La vic­toire est à nous : à la santé du port

Minato no kanpai — shôri wo waga te ni
1956–65’ — 35mm — Nikkatsu — N&B — VOSTA
Photographie : Kumenobu Fujioka — Décor : Teruyoshi Satani — Musique : Hideo Hirakawa —
Avec : Kô Mishima, Shinsuke Maki ,Sumiko Minami, Keiko Amaji.

Un marin tente de venir en aide à son frère qui a maille à partir avec un gang yakuza.

La vie d’un tatoué

Irezumi ichi­dai
1965–86’ — 16mm — Nikkatsu — Couleurs scope — VOSTA
Photographie : Kuratarô Takamura. Décors : Takeo Kimura. Musique : Masayoshi Ikeda.
Avec : Hideki Takahashi, Masako Izumi, Hiroko Itô, Kotobuki Hananomoto.

Un yakuza tente d’échapper à la vin­dicte d’un gang dont il vient de tuer le par­rain. Il entraîne son jeune frère dans sa fuite.

La voix sans ombre

Kage naki koe
1958–92’ — 35mm — Nikkatsu — N&B scope — VOSTA
Photographie : Kazue Nagatsuka — Décor : Bugen Sakaguchi — Musique : Hikaru Hayashi.
Avec : Yôko Minamida, Hideaki Nitani, Jô Shishido, Toshio Takahara.

Un jour, une femme réa­lise que le patron de son mari a la même voix que celle d’un assas­sin qu’elle avait enten­due trois ans aupa­ra­vant…

Le vaga­bond de Tôkyô

Tôkyô naga­re­mono
1966–89’ — 35mm — Nikkatsu — Couleurs scope — VOSTA
Photographie : Shigeyoshi Mine. Décors : Takeo Kimura. Musique : Hajime Kaburagi.
Avec : Tetsuya Watari, Chieko Matsubara, Tamio Kawachi, Hideaki Nitani, Ryûji Kita, Isao Tamagawa.

Un yakuza décide de quit­ter le milieu. Mais la fata­lité de sa condi­tion le pour­suit : il se retrouve mêlé, malgré lui, à une guerre des gangs.

Le vaga­bond du Kantô

Kantô mushuku
1963–92’ — 16mm — Nikkatsu — Couleurs scope — VOTSA
Photographie : Shigeyoshi Mine — Décors : Takeo Kimura — Musique : Masayoshi Ikeda —
Avec : Akira Kobayashi, Hiroko Itô, Chieko Matsubara, Daizaburô Hirata, Yûnosuke Itô.

L’amitié virile de deux yaku­zas appar­te­nant à des clans rivaux conta­riée par la dure loi du milieu.

Les fleurs et les vagues
Hana to dotô
1964–92’ — 35mm — Nikkatsu — Couleurs scope — VOSTF
Photographie : Kazue Nagatsuka — Décors : Takeo Kimura — Musique : Hajime Okumura.
Avec : Akira Kobayashi, Chieko Matsubara, Tamio Kawachi, Nahoko Kubo..

Par amour, un jeune yakuza kid­nappe la fille que devait épouser le chef de son clan.

Lettre d’amour

Raburetaa
1959–39’ — 35mm — Nikkatsu — N&B scope — VOSTA
Photographie : Isamu Kakita — Décor : Kazuo Yagyû — Musique : Mamiya Yoshio.
Avec : Hisako Tsukuba, Kyôsuke Machida, Nagai Frank, Keisuke Yukioka.

Une pia­niste de bar entre­tient une cor­res­pon­dance amou­reuse avec un homme qu’elle n’a pas vu depuis deux ans. Mais les let­tres de son amant se font de plus en plus rares…

Mélodie tzi­gane

Tsuigoineruwaizen / Zigeunerweisen
1980–145’- 35mm — Shinema pura­setto — Couleurs — VOSTA
Photographie:Kazue Nagatsuka — Décors : Takeo Kimura — Musique : Kaname Kawachi.
Avec : Toshiya Fujita, Naoko Ötani, Yoshio Harada, Michiyo Ôkusu, Akaji Maro.

Un homme pré­sente sa femme à son ami pro­fes­seur d’alle­mand. Elle est le sosie d’une geisha que les deux hommes ont ren­contrée un an aupa­ra­vant.

Million Dollar Boys

Hyakuman doru wo tataki dase
1961–89’ — 35mm — Nikkatsu — Couleurs scope — VOSTF
Photographie : Shigeyoshi Mine — Décors : Kimihiko Nakamura — Musique : Hajime Okumura
Avec : Kôji Wada, Keisuke Noro, Nobuo Kaneko, Misako Watanabe.

Deux jeunes gar­çons quit­tent leur cam­pa­gne pour accom­plir leur rêve : deve­nir cham­pion de boxe.

Pistol Opera

Pisutoru opera
2001–112’ — 35mm — Shôchiku — Couleur Dolby Digital — VOSTA
Photographie : Yonezô Maeda. Décors : Takeo Kimura. Musique : Kazufumi Kodama. Effets spé­ciaux : Shinji Higuchi.
Avec : Makiko Ezumi, Sayoko Yamaguchi, Hanae Kan, Masatoshi Nagase, Mikijirô Hira.
(Sélection offi­cielle, hors-com­pé­ti­tion, Festival de Cannes 2001.)

Une belle tueuse répon­dant au nom de code « chat de gout­tière » et clas­sée numéro 3 dans la hié­rar­chie de son orga­ni­sa­tion est mêlée à une lutte interne.

Princesse Racoon

Operetta tanu­ki­go­ten
2005–111’ — 35mm — Dentsû — Couleur Vista Dolby — VOSTA
Photographie : Yonezô Maeda. Décors : Takeo Kimura. Musique : Michiru Ôshima et Yoshiaki Shirai. Maquillage : Yûichi Matsui.
Avec : Zhang Ziyi, Jô Odagiri, Hiroko Yakushimaru, Mikijirô Hira, Saori Yuki
(Sélection offi­cielle, hors-com­pé­ti­tion, Festival de Cannes 2005.)

Un humain ne doit jamais tomber amou­reux d’un tanuki (un ragon­din), animal far­ceur capa­ble de se trans­for­mer à volonté en objets ou êtres vivants de toutes sortes. Une prin­cesse tanuki invi­tée au palais des ragon­dins croise sur son chemin Amechiyo, le prince héri­tier du châ­teau de Garasa. Ils vont tomber amou­reux…

Rêve de ring
Oreni kaketa yat­sura _1962–90’- 35mm — Nikkatsu — Couleurs scope — VOSTF
Photographie : Shigeyoshi Mine — Décors : Bugen Sakaguchi — Musique : Seitarô Ômori.
Avec : Kôji Wada, Tamio Kawachi, Ryôji Hayama, Yôko Minamida.

Sa fas­ci­na­tion pour un cham­pion du ring pousse un jeune garçon à faire car­rière dans la boxe.

Un couple (Fûfu) / VOSTF *
1953 / 1h27 / 35mm / Tôhô /
Avec Ken Uehara, Yôko Sugi, Rentarô Mikuni

Nakahara vit chez ses beaux-parents avec sa femme Kikuko. Mais ils sont contraints de démé­na­ger et en raison de leur manque de moyens, ils s’ins­tal­lent au rez-de-chaus­sée d’une maison appar­te­nant à Takemura, un col­lè­gue de Nakahara. Peu de temps après, Nakahara soup­çonne sa femme d’avoir une liai­son avec leur logeur…

Yumeji

Yumeji
1991–128’ — 35mm — Movie Gang — Couleur — VOSTA
Photographie : Junichi Fujisawa. Décors : Noriyoshi Ikeya. Musique : et Shigeru Umebayashi.
Avec : Kenji Sawada, Tomoko Mariya, Tamasaburô Bandô, Reona Hirota, Masumi Miyazaki.
(Sélection offi­cielle, hors-com­pé­ti­tion, Festival de Cannes 1991.)

La vie de bohème du peinte Yumeji Takeshita (1884–1934), artiste déca­dent et roman­ti­que typi­que des années vingt et trente au Japon, et homme à femmes.

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