Nuage de talents : Projet pilote sur les talents autochtones — 11 juin 2018
 
Permettez-moi de me présenter : Meagan Commonda nidijinikaz, Kitigan Zibi Anishinabeg nidondjiba. Je travaille dans la fonction publique depuis 2006. Après ma troisième ou quatrième année d’emploi, j’ai commencé à ressentir ce que de nombreux d’employés autochtones ressentent en travaillant dans la fonction publique : un sentiment d’abandon.

Je suis allée à l’université pendant cinq ans et demi pour obtenir un baccalauréat spécialisé en études autochtones et j’ai suivi une formation linguistique intensive pour apprendre une deuxième langue coloniale – tout ça pour conserver le même emploi de premier échelon que j’occupe depuis 12 ans. J’ai vu des employés non autochtones que j’ai formés pour des postes de premier échelon me dépasser à cause du plafond de verre qui m’empêche de gravir les mêmes échelons organisationnels. J’ai partagé ce récit avec de nombreux employés autochtones et je sais très bien que le système d’embauche comporte des lacunes, en grande partie pour les employés autochtones.
 
C’est pourquoi je me suis jointe à l’équipe du Nuage de talents à la fin de mars 2018 à titre d’agente de liaison avec les communautés autochtones. La notion qui m’a sauté aux yeux était la suivante : « En plus d’examiner la façon dont les talents autochtones sont perçus et reconnus, l’équipe du Nuage de talents veut mieux comprendre les obstacles systémiques au recrutement gouvernemental auxquels font face les talents autochtones. » Le temps est venu.
 
Obstacles
 
Quels sont les obstacles qui affligent le système, particulièrement les employés autochtones de la fonction publique?

Exigences linguistiques : Loi sur les langues officielles

La plupart des postes qui ne sont pas des postes de premier échelon sont généralement à nomination impérative BBB. Par conséquent, la mobilité ascendante dans le système actuel est limitée.

Les employés qui occupent des postes à nomination impérative BBB doivent ensuite suivre une formation en langues officielles pour apprendre une deuxième langue coloniale lorsque bon nombre d’entre eux ne parlent pas (ou préféreraient parler) leur propre langue traditionnelle.

Exigences relatives aux études :

La plupart des Autochtones doivent s’éloigner de leur collectivité d’origine pour poursuivre des études supérieures, à l’exception de ceux qui sont inscrits sur des plateformes d’apprentissage numériques.

Il peut être plus difficile pour les Autochtones que les non-Autochtones d’obtenir un diplôme d’études postsecondaires.

Obstacles en matière de sécurité

De nombreux délinquants ayant commis une infraction figurant à l’annexe 1 n’envisageraient même pas de postuler un emploi au gouvernement et ignorent qu’ils peuvent encore occuper des postes exigeant une cote de fiabilité.

Auto-identification

À quel moment l’auto-identification constitue-t-elle un obstacle?

Il s’agit d’une préoccupation majeure pour les employés autochtones et les gestionnaires d’embauche.

Comment ce problème sera-t-il réglé ou surveillé?

Dans le rapport 2017 Unis dans la diversité, on décrit en détail de nombreux autres obstacles auxquels font face les employés autochtones dans la fonction publique. Par ailleurs, on a relevé des obstacles supplémentaires au cours de nombreuses discussions avec la communauté autochtone.
Le projet pilote sur les talents autochtones est actuellement aux premières étapes de son elaboration.
 
Phase I
 
L’équipe du Nuage de talents est en train d’examiner les politiques actuelles et d’évaluer s’il est possible de contourner les obstacles actuels.
 
À titre d’agente de liaison avec les communautés autochtones, j’ai participé activement à la mobilisation de la communauté autochtone et j’ai collaboré pour repenser les façons dont les talents autochtones sont perçus et valorisés. De plus, les employés autochtones ont exprimé leurs points de vue sur ce à quoi devrait ressembler un espace numérique bâti par des Autochtones. Les résultats et les commentaires découlant des discussions en cours seront publiés sur le GCCollab.
 
Une fois qu’un portail aura été créé par notre équipe de développeurs, nous inviterons des participants autochtones à mettre à l’essai la plateforme et à nous aider à régler les problèmes.
Le projet pilote sur les talents autochtones recueille l’appui de la communauté autochtone, y compris un nombre croissant de partisans aux niveaux de la direction. Un conseil consultatif externe sera présidé par Gina Wilson, sous-ministre de la Condition féminine. Cette initiative communautaire constitue un pas de géant en direction d’un changement important.
 
Phase II
 
Au fur et à mesure que le projet pilote progressera et que d’autres commentaires de la communauté autochtone seront reçus, des projets pilotes indépendants seront élaborés pour réduire (et, espérons-le, éliminer) les obstacles susmentionnés.
 
La phase II visera également le recrutement ciblé et le jumelage entre des candidats autochtones et des gestionnaires d’embauche qui souhaitent attirer des talents qui rehaussent la diversité cognitive et expérientielle de leurs équipes.
 
Le projet pilote sur les talents autochtones est une vaste entreprise entourée de nombreuses dynamiques profondément enracinées. Sa mise sur pied prendra du temps, mais les travaux sont bien avancés et semblent très prometteurs.

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