Le faux médicament, mieux le connaître pour le faire disparaître

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La falsification des produits qui sont censées guérir la maladie est presque aussi vieux que le commerce lui-même. En 1500 avant JC, la reine Hatchepsout d’Egypte engageait une équipe pour aller à la cueillette de plantes médicinales authentiques parce qu’on trouvait sur le marché des plantes suspectes .

Un faux médicament est un produit qui a l’apparence d’un médicament mais qui n’en est pas un. Il est fabriqué dans la clandestinité sans aucun contrôle sanitaire. Il met notre vie en danger.

Un médicament sert à guérir ou à prévenir une maladie. Grâce à son ou ses principes actifs, il permet de corriger ou modifier les fonctions organiques.

Tous les médicaments contrefaits sont dangereux. Les médicaments falsifiés ne sont par définition soumis à aucun contrôle mené par une autorité compétence. Ils présentent ainsi toujours un risque pour la santé du patient.

Un faux médicament peut tuer. Il peut contenir des ingrédients en quantité insuffisante ou excessive, le principe actif peut être inexistant et remplacé par un produit toxique.

Aucune catégorie de médicaments n’est épargnée : sirops contre la toux, paracétamol ou antibiotiques, mais aussi vaccins et produits de chimiothérapie

De fait, l’analyse des faux médicaments saisis à travers le monde fait apparaître qu’il existe plusieurs types de médicaments. A chacun correspondent un ou plusieurs dangers spécifiques.

  • Faux médicament « sans principe actif » : sans effet thérapeutique, le mal progresse.
  • Faux médicament « sous-dosé » : le produit possède un ou plusieurs principes actifs, mais dans des proportions inférieures au véritable médicament. Le mal continue sa progression.
  • Faux médicament « sur-dosé » : Le faux médicament contient une ou plusieurs substances actives en quantité supérieure au véritable médicament. En fonction de la nature du produit ou/et de la pathologie traitée, ces effets peuvent être mortels.
  • Faux médicament « toxique » : Le faux médicament contient une ou plusieurs substances toxiques, introduites de façon délibérée ou accidentelle. La substance toxique risque de tuer le patient dès la première prise.
  • Faux médicament « autre principe actif » : Le faux médicament contient un principe actif différent de celui annoncé. En cas d’allergie du patient, la substitution des principes actifs peut entrainer la mort par choc anaphylactique (réaction allergique exacerbée)

Où ?

Même si le trafic est plus ou moins important d’un pays à l’autre, tous les pays sont touchés.

L’intensité du trafic est telle que le faux médicament constitue le problème numéro un de santé publique en Afrique et en Asie.

Selon l’OMS, en Afrique, les taux de faux médicaments varient jusqu’à 30% selon les pays.

En 2010, les LEEM, Les Entreprises du médicament, (ex SNIP, Syndicat National de l’Industrie Pharmaceutique) constataient que la contrefaçon de médicaments aux USA avait presque été multipliée par 10 en cinq ans.

Quand ?

Déjà, en 2005, selon la FDA( Food and Drug Administration ) , 1 médicament sur 10 vendus dans le monde est un faux.

En 2009, Jacques Chirac affirmait : « L’économie criminelle des faux médicaments me révolte…parce qu’elle s’insinue partout, sur les marchés des rues, comme sur Internet, et qu’elle grossit au point que ses revenus dépassent ceux du trafic de la drogue ». Jacques Chirac, appel de Cotonou, 12 Octobre 2009

En 2017, Emmanuel Macron poursuivait : “Enfin, sur la santé, nous nous trouverons aussi aux côtés de ceux qui combattent contre le trafic de faux médicaments. Ce fléau parcourt toute l’Afrique. Il touche non seulement les malades, mais bien souvent les plus pauvres dans une injustice au carré. Ce combat que la France a initié avec plusieurs autres à Cotonou en 2009, je souhaite que nous puissions le poursuivre, l’accroitre, pour éradiquer ce fléau. ” Extrait du discours de Ouagadougou du président de la république Française, Emmanuel Macron, 28 novembre 2017

Comment ?

La contrefaçon de médicaments sévit de façon tentaculaire : tant dans la rue que sur Internet.

Les Douanes françaises ont intercepté près de 2,6 millions de médicaments contrefaits en 2014, soit deux fois plus qu’en 2013 (dont 2,4millions venus de Chine). En effet, la France est au carrefour de l’Europe et dotée de ports importants ( notamment Le Havre)où transitent de très nombreuses marchandises, dont des médicaments contrefaits.

Un quart de colis postaux interceptés par les douaniers européens contiennent des faux médicaments, selon le rapport 2014 des Douanes de l’Union Européenne. En Espagne, 350 sites pharmaceutiques illégaux sur Internet ont été fermés en 2014, soit une augmentation de 55% par rapport à l’année précédente.

Pourquoi ?

C’est un trafic très rentable. Pour 1$ investi, un criminel peut gagner 200 à 450$..

Quad un dealer fait 200% de profit sur un kilo de cocaine, un contrefacteur de Viagra fait une culbute de 2000%. S’il se fait prendre, les sanctions pénales sont moins lourdes que s’il avait commis d’autres crimes. Selon la commission spécialisée de l’ONU, c’est un business qui représente 10% du commerce mondial et qui rapporterait 1500 milliards d’euros à ses initiateurs à travers le monde.

Alors ?

La courbe est exponentielle. Une vigilance sans faille est nécessaire. La lutte doit être menée sur tous les fronts, par les responsables politiques, les professionnels de la santé et aussi par les patients eux-mêmes. MEDITECT s’inscrit dans ce combat.