Les faux médicaments sur Internet

https://bit.ly/2I9hqVG

Sans Internet, le trafic mondial de faux médicaments aurait-il connu une telle expansion depuis 10ans ?

Les trafiquants ont trouvé sur le web la possibilité d’écouler à grande échelle, directement auprès des patients, leurs marchandises falsifiées hors de toutes les filières de distribution sécurisées.

La situation actuelle

Depuis la fin des années 90, la démocratisation de l’accès à internet a relancé la vente par correspondance t au sein des pays développés. On trouve aujourd’hui sur le web la quasi totalité des familles de médicaments.

Mais selon une enquête publiée en 2011 par la National Association of Boards of Pharmacy (NABP), 96 % des pharmacies en ligne seraient illégales. Par conséquent, le risque principal pour le patient est de consommer un médicament contrefait.

Selon l’OMS, un patient a 90% de risque d’être « trompé » en achetant des médicaments sur internet dont environ 50 % de risque de tomber sur un médicament falsifié.
 Selon une enquête publiée en 2008 par l’Alliance européenne pour l’accès à des médicaments sûrs (EAASM) :

  • 62 % des médicaments achetés en ligne sont des contrefaçons ou des produits de qualité inférieure.
  • 16 % sont des produits importés illégalement dans l’Union européenne à partir d’un pays tiers.
  • Plus de 90 % des sites Web délivrent sans ordonnance des médicaments de prescription.
  • 86 % des tampons « pharmacien agréé » sont des faux.

Le danger, souvent sous-estimé, est important car le développement de la pratique de l’automédication pousse les patients à fréquenter régulièrement les sites en ligne pour commander des médicaments. Plus de 2 millions de patients s’adressent pour un achat à un site de vente de médicaments chaque jour en Europe. (European Association of Mail Services Pharmacies).
Les motivations sont très diverses, parmi lesquelles le prix( inférieur à celui pratiqué dans les officines), la préservation de l’ anonymat (pour obtenir des médicaments pour le dysfonctionnement érectile par exemple), la volonté de détourner l’usage d’un médicament (dopage, addiction), la volonté de contourner l’obligation de prescription médicale, la possibilité d’acheter des médicaments qui ne disposent pas d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) ou simplement éviter d’avoir à se déplacer auprès d’une officine

Dans une étude réalisée par Ipsos MORI pour Bupa, assureur, sur 12.262 habitants de 12 pays –dont 1.005 en France– interrogés entre le 10 juin et le 14 juillet 2010, on note que 59 % des Français ayant Internet l’utilisent pour rechercher des conseils de santé, mais seulement un quart vérifie la fiabilité des informations. L’outil MEDITECT donne accès dès à présent au RCP en un clic.

Le trafic est facilité par le mode de fonctionnement d’internet. Le web permet de toucher rapidement des millions de clients potentiels, l’investissement pour la création d’un site est peu élevé, les possibilités de duper le consommateur sont nombreuses (photographies de produits faciles à reproduites, faux témoignages …), capacités de contrôle réduit vu le le morcellement des envois postaux.

Les pratiques de commercialisation en ligne sont très récentes et donc aujourd’hui encore faiblement encadrées sur les plans juridique et règlementaire. Des sanctions existent mais sont difficilement applicables car les propriétaires des sites se trouvent souvent à l’étranger et les situations législatives sont très différentes d’un pays à l’autre et évoluent rapidement.

Aux USA Le commerce de médicaments en ligne est autorisé, mais fortement encadré. Ainsi, la NABP (National Association of Boards of Pharmacy) propose un service en ligne payant (« NBPALaw ») permettant de vérifier les lois en vigueur dans chacun des états du pays.
A ce jour le NABP a examiné plus de 8000 sites et seulement 4% d’entre eux semblent être en conformité avec les lois et les bonnes pratiques liées à la vente de médicaments en ligne.

A l’heure actuelle, la France n’a pas pris de disposition expresse interdisant la vente de médicaments en ligne alors que leur commercialisation expose les utilisateurs à des risques liés à l’absence de traçabilité, à un défaut de conditionnement, à l’usurpation d’identité. Toutefois, l’achat et l’acheminement par envoi postal ou fret express obéissent à une réglementation. Les médicaments doivent être déclarés à la douane.

Les actions menées

Sensibilisation du grand public.

Plusieurs campagnes ont été menées par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de santé (Afssaps), le Bundesinstitut für Arzneimittel und Medizinprodukte (BfArM) en Allemagne, Swissmedic en Suisse, le MHRA au Royaume-Uni ou encore la Commission Européenne. Même dans les pays où les pharmacies en ligne sont autorisées, comme au Canada ou aux États-Unis, des avertissements sont publiés par les agences chargées du contrôle des médicaments.

Multiplication des actions de répression ciblées et coordonnées.

Parmi les grandes opérations de police internationales menées avec Interpol, l’operation Pangéa cible en particulier les réseaux de vente en ligne de faux médicaments. Chaque organe de répression national participant gagne également peu à peu en expertise pour répondre au défit lancé par la cybercriminalité pharmaceutique. Du 13 au 20 mai 2014, une opération de grande ampleur a eu lieu au niveau international : l’opération « Pangea VII », à laquelle ont participé l’Organisation Mondiale des Douanes (OMD) et certains laboratoires pharmaceutiques. Ce raid a été coordonné par Interpol et a été mené dans 113 pays, dont la France. Cette opération était principalement destinée à lutter contre la vente illicite de médicaments sur Internet, contre l’exercice illégal de la profession de pharmacien ainsi que la fabrication, la vente et la détention de médicaments falsifiés. D’autre part, l’un des buts recherchés par les autorités était d’envoyer un signal fort à destination des trafiquants et de l’opinion publique. Ce raid a notamment permis la saisie de quantités considérables de médicaments falsifiés, parmi lesquelles la saisie de 594 000 médicaments falsifiés (en France, surtout à Roissy), la fermeture de 11 800 sites illégaux vendant des faux médicaments, dont 72 en France, la saisie de 9 tonnes de plantes médicinales interdites et 700 000 gélules à base de plantes prohibées.

Normalisation des e-pharmacies.
La Fédération Internationale Pharmaceutique (FIP) demande que les normes appliquées aux pharmacies en ligne soient identiques à celles requises pour toutes les officines : inscription et inspection par une autorité compétente nationale ; utilisation des labels de qualité ; source d’approvisionnement en médicaments ….

Responsabilisation des prestataires du web.
Depuis les prestataires chargés d’enregistrer les noms de domaine, jusqu’aux hébergeurs, en passant par les moteurs de recherche et de promotion publicitaire, il reste un travail important à accomplir pour responsabiliser les professionnels de l’internet en matière de lutte contre la contrefaçon de médicaments. Par exemple, le prestataire technique est obliger de refuser l’anonymat au moment de l’enregistrement des noms de domaine et doit exiger du titulaire qu’il fournisse les pièces justifiant de son identité. Cette implication des moteurs de recherche conduirait à collaborer plus étroitement avec les organismes de répression afin de démanteler les sites illégaux.

Etablir la liste des sites légaux est précieux. Une telle mesure a été prise par exemple par la Food and Drug Administration aux Etats-Unis. L’obligation pour les pharmacies en ligne de renvoyer sur la page hébergeant cette liste représente un dispositif de sécurisation complémentaire.

La nouvelle directive européenne sur les médicaments falsifiés exige que pour exercer une activité de vente à distance, une pharmacie doit posséder une autorisation ou une habilitation particulière lui permettant de délivrer, via internet, des médicaments au public. De plus, elle recommande la création de labels communs dont pourraient bénéficier les cyberpharmacies. Cette préconisation s’inspire des labels qui ont vu le jour notamment aux Etats-Unis dont le plus célèbre est le VIPPS® pour « verified internet pharmacy practices sites » de la national association of boards of pharmacy (NABP). Malheureusement, ces labels ont pu eux-mêmes être contrefaits.
Aussi, pour ne pas être contre-productifs, ces labels doivent être intégrés des stratégies de sécurisation plus vaste, ce à quoi MEDITECT peut répondre.

Le commerce de médicaments en ligne semble répondre à une attente importante et inéluctable des patients-consommateurs. Pour améliorer l’offre légale, on peut encourager les pharmaciens titulaires à investir dans le commerce en ligne en créant sur le web des officines accessibles au public via la création d’un portail internet national.

Contrôler la qualité et la provenance des médicaments : tel est l’enjeu sanitaire auquel est confrontée la communauté internationale. MEDITECT s’engage dans ce processus.

Source: https://bit.ly/2KO0xBV

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