La Nasa a prédit l’effondrement de notre monde. Ces 32 technologies peuvent (peut-être) le sauver

En 2014, la NASA a prédit l’effondrement proche de notre civilisation. Certains scientifiques, tels que Pablo Servigne, considèrent que la question n’est plus de savoir si cet effondrement aura lieu, mais simplement de s’y réparer et de l’accepter.

Les raisons de ce possible effondrement sont liées à la nécessité, dans notre modèle économique, d’augmenter en permanence :

  • les ressources consommées (notamment les métaux, qui vont être, pour la quasi totalité, épuisés d’ici 30 à 50 ans)
  • l’énergie à produire, à l’heure où même les panneaux solaires et l’énergie éolienne ne sont pas sans consommer des ressources métalliques rares, et ne constituent donc pas une solution viable pouvant être généralisée.

Pour éviter (s’il n’est pas trop tard) l’effondrement écologique de la planète, il existe 3 types de solutions possibles:

  • le changement des comportements, qui passe par l’éducation. C’est un processus long (bien que nécessaire et déjà enclenché). Sans doute trop long. Convaincre le monde entier d’arrêter de consommer n’importe comment est illusoire. Notre société aura le temps de s’effondrer sous le poids de ses contradictions bien avant que les habitants de la planète aient pris conscience de la nécessité de sortir de leur mode de consommation actuel.
  • le changement politique passe par des votes et des candidatures innovantes dans un très grand nombre de pays différents. C’est donc un processus encore plus long que le premier.

. Le changement par la technologie et les initiatives individuelles: Contrairement aux 2 premières solutions, le changement technologique passe par des initiatives individuelles venues du monde entier (universités, associations, entreprises). Il n’est pas dépendant de l’inertie de centaines de millions de personnes. Il peut être actionné par de très petites entités, partout sur la planète, qui décident un jour de s’atteler à changer le monde, à l’échelle locale ou globale.

La (très) bonne nouvelle, c’est que sauver la planète est devenu, pour une grande part, une activité économique rentable, comme nous allons l’illustrer ici.

Et si l’entrepreneuriat, l’innovation et la technologie permettaient de contribuer largement à sauver notre planète ?

Ces 32 technologies, actuelles ou à venir, montrent qu’il est possible de modifier le modèle écologique et économique de notre société. A condition d’investir massivement dans le développement de ces innovations.

Allez, c’est parti.

Produire l’énergie sans coût environnemental

1. La transformation du CO2 en pétrole

1.

Le département d’Etat américan de l’énergie avait mis en valeur, en août 2016, les avancées d’un groupe de chercheurs de l’université de l’Illinois dans le domaine du recyclage du CO2. Leur une étude concluait à la possibilité de transformer en carburant le CO2 émis par les industries et véhicules.

Quelques mois plus tard, la start’up Israelienne, New CO2 fuel, annonçait vouloir débuter la commercialisation de cette technologie en 2018.

Les avantages de cette technique sont évidents et considérables : au lieu de rejeter du dioxyde de carbone dans l’atmosphère, les industriels pourraient immédiatement recycler sous forme de carburant l’ensemble du CO2 produit par leur activité.

Les freins à l’adoption semblent inexistants puisque cela permettrait aux industries polluantes de poursuivre leur activité à moindre coût, tout en cessant leurs émissions de CO2.

2. Pavegen : la production d’électricité à partir des pas des piétons

Cette technologie n’est pas à conjuguer au futur, mais au présent. Déjà opérationnelle aux Etats-Unis, au Nigeria, au Brésil et… à la gare SNCF de Saint-Omer, elle permet de convertir en électricité l’énergie produite par la foule qui marche. Cette start’up permet d’aut- alimenter les équipements urbains.

3. La fusion nucléaire : l’énergie nucléaire sure et inépuisable.

Contrairement aux technologies de fission nucléaire, qui sont utilisées dans l’ensemble des centrales nucléaires actuelles, la fission nucléaire présente très peu de désavantages environnementaux :

- Pas de risque « d’explosion » des centrales à fusion : Basée sur une fusion de l’atôme, et non sur son « explosion » (pour simplifier), cette technologie présente un seul risque, celui de la surchauffe. Mais ce risque est maitrisable car il ne peut pas aboutir à un mécanisme de réaction en chaine.

- Déchets radioactifs limités nécessitant un enfouissement de 100 ans, avant de pouvoir être recyclés. (contre plusieurs centaines de milliers d’année pour les déchets nucléaires issus de la fission)

- Pérennité : Les combustibles de fusion sont universellement disponibles et quasiment inépuisables.

En janvier 2017, le projet mondial pharaonique ITER a fait un pas de plus vers la réussite des premières fusions nucléaires, en produisant son premier plasma, ce quatrième état de la matière (en plus de l’état liquide, gazeux et solide), dans lequel les noyaux atomiques et les électrons ne sont plus liés entre eux et circulent librement. Cet état est le seul qui permette de réaliser une fusion. Le fait d’être parvenu à chauffer le gaz initial suffisamment fort pour atteindre cet état chimique est une avancée considérable.

4. La production d’électricité… à partir des plantes

La start’up Bioo a mis au point un procédé permettant de créer de l’électricité à partir du processus naturel de photosynthèse. L’un des fondateurs de la startup, Pablo Vidarte, explique : « Nous avons travaillé 9 mois sur ce procédé et maintenant, nous sommes sûrs que la photosynthèse est une des solutions d’avenir.

Pour le moment, l’énergie produite par une plante permet de recharger un téléphone portable 3 fois par jour. Mais la startup estime que pour alimenter une maison moyenne en électricité, un jardin de 100 m² serait suffisant. Contrairement aux autres énergies renouvelables, celle-ci n’est pas intermittente : elle produit de nuit comme de jour.

5. Le pari fou de la startup LLW9 : la production d’électricité à base d’aimants

Cette startup française, dont le projet est suivi par EDF et qui suscite l’intérêt de Tesla, a imaginé un procédé de production d’électricité à base d’aimants. Le principe, qui n’existe encore que sur le papier, est de lancer un mouvement de turbine au moyen de plusieurs aimants positionnés de façon stratégique autour d’un tube.

Le projet doit néanmoins être regardé avec prudence, car il existe peu de sources y faisant référence, et sa proximité avec la théorie du mouvement permanent (qui est une impasse scientifique), doit inspirer circonspection tant qu’un prototype n’aura pas été réalisé et testé.

6. Glowee crée de la lumière grâce à des organismes vivants

La start’up Glowee a conçu un système d’éclairage à partir de micro-organismes vivants qui produisent leur propre lumière. Ces organismes restent en vie, à l’intérieur de surface vitrées, grâce à un liquide qui contient les ressources alimentaires dont ils ont besoins. Le tout à l’échelle microscopique.

Ce mode d’éclairage pourrait être généralisé, par exemple, pour les éclairages publics, ce qui entrainerait une diminution considérables des besoins en énergie des villes.

7. The material project: “Cultiver” les terres rares, métaux, et tous les matériaux

Certainement le projet le plus fout de toutes les technologies développées ici. Le “materiel project”, lancé par le MIT, consiste dans un premier temps à réaliser une cartographie, ou base de donnée de tous les matériaux existants, en indiquant, pour chacun, quel est le comportement exact de tous les électrons du matériaux.

A partir de ce “google de la physique des matériaux”, les chimistes pourraient créer n’importe quel matériaux de façon purement chimique, et ainsi remplacer potentiellement toutes les terres rares.

Il reste néanmoins que ces procédés consistent à remplacer un métal par un autre, ce qui ne résout pas, en soi, le problème du tarissement programmé des ressources en métal.

Stocker les énergies sans coût environnemental

Le stockage de l’énergie est une donnée aussi importante que sa production, pour une raison essentielle : les batteries actuelles voient leur performance décroître au fil du temps, ce qui oblige à en produire un trop grand nombre, et contribue de l’obsolescence programmée des objets électroniques tels que les smartphones. De plus, elles sont parfois constituées d’éléments impossibles ou très difficiles à recycler.

Heureusement, des technologies émergent pour venir régler cette difficulté.

8. Des batteries au lithium pouvant durer toute une vie

La raison pour laquelle les batteries perdent en capacité au fil des recharges, est que les nano-fils qui les composent ont une résistance limitée à l’étirement, qui se produit lors des process de charge-recharge.

C’est complètement par hasard qu’une équipe de chercheurs de l’université de Irvine (Californie), ont découvert un procédé permettant d’augmenter drastiquement la résistance à l’étirement de ces nano-fils, au moyen d’un gel s’apparentant à du plexiglas.

Résultat : la conception de batteries ayant une extraordinaire durée de vie (en laboratoire, un test a été réalisé avec succès en complétant 200 000 cycles de recharge sans perte de puissance, contre 7000 maximum avant complète détérioration des fils sans l’utilisation de cette technique.

Cette solution ne résout néanmoins qu’une partie du problème, car la plus grande difficulté écologique posée par les batteries actuelles est la nécessité d’extraire du lithium, ressource rare, qui va s’épuiser, et qui a un coût écologique important pour être extrait. Heureusement, d’autres solutions existent, comme la batterie organique:

9. La batterie organique : 0% de métal, recyclable à l’infini

Cette fois-ci, c’est du côté de Harvard qu’une innovation pourrait bien changer radicalement la façon dont l’électricité produite par les énergies renouvelables (éolien, solaire) est stockée. La principales raison pour laquelle ces énergies ont encore du mal à conquérir le monde, est la difficulté que les entreprises énergétiques éprouvent à stocker l’énergie, afin qu’elle soit disponible lorsque le soleil et le vente ne sont pas au rendez-vous.

Les batteries organiques ont un avantage considérable sur les batteries au lithium : elles ne sont composées d’aucun métal. Leur coût écologique est insignifiant, puisque leur conception repose sur l’électrochimie des molécules organiques (à base de carbone), naturellement abondantes, peu coûteuse. Ces molécules, appelées quinones, qui sont similaires aux molécules qui stockent l’énergie dans les plantes et les animaux.

10. Les panneaux solaires sans silicium

Une équipe de recherche de l’université italienne de Tor Vergata a mis au point des paneaux photovoltaïques fonctionnant à base d’épluchures d’oranges et d’aubergines.

Le silicium, composant habituel des panneaux solaires, étant difficile à recycler et complexe à extraire, cette technologie permettra de rendre l’énergie solaire 100% verte.

11. Le Rawlemon : la sphère solaire qui augmente de 70% le rendement de l’énergie solaire

Le Rawlemon est une technologie imaginée par un architecte allemand est effectivement capable de produire 70% d’énergie de plus qu’un panneau photovoltaïque classique. L’innovation tient essentiellement à la forme, qui fait office de loupe et permet ainsi de concentrer les rayonnements, et à la capacité du dispositif à pivoter en fonction de la « course du soleil » (et même de la lune).

12. La Production décentralisée : si chacun produit son électricité, l’innovation des startups de l’énergie n’a plus de limites

Ok, il ne s’agit pas en soi d’une technologie, mais plutôt d’une opportunité technologique. L’idée de la production décentralisée, est que chaque bâtiment et chaque véhicule puisse produire sa propre énergie. Cela permet de responsabiliser chaque être humain dans la production et la gestion de con énergie, et d’encourager l’innovation en matière énergétique. Le fait, pour des startups et chercheurs, de pouvoir vendre directement aux particuliers une solution d’énergie verte est une immense opportunité, car les grandes entreprises de l’énergie n’ont souvent pas intérêt à participer à la révolution énergétique (et sont très longues à convaincre et à activer).

On peut par exemple noter que les lobbys industriels ont très probablement imposés, au début du programme nucléaire français, de développer la recherche sur la fission nucléaire, au lieu de la fusion, afin de pouvoir vendre davantage de matières premières.

Un exemple de cette nouvelle donne est le Powerwall, de Tesla.

Le powerwall est une batterie simple à installer qui stocke l’énergie solaire et éolienne produite par les habitations individuelles, pour que cette énergie soit disponible également la nuit.

L’industrie du stockage de l’électricité, valorisée à peine 200 millions de dollars en 2012, pourrait atteindre les 19 milliards de dollars en 2017 selon le cabinet spécialisé IHS CERA.

Combiné aux innovations dans le domaine des batteries organiques, s’ouvre la possibilité de multiplier les initiatives individuelles pour créer de l’énergie partout dans le monde, à chaque endroit où elle est consommée, et à coût écologique nul ou très faible.

Révolutionner l’Alimentation

L’alimentation est responsable d’une très grosse part des gaz à effet de serre. Sur le graphique ci-dessous, issu de l’étude de l’ONU « l’ombre géante des animaux d’élevage », on peut même constater que les transports représentent une part plus faible que l’élevage (Livestock).

“L’ombre géante des animaux d’élevage” (table 3.12 p 113) (FAO ONU, 2007) US. GHG Emissions Flowchart (World Resources Institute) /

En particulier, la production de viande est extrêmement préjudiciable à l’environnement, dans une proportion que l’on n’imagine pas toujours. A titre d’exemple et de sensibilisation, le documentaire http ://www.meatthetruth.com/en/ dresse le bilan ci-dessous :

à la lecture de ce document il apparaît nécessaire de réduire considérablement la part de la viande dans la consommation des humains. Ça tombe bien, plusieurs start’ups se sont lancées sur ce créneau.

13. Risebox : le potager automatique individuel

Les habitants des campagnes ont la chance de pouvoir cultiver un potager, si la motivation est au rendez-vous. Mais qu’en est-il pour les 77% d’habitants des villes ?

Là encore, la technologie est sur le point d’apporter une solution d’une extraordinaire puissance au problème de l’alimentation. Plusieurs start’up ont mis au point des écosystèmes capables de produire des fruits et légumes bio, en toute saison, depuis chez soi, même dans son appartement en plein Paris… le tout dans un dispositif de seulement 2m2.

Les avantages ?

o Bon pour la santé : 100% bio

o Facile à cultiver : un programme s’occupe de l’arrosage et de la luminosité.

o Pas besoin d’approvisionner le consommateur : production directement chez-soi

o Pas besoin de se déplacer pour faire les courses

Ai-je besoin de préciser le bilan carbonne de l’opération ?

14. Le steak In Vitro, financé par le co-fondateur de Google

Le premier steak 100% créé en laboratoire a été conçu par l’équipe de l’entrepreneur américain Mark Post. Dégusté par 2 professionnels de la gastronomie, il s’avère moins gras que les steaks de vache, mais reconstitue fidèlement le goût, puisqu’il a été conçu à base de cellules souches de vaches.

Cette innovation est fondamentale pour la planète car il sera plus facile de remplacer la viande consommée par les milliards d’êtres humains ayant un régime alimentaire carné, que de les convaincre un par un de devenir végétariens.

La perspective de ne plus avoir besoin d’élever des animaux pour les abattre ravira les défenseurs de la cause animale, mais aura surtout pour conséquence de libérer des quantités immenses de terres agricoles aujourd’hui consacrées aux élevages, et de réduire considérablement les gaz à effet de serre.

Le concepteur de ce premier steak va maintenant focaliser son travail sur l’industrialisation, afin que le coût de production d’une portion deviennent équivalent, puis moins chère que les steaks « naturels ». D’autant que l’énergie nécessaire pour réaliser un seul steak est aujourd’hui telle que le bilan énergétique n’est pas encore au rendez-vous.

La pollution issue d’internet

Internet est une source de pollution majeure, qui représente l’équivalent de celle du trafic aérien mondial.

La principale raison de cette pollution est la nécessité de stocker les données accessibles en ligne (sites web, vidéos, contenus des e-mails, cloud…) dans d’immenses data-centers, qu’il faut refroidir.

Là encore, une solution technologique majeure a été récemment découverte.

15. Le stockage des données du monde entier dans un 50m2

Début 2017, des chercheurs du centre New-Yorkais du génome ont réussi pour la 1ère fois à enregistrer des données digitales sur un brin d’ADN, et à les récupérer entièrement intactes. Leur expérience a consisté à encoder un film, un virus et un livre dans un génome, puis à l’envoyer en Californie pour que ces données soient décodées par la start’up Twist Bioscience.

Le succès de cette opération démontre que la fusion du vivant et de la donnée est possible, mais surtout laisse entrevoir la possibilité de stocker des quantités astronomiques de données dans des espaces minuscules ne nécessitant qu’une quantité insignifiante d’énergie pour fonctionner. Pour stocker la totalité des données mondiales dans des brins d’ADN, il ne faudrait qu’un espace de 50m2. De plus, ce mode de stockage sera beaucoup moins gourmant en ressources naturelles puisqu’il ne nécessite pas de matières métalliques.

16. L’ordinateur biologique, 99% moins énergivore

Dans le sillage de cette technologie de stockage des données, des chercheurs de l’université suédoise de Lund ont annoncé dans la revue scientifique PNAS avoir mis au point un ordinateur biologique, capable de résoudre un problème de type SSP (problème de la somme de sous-ensembles) plus efficacement qu’un ordinateur classique.

L’équipe estime que cette technologie devrait être commercialisable dans les 10 ans. Il nécessite 99% moins d’énergie qu’un ordinateur classique.

L’imprimante 3D : la révolution écologique et économique majeure du XXIème siècle

La plus grande critique adressée au mode de production du XXème siécle est sa tendance à concentrer la production des biens en un seul lieu, pour ensuite distribuer les biens produits dans le monde entier. Par exemple, constructions d’immenses usines en chine par des entreprises française, puis transport des produits fabriqués par cette usine dans le monde entier. Ce mode de production induit :

- L’exploitation d’une main d’œuvre à bas coût localisée à l’autre bout du monde

- Un acheminement des biens particulièrement couteux pour l’environnement (bateaux, camions…)

- Du gaspillage, puisque la fabrication en grande quantité entraine presque toujours une quantité importante d’invendus.

Face à ce mode de production plutôt absurde si on le regarde globalement , on pourrait imaginer de nombreuses solutions bureaucratiques pour en limiter les effets (taxation différenciée en fonction de la provenance, normes, procédures etc…).

Mais il y a beaucoup plus simple : rendre ce système obsolète économiquement. C’est ce qui va arriver d’ici 10 à 20 ans grâce à l’imprimante 3D.

17. L’avènement de la société du coût marginal 0 (ou presque)

Un rapide détour dans le champ économique s’impose…

Depuis le fordisme, nous savons que la production en série permet de diminuer le « coût marginal » : la production d’une pièce a un coût très élevé, la fabrication de 1000 a un coût par pièce modéré, la fabrication de 1 million a un coût par pièce très faible. Tout cela à condition de fabriquer exactement le même objet en très grande quantité.

L’imprimante 3D offre un nouveau paradigme : la possibilité de fabriquer un seul objet à un coût marginal de 0. Une fois l’achat de l’imprimante 3D effectué, le consommateur, ou la petite entreprise locale, peut concevoir n’importe quel objet, tout simplement en l’imprimant. Très faible coût de main d’œuvre, de manutention, d’expédition ; et surtout, pas de stockage ni de perte : l’objet passe directement de la conception (modèle dessiné par un concepteur ou l’utilisateur lui-même), à la réalisation.

Cela ouvre des perspectives uniques dans l’Histoire de l’humanité :

- La petite usine n’a plus de désavantage commercial par rapport à la grande usine, puisque le coût marginal est nul. Au contraire, en étant installée à proximité du client final, le retour de la fabrication de proximité est rendu possible.

- Le particulier, avec une imprimante 3D à domicile, peut se mettre à fabriquer lui-même les objets dont il a besoin. Exemple : j’ai besoin d’un meuble de cuisine. Je télécharge un modèle sur ikea.com. Mon imprimante 3D m’imprime chaque pièce individuellement, avec les vis et même les tournevis si je n’en ai pas. Je réalise le montage.

- La réparation d’objets en particuliers électroménager, est rendue beaucoup plus facile, puisque l’on peut imprimer en quelques minutes une pièce détachée défectueuse, cassée ou perdue. Ce qui permet de lutter efficacement contre l’obsolescence programmée.

18. Le filament écologique

Le filament est la matière première de l’imprimante 3D.

. La start’up 3Dom commercialise d’ores et déjà un filament écologique conçu à partir de marc de café ou de bière.

. Algopack commercialise des filaments à base d’algues

. 3D brooklyn va encore plus loin en créant des filaments à partir de paquets de chips, ce qui permet de donner une seconde vie à ces déchets.

. Enfin, les entreprises ProtoCycler, FilaMaker, 3Devo, proposent à chacun de fabriquer son filament à la maison à partir de déchets plastiques…

La pollution de l’eau

19. Dépollution de l’eau à grande échelle grâce aux ultrasons

Voici une solution pour un problème séculaire qui laisse 1,1 milliard de personnes sans accès à de l’eau potable : au moyen d’ondes ultrasonores traversant l’eau polluée, il est possible de faire exploser les parois cellulaires et les liaisons carbone des éléments polluants. Il ne reste alors plus que les molécules H2O, soit une eau 100% pure. Les ondes ultrasonores sont déjà utilisées pour briser les eaux usées dans les systèmes d’assainissement. Maintenant que les sondes qui produisent les ondes sonores deviennent plus puissantes, il devient possible de décontaminer les grands réservoirs d’eau, un processus appelé sonolyse. Des appareils de sonolyse portables pourraient être déployés dans des villages isolés des pays en développement. Dans les zones urbaines, la sonolyse pourrait traiter l’eau contaminée par la pollution industrielle.

20. La douche à recyclage instantanée

La start’up Suedoise Orbital Systems a conçu la première douche à recyclage instantané de l’eau de douche. Inspiré par les technologies utilisées dans l’espace, cette douche permet d’économiser 90% de l’eau consommée annuellement par un ménage, et 80% de l’énergie : en effet l’eau recyclée étant déjà chaude, il n’est pas nécessaire de chauffer l’ensemble des litres d’eau propulsés sur le corps, mais seulement une petite partie, recyclée indéfiniment.

Le dessalement de l’eau de mer… grâce à l’énergie solaire

Il existe un grand nombre de technologies dédiées au dessalement de l’eau de mer. L’entreprise Mascara a mis au point une unité de dessalement fonctionnant uniquement grâce à des panneaux solaires, facile à installer, qui laisse entrevoir la possibilité d’alimenter des villes entières en eau directement issue des océans… Actuellement, la capacité de production de ces unités équivaut aux besoins de 10 000 ménages.

Les constructions propres

21. Impression de maisons et immeubles par imprimante 3D

Cette invention est l’une des révolutions économiques les plus fondamentales du XXIème siècle. Il y a fort à penser qu’elle va radicalement changer le monde dans les 20 ans à venir, donnant accès au logement à des milliards de personnes aujourd’hui privées d’habitation « en dur » .

Ces imprimantes ont un triple avantage : le coût de fabrication est beaucoup moins élevé : on parle 4300€ à 30 000€ pour une maison complète, la fabrication est rapide (24 à 48 heures), et les matériaux peuvent être variés et écologique : Sel, recyclage de pneus, déchets industriels boue, sable… sachant que ces imprimantes peuvent être alimentées par des paneaux solaires, le coût écologique de la construction peut être réduit à quasi 0.

22. Le recyclage des ordures pour la construction immobilière en 3D

Des architectes de l’Université de Californie sont parvenus à imprimer des cloisons en sciure. Selon eux, “bien des ressources du futur existent d’ores et déjà dans nos poubelles.” Ils sont ainsi teste par exemple les mélanges à base de poussière de papier, qui servent à imprimer des matériaux isolants, mais aussi des mélanges constitués de pneus usagés. Une piste pour recycler intelligemment des 200 millions de pneus jetés chaque année rien qu’aux Etats-Unis.

La construction de villages entiers… à base de déchets plastiques

Les déchets plastique sont une des sources de pollution les plus problématiques. La startup Byfusion a conçu un procédé ingénieux permettant, à partir de ces déchets plastique, de construire des habitations… plus performantes énergiquement que les constructions de bêton. Comme une petite démo vaut mieux qu’un long discours, voici une vidéo qui explique le principe :

Véhicules propres

23. Les Avions électriques

Cette innovation-là est un projet à plus long terme. Le centre français de recherche aérospatiale, par la voix de Florent Christophe, estime que les premiers vols hybrides de 50 places ne devraient pas avoir lieu avant 2050 (pour les projets les plus ambitieux qui incluent un décollage à l’énergie électrique).

Le projet Solar impulse a marqué les esprits, mais il est certain qu’il faudra encore patienter avant de pouvoir transporter un grand nombre de passager avec ces technologies.

Il existe néanmoins plusieurs start’up qui se sont lancées sur ce projet, parmi lesquelles Zunum aero, mais surtout Lilium Jet, qui a réussi son premier prototype d’avion électrique à décollage vertical.

24. Les voitures autonomes électriques

Les véhicules électriques autonomes sont la solution d’avenir de l’automobile, ils combineront 3 innovations majeures :

. Modèle majoritairement basé sur la location et l’usage plutôt que sur la propriété. Dans les villes, il ne sera plus nécessaire de posséder un véhicule par individu : simplement commander un véhicule depuis son smartphone suffira aux usages d’une grande partie de la population

. Pas d’émission de CO2

. Stockage de l’électricité propre grâce aux batteries organiques.

Le recyclage de ces déchets majeurs qui nous polluent la vie

25. Les sacs plastiques biodégradables et compostables

80 % des sacs plastiques ne sont ni triés ni recyclés : entre 100 et 400 années sont nécessaires pour qu’ils puissent se dégrader. Rien qu’autour du littoral français, 122 millions de sacs plastiques tuent chaque jour des animaux marins.

Il était donc urgent de populariser les sacs biodégradables. La start’up Vegeos, est une des plus célèbres en France.

Si ces sacs biodégradables ont l’avantage d’être recyclables, ils ne constituent pas à eux seuls une solution au problème des sacs plastiques ingérés en milieu marin, car, lorsqu’ils ne sont pas compostés, leur dégradation n’est pas réellement effective, et les nuisances que nous connaissons avec les sacs plastiques traditionnels demeurent en grande partie avec cette solution. Aussi, des technologies plus avancées doivent être recherchées, et c’est ainsi que de nouvelles solutions, encore plus innovantes ont été mises à jour :

26. Les sacs jetables qui de dissolvent dans l’eau et sont buvables

Cette fois-ci, direction Bali pour découvrir Avani, cette start’up qui propose la solution la plus innovante du monde, avec des sacs qui se transforment en une boisson buvable une fois dissous dans l’eau.

28. La fin des bouteilles d’eau

1 milliard de bouteilles plastiques arrivent dans les océans chaque année.

Pour s’attaquer à ce problème, la start’up skipping rocks, plutôt que de chercher à concevoir des bouteilles plus écologiques, a trouvé un procédé permettant de supprimer totalement la bouteille. Une petite démo vaudra, là encore, mieux qu’un long discours :

28. La transformation des déchets alimentaires en biogaz

Love Your Waste est une start’up française qui récupère les déchets alimentaires pour les transformer en biogaz et en engrais naturel. Son activité a explosé auprès des établissements scolaires : elle devrait pouvoir en conquérir la quasi-totalité du marché en l’espace de 3 ans.

29. La géo-ingénierie : des miroirs dans l’espace pour recongeler l’arctique

La géo-ingénierie consiste à envoyer dans l’espace d’immenses miroirs en vue de réfléchir une partie des rayons du soleil, et ainsi de limiter les effets du réchauffement climatique. Il ne s’agit pas d’une solution de traitement de des causes, mais uniquement des conséquences du réchauffement climatique.

Encore controversée, car soupçonnée par une partie importante de la communauté scientifique, de pouvoir créer des dérèglements climatiques importants, elle fait l’objet en ce moment d’un appel à une gouvernance mondiale, afin d’éviter qu’elle soit expérimentée par « des apprentis sorciers ».

La domotique

30. La maison intelligente, qui économise l’énergie à votre place

Le principe de la maison intelligente est d’utiliser des capteurs pour supprimer les consommations énergétiques superflues :

  • lumières allumées en l’absence de toute personne dans la pièce

- fenêtres et volets fermés automatiquement en cas de grande chaleur ou… de rafraichissement

- Radiateurs régulés automatiquement en fonction de la température et de l’occupation de la maison

- Mise hors tension des appareils électrique lorsqu’ils ne sont pas utilisés (TV, ordinateurs, machines à lavée…). Cette économie serait substantielle puisque le mode veille représente 50% de la consommation annuelle de ces appareils.

L’information comme outil de changement des mentalités et des habitudes de consommation

31. Le Blockhain

« AH… Si vous saviez… » (…ce qu’il y a comme merde dans ce que vous consommez)

Cette expression pourrait bien devenir obsolète grâce au Blockchain.

Le blockchain, concrètement, est une méthode permettant de sécuriser à 100% un ensemble d’informations, afin qu’elles ne puissent pas être cachées/manipulées par un des opérateurs d’une chaîne d’intervenants. Par exemple, lorsqu’a éclaté le scandale de la viande de cheval, vendue comme de la viande de bœuf, un des opérateurs de la chaîne allant de l’éleveur au commerçant, a pu falsifier les informations délivrées au consommateur.

Avec le blockchain, cela serait rendu impossible, car le consommateur pourrait, en scannant avec son smartphone n’importe quel article, savoir exactement d’où vient le produit, qui sont les différents opérateurs, quels sont les éléments constitutifs du produits, etc…

Cela permettrait à la fois un meilleur contrôle étatique, mais surtout un contrôle par les consommateurs, qui pourraient accéder à un plus haut niveau de conscience écologique.

Là encore, l’innovation entrepreneuriale pourrait apporter d’immenses progrès, tels que des applications qui pourraient indiquer, à chaque scan, si le produit est potentiellement dangereux pour la santé, et si oui quels sont les risques exacts. Mieux encore, ce type d’application pourrait indiquer si le produit est polluant et pourrait être remplacé par un autre, que l’on pourrait acheter immédiatement depuis le même smartphone … Un coup dur porté aux tenants de l’arnaque et de la dissimulation ? En tout cas, un progrès majeur.

L’indispensable changement de modèle économique

32. Le modèle économique de la location : quand l’usage supplante la propriété

Depuis les années 1980, des mouvements écologiques n’ont eu de cesse de dénoncer, à raison, l’obsolescence programmée des biens de consommation : imprimantes ne fonctionnant que pour une quantité limitée d’impressions, lave-linges cessant de fonctionner après 3 ans, etc…

Pour répondre à cette problématique, les modèles actuels tentent de réguler, en obligeant les fabricants à concevoir des produits pensés pour durer. Le désavantage de cette solution, est qu’elle oblige à édicter des normes extrêmement complexes, variant selon les secteurs, et à créer des autorités chargées d’effectuer des contrôles, ce qui engendre des coûts étatiques importants (fonctionnaires) et des coûts indirects pour les entreprises (consultants, étude des normes, étude des risques, avocat)… Cette solution aboutit donc inévitablement à davantage de bureaucratie.

Plutôt que de tenter de régenter chaque détail de chaque produit dans le monde, une solution serait de favoriser/encourager le modèle de l’abonnement, dans lequel les consommateurs ne cherchent plus à posséder mais simplement à utiliser.

Je prendrai ici un exemple tiré de mon expérience personnelle : j’ai pendant longtemps essayé de trouver pour mon entreprise, une imprimante qui fonctionne correctement, sans tomber en panne en permanence. A l’achat, je n’ai jamais trouvé : toutes les imprimantes que j’ai achetées ne fonctionnaient pas plus d’une année sans tomber en panne. En revanche, à la location (leasing), les pannes sont peu fréquentes voire rarissimes. Pourquoi cette différence ?

Parceque dans le second cas, l’entreprise qui me fournit l’imprimante me demande une somme forfaitaire annuelle. Si l’imprimante tombe en panne ou doit être remplacée, elle devra intervenir et cela lui coûtera de l’argent, alors que le prix que je paye n’évoluera pas. C’est ici que se trouve la clé du concept .

Pour qu’il y ait croissance, il faut que les entreprises puissent avoir de la récurrence, c’est-à-dire pouvoir vendre chaque année leur produit à un nombre au moins identique de personnes.

Or, si chaque année les entreprises transfèrent la propriété d’imprimantes à un grand nombre de nouvelles personnes encore non-équipées, au bout de quelques années, le marché arrive à saturation : tout le monde étant équipé, si l’on ne peut pas vendre de nouveau des imprimantes à ceux qui en ont déjà une (et dont le besoin est donc satisfait), l’entreprise ne peut plus continuer à croître.

Avec le modèle de la location, le consommateur ne paye plus pour posséder l’imprimante, mais pour l’utiliser (disons, pendant 1 an). L’année suivante, le consommateur doit de nouveau payer pour continuer à utiliser. L’entreprise a donc intérêt à ce que l’équipement soit le plus durable possible, afin de minimiser ses coûts et donc de maximiser la marge réalisée sur chaque consommateur/

On pourrait considérer que ce modèle n’est pas avantageux pour le consommateur : devant payer chaque année pour l’usage, il paye au final plus cher que ce qu’il aurait payé pour posséder l’objet une bonne fois pour toute. Ce raisonnement est faux pour plusieurs raisons.

- Dans le modèle actuel de transfert de la propriété, le vrai coût de l’objet n’est pas seulement celui de l’achat. Il est aussi celui de l’achat de nouveaux équipements régulièrement en raison de l’obsolescence précoce.

- Dans ce modèle, le coût de l’objet ne représente pas non plus son coût réel : les dégâts écologiques liés au modèle de propriété, de l’obsolescence programmée, mais aussi le coût social lié aux licenciement des employés une fois le marché arrivé à saturation, n’est pas pris en compte non-plus.

Pour pousser le raisonnement plus loin, dans le domaine de l’informatique/électronique, ce modèle permettrait également de ne plus avoir à changer les « devices », c’est-à dire les « écrans » (pour simplifier) que l’on utilise comme support à nos applications. Par exemple, si tout le monde louait les ordinateurs ou les smartphones, les fabriquant pourraient se contenter de faire payer les montées en version des systèmes d’exploitations, et de percevoir des droits sur les applications vendues sur les stores. Ils n’auraient pas besoin de rivaliser d’ingéniosité et de modalités d’obsolescence des devices, afin de nous vendre tous les 2 ans un nouveau matériel : leur intérêt serait de fournir du matériel durable pour maximiser les profits réalisés sur les ventes du logiciels (vendre du logiciel est toujours plus rentable que de vendre du matériel).

De façon générale, tous les biens de consommations pourraient passer au modèle de l’usage (abonnement) ; la voiture autonome est une chance de ne plus avoir besoin de posséder son propre véhicule ; commander ses déplacements depuis son smartphone, comme sur l’application Uber, voire compter sur une intelligence artificielle pour qu’elle le commande à notre place quand nous en avons besoin, sera bien plus écologique que de construire un véhicule pour chaque être humain. Les fabricants automobiles deviendront alors des fournisseurs de droits annuels à utiliser une voiture autonome… et n’auront plus besoin de vendre chaque année d’avantage de véhicules.

Il en va de même dans tous les domaines : lave-vaisselle, four micro-onde, télévision… Si nous étions tous abonnés à chaque objet de consommation courante, les entreprises auraient une visibilité économique assurée, et les consommateurs pourraient compter sur des objets qualitatifs, qu’il ne serait pas nécessaire de changer en permanence.

Un petit bonus?

Edit: Depuis que j’ai commencé à discuter autour de cet article, des contributeurs m’ont fait part d’autres technologies prometteuses, je vais les ajouter ici au fur et à mesure (envoyez moi vous idées sur twitter à @MehdiColy ou en commentaire ci-dessous)

. Les pneus sans pétrole, à base de matières premieres renouvelables: https://www.challenges.fr/automobile/actu-auto/goodyear-des-pneumatiques-sans-petrole_402478

. Les écrans de TV et Ordinateur sans terres rares (à base de protéines fluorescentes): https://www.science-et-vie.com/article/ces-ecrans-fonctionnent-grace-a-des-bio-leds-de-proteines-fluorescentes-7686

. Une pile à combustible qui se nourrit d’eaux usées: https://www.lesechos.fr/19/03/2007/LesEchos/19880-109-ECH_une-pile-a-combustible-qui-se-nourrit-d-eaux-usees.htm

. Les asticots mangeurs de plastiques, pour dépoluer les océans: http://www.lepoint.fr/sciences-nature/environnement-des-asticots-mangeurs-de-plastique-26-04-2017-2122831_1924.php

. L’énergie solaire captée directement dans l’espace: http://internetactu.blog.lemonde.fr/2016/04/16/notre-avenir-energetique-viendra-t-il-de-lespace/

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