Ce que 5 jours à voyager seule à NYC m’ont appris

Début octobre, j’ai ressenti le besoin pressant de voyager. Un besoin urgentissime de prendre l’air et de partir loin, très loin de Paris. A cette période, c’était le vrai bazar dans ma vie et dans ma tête: je disais au revoir à une personne que j’aimais, je recherchais un nouveau boulot en plus de mon activité d’entrepreneure, et j’avais l’impression de perdre toute notion d’organisation.

J’étais triste à en mourir, et je savais pertinemment que ça n’avait rien à voir avec cette soit-disant vérité absolue que me répétaient mes copines: “c’est normal ça, c’est l’automne et les jours qui raccourcissent”. Foutaises. J’avais de vrais problèmes moi, des problèmes qui nécessitaient que je parte à la conquête de moi-même, à l’autre bout du monde, pour les régler. Ben oui, forcément #dramaqueen.

Et puis me sont revenus les mots d’une psy qui m’avait fait comprendre (il y 2 ans) que mon besoin toujours pressant de voyager traduisait en fait la volonté d’échapper à ma propre vie. Bon, c’était violent à entendre, mais peut-être un peu vrai. Échapper à ma crainte d’échouer tout ce que j’entreprenais, échapper aux conflits imminents avec certaines personnes de mon entourage, et échapper à l’ennui dans lequel je voyais ma vie s’empêtrer.

Mais cette fois-ci, j’ai décidé que ce voyage ne serait pas un moyen de fuir quoique ce soit, mais plutôt, le début d’une nouvelle ère; un séjour qui m’inspirerait, et me permettrait de créer de changer le cours de ma vie (#dramaqueen bis). Ce ne serait pas non plus un voyage pour illustrer mon Instagram de photos et prouver au monde que ma vie était digne d’être enviée.

Non, ce voyage serait pour moi, pour apprendre, observer, m’enrichir d’expériences, et les garder comme de précieux enseignements. J’ai d’emblée pensé à NYC, parce que j’y étais déjà allée, et que cette ville était l’essence même de tout ce dont j’avais besoin à cet instant précis: la créativité et l’audace.

Ah oui et puis, la première fois que j’avais visité NYC, j’étais accompagnée de cette personne qui ne fait plus partie de ma vie aujourd’hui. Et je m’étais dit qu’y retourner me permettrait de faire le deuil de la relation (FAUX!) et de voir cette ville avec un regard neuf et plus personnel (VRAI).

Ce n’était pas la première fois que je décidais de partir seule. Mais ce voyage a eu une saveur particulière.

Savoir apprécier sa propre compagnie

La première fois que je partais en voyage seule, c’était il y a deux ans et demi, pour aller à Bali. Je me souviens avoir préparé ce voyage comme un parcours initiatique et thérapeutique à la “Mange, Prie, Aime”. Je venais de lire “l’Homme qui voulait être heureux” et j’avais quitté un job bien trop toxique. J’avais vraiment besoin de me ressourcer, de me revaloriser et me prouver que j’étais capable d’entreprendre une belle aventure, pleine de défis, par moi-même et pour moi-même.

Mais pour ce voyage à NYC, je n’avais rien à me prouver. Je voulais, au contraire, me laisser porter et faire preuve de spontanéité. Un vrai besoin de me faire plaisir, en toute liberté. Sans copines, sans amoureux, sans famille, et sans objectif fixé.

J’ai toujours eu du mal à me ressourcer au contact des autres. Ça peut sembler asocial dit comme ça, mais je suis une vraie solitaire, ou une introvertie, ou une solitaire introvertie.

Et être solitaire c’est aussi ressentir en permanence un profond sentiment de culpabilité. La culpabilité d’avoir souvent besoin de prendre du temps pour soi, la culpabilité de devoir dire non aux soirées pour simplement se reposer, ou la culpabilité d’annoncer à sa meilleure amie qu’on préfère voyager seule.

Maiiiis, cette solitude et cette introversion, je les ai savourées à NYC. Elles m’ont permis de parcourir les rues de Manhattan et Brooklyn à mon rythme, de passer des heures à rêvasser, sans avoir à me demander si ça saoulerait quelqu’un d’autre. J’ai apprécié me perdre dans les ruelles de l’East Village et arpenter toutes les boutiques de créateurs de Williambsburg.

OK, je ne dirais pas que “l’Enfer c’est les autres”, mais parfois, ne penser qu’à soi, et s’autoriser à ne répondre qu’à ses propres désirs offrent un luxe et une liberté qu’on peut qualifier de… paradisiaques.

Chérir sa part d’enfance (et son girl power)

Je ne sais pas si c’est la crise de la trentaine qui m’a prise de court (ce qui me rassurerait puisque qu’il y aurait une explication rationnelle à ce qui va suivre), mais j’ai le sentiment d’avoir retrouvé l’enfant en moi. Et pas simplement de l’avoir retrouvée, d’avoir renouée avec elle, de la célébrer même.

A NYC, j’ai parcouru un bon nombre de boutiques de créatrices féministes qui affirmaient leurs valeurs émancipatrices à coups de pop culture des 90’s. J’ai épuisé la batterie de mon smartphone en prenant toutes les photos possibles des portes-clés, cahiers, t-shirts et bijoux affichant un girl power aux couleurs des Spice Girls.

Je me suis extasiée devant un carnet de note qui avait en couverture un collage photo d’Oprah Winfrey, et des stickers à l’effigie de la sexy Lil’Kim. J’ai aussi ressenti le besoin méga hyper urgent d’acheter les stickers “OKUUUR” et “Fries before guys”. Puis, j’ai marqué une minute de silence en me recueillant devant une bougie “Oops I did it again” à l’image de Britney Spears.

Bref, j’étais dans mon élément, je me suis même éclatée. J’ai ressenti le bonheur des souvenirs, le bon parfum des séries TV et de la pop acidulée des années 90. Je m’autorisais à nouveau la légèreté, l’insouciance et la naïveté de l’enfance. Et c’était aussi réconfortant de voir d’autres “presque trentenaires” comme moi s’extasier devant des broderies “Fuck fuckboys” en lettres roses.

Alors je me dis qu’il est peut-être là mon échappatoire, mon besoin d’évasion: dans cette quête des petits kiffs régressifs et enfantins. Et qu’importe, je les accepte et je les chéris, comme ces souvenirs de mistrals gagnants dont parlait Renaud en chanson.

NYC m’a confortée dans ma créativité enfantine et m’a décomplexée de mes goûts un peu trop prononcés pour le passé.

A mon retour à Paris, et comme un signe du destin (ou simplement les résultats d’un algorithme assez puissant), Deezer me propose d’écouter les Gsquad, ce boys band français parti trop tôt. Coïncidence? Je ne crois pas.

S’extasier face à l’imprévu

Ce qui m’a le plus excitée à l’idée de partir à NYC, c’était la possibilité de me laisser porter par l’inconnu. De me dire que je n’avais rien prévu à l’avance, que tout ne serait pas parfait, mais que tout serait possible.

Et quand on voyage seule, et que personne n’est là pour nous rassurer ou nous épauler, l’imprévu est au coin de la rue. Et c’est tellement enrichissant si on garde l’esprit ouvert.

C’est donc en me baladant dans les rues de Harlem, une de mes quartiers new-yorkais préféré que j’ai fait la rencontre d’un étonnant guérisseur, pratiquant la médecine traditionnelle, qui m’a chaleureusement enseigné ce qu’il savait sur la lithothérapie: les bienfaits énergétiques des pierres. On a aussi parlé de confiance en soi, du pouvoir des couleurs, et de l’amour, pendant de longues minutes. C’était fascinant!

Je me dis que c’est ce qui rend le voyage réellement magique: les rencontres.

D’ailleurs, il y a quelques mois, une amie m’a appris le terme “serendipity”, qui en anglais signifie: une découverte (ou une rencontre) imprévue et agréable, comme un heureux accident.

Je crois que c’est ce qui caractérise mes 5 jours à NYC, la “serendipity”. Et c’est ce qui, je pense, continue de fasciner les voyageurs en solitaire.

Voyager seule c’est se laisser porter par l’envie du moment. Que ce soit la flemme, le souvenir qui resurgit, les rencontres sur le chemin ou l’envie personnelle de manger ce truc trop bon dans la vitrine. C’est comme une période d’essai pour ce qu’on devrait apprendre à faire au quotidien: s’autoriser à être soi-même, sans compromis.