Politique européenne de sécurité et de défense

Vers la fin du rêve français ?


La France, se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entravé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements intégrés et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN.

Lettre de Charles de Gaulle adressée au Président américain, Lyndon B. Jonhson, le 7 mars 1966.


Dans cette lettre le Président français, Charles de Gaulle, reconnait l’Alliance mais établit également un coup d’éclat diplomatique car cette décision s’inscrit dans la volonté de doter la France d’une véritable “politique de défense indépendante” afin de s’émanciper de la tutelle de l’OTAN et de réaffirmer l’indépendance des nations européennes.

Cependant, la France est membre de l’Alliance Atlantique, ce qui signifie que les américains ne pouvaient plus agir sur les forces de l’armée française. Néanmoins, en 1996, la politique de Jacques Chirac va modifier cela en autorisant un représentant français au comité militaire.

Et en 2009, Nicolas Sarkozy annonce le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, organisation politico-militaire créée en 1949 et assurant la défense et la sécurité de l’Europe face à l’Union soviétique après la Seconde Guerre Mondiale pour dissuader le Pacte de Varsovie).


L’annonce du retour de la France dans les structures militaires de l’OTAN porte en effet un coup à l’avancée nécessaire de l’Europe de la défense, puisque ce dernier remet incontestablement en cause l’autonomie de la défense européenne surtout vis à vis de l’OTAN.

Aujourd’hui, la relance de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD) est primordiale afin de permettre à l’Europe d’exister réellement sur la scène internationale.

La politique de l’Union européenne est inscrite dans le Traité de Nice, elle est également un élément majeur de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC) de l’Europe. Il faut attendre 1999, lors du Conseil européen de Cologne pour que l’UE se dote d’une PESD dont l’objetif premier est la gestion des crises hors du territoire de l’Europe.


En revanche, l’Union européenne ne dispose pas de capacités réelles (situation anormale), ce sont les Etats membres qui mettent à sa disposition des troupes nationales pour qu’elle puissent assurer les opérations militaires et les missions civiles. Au plan militaire, les capacités de l’UE consistent en une force de 60 000 hommes déployable en soixante jours. Aussi, notons que l’UE a lancé depuis 2003, vingt deux opérations, dont six militaires (Althea en Bosnie, Atalante en Somalie).

Son champs d’action s’étend notamment en Afrique, dans les Balkans, au Moyen Orient et en Afghanistan. Le problème est que la PESD n’est actuellement pas l’instrument d’une véritable politique de défense commune (j’entends par là, protection des territoires et des intérêts vitaux de ses membres), mais une politique visant uniquement à gérer les crises hors de l’Union.


Cette situation ne permet donc pas à l’Union européenne de peser sur la scène internationale et d’être un contre poids de taille face aux Etats-Unis, la Russie et la Chine.

Si l’Europe souhaite jouer un rôle de premier plan et faire face de manière efficace aux menaces globales (prolifération des armes de destructions massives, terrorisme, trafic de drogue, engagement en faveur du désarmement nucléaire), il est impératif de renforcer nos capacités militaires et de gestion de crise, de développer les instruments de l’UE en la dotant de capacités militaires modernes et robustes:

  • augmentation des moyens de projection — mise en place d’une force européenne de transport aérien;
  • renforcer l’information et le renseignement spatial européen;
  • construction d’un deuxième port avion dans le cadre d’une coopération européenne.

Néanmoins, nous avons pu constater ces dernières années, que les budgets ne sont malheureusement pas à la hauteur des enjeux, ce qui est fort dommage. L’addition des budgets de défense des 27 Etats membres représente à peine la moitié du budget du Pentagone! Cet argent est pourtant indispensable.


Aussi, à l’instar des Etats-Unis qui investissent davantage dans les dépenses d’équipements, l’Union Européenne peine encore dans ce domaine car nous n’avons toujours pas de programmes d’armement. L’UE éparpille ses moyens (trois programmes d’avions de combat, six programmes de sous marins, programmes de blindés…) au lieu de les concentrer, ce qui représente actuellement une faiblesse pour notre politique de défense.


La mise en place de programme de coopération est ainsi nécessaire afin d’établir une véritable industrie de défense et d’armement autonome en Europe, ce qui serait en effet une alternative à la soumission à l’OTAN.

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