Ce que j’ai retenu de la conception de produit en tant que Designer Junior

Manon Favier
Aug 24, 2017 · 6 min read
Crédit : Audrey Larin Unsplash

En tant que designer de produit ancré(e) dans la profession ou en devenir, vous êtes certainement sensible aux comportements et habitudes des utilisateurs de vos produits, ceux que vous avez développé et ceux que vous construirez demain.

Vous allez apprendre ou revoir dans cet article une méthodologie de travail qui a portée ses fruits dans l’amélioration d’une plateforme SaaS, mais qui peut être appliquée à toutes sortes de projets sur le web ou ailleurs.

Il se peut que vous soyez, dans votre travail, intégré à un nouveau projet à l’étape initiale de celui-ci, ou que vous êtes l’heureux initiateur de ce projet. Dans les deux cas, une belle aventure vous attend, et ces quelques armes peuvent vous permettre d’éviter certains dangers et obstacles.


1/ Rester idéaliste et vendre du rêve

Designer, c’est croire en une idée, et c’est faire tout son possible pour la faire éclore et en prendre soin chaque jour. Les fruits récoltés, cet objectif à viser, ne sont autres que l’adhésion de son produit et son empreinte dans les usages de ses cibles. Vos utilisateurs doivent être séduits par votre produit, qui leur facilite grandement la vie.

2/ Initier un projet ou l’intégrer en marche

Mon expérience de designer Junior a réellement débuté lorsque j’ai rejoint un projet qui avait été déjà défini : le rêve était tracé, une équipe toute mobilisée autour de celui-ci, et qui voulait créer un produit formidable. Créer un produit formidable, oui ! Pas si facile pourtant… L’important, c’est l’angle. Le cas d’usage. A quoi sert mon produit? En quoi est-ce qu’il facilite la vie des gens? Je veux fabriquer une expérience nouvelle, facile et agréable d’utilisation.

L’utilisabilité selon le maître Steve Krug est simplifiée à l’extrême :

“Une personne ayant des compétences et une expérience moyennes (voire même en dessous de la moyenne) doit comprendre comment utiliser le produit de façon à ce qu’il se comporte de la manière attendue, sans que cela ne demande d’efforts.*”

S’il y a bien une poignée de qualiticatifs à retenir, selon ce professionnel de l’expérience utilisateur et des IHM, ce sont bien ceux-là :

  • Utile
  • Éducatif (facile à comprendre)
  • Mémorisable
  • Efficace
  • Fiable (ratio temps/efforts)
  • Désirable
  • Agréable

Votre produit rassemble tous ces attributs? Vous êtes sur le bon chemin !

3/ Choisir une méthode suivant son environnement de travail

Une fois l’Idée, ce grain de folie auquel vous avez prêté oreille, clairement défini, il s’agit de passer à l’étape sérieuse : la mise en oeuvre. Suivant la taille de votre structure, de votre équipe de travail, la marge de manoeuvre sera plus ou moins souple. Je prends mon cas spécifique, un environnement agile dans une équipe à taille humaine, dans lequel j’ai pu choisir d’appliquer la méthode de Design thinking.

Méthodologie de co-conception selon Raphaël Yharrassarry

C’est la manière avec laquelle j’ai choisi de travailler sur mes premiers projets, du fait de sa flexibilité et de son processus itératif. La phase d’empathie permet de distinguer les limites des solutions existantes, au travers de la perception des sentiments des utilisateurs. Celle-ci aide à la définition du produit, puis à la phase d’idéation pour compléter les phases précédentes. Pour valider ce premier cycle, la phase de tests permet de conclure sur une optimisation du produit, grâce à l’approbation des utilisateurs finaux, mais dans le cas contraire le cycle est repris pour corriger les limites du produit.

4/ Changer un produit, optimiser son usage, améliorer l’expérience

Le produit est peu à peu façonné par ces traitements méticuleux. La recherche utilisateur sous toutes ses formes permet de réellement mesurer l’expérience potentielle d’un produit créé, et de l’optimiser pour parvenir à devancer le besoin de l’utilisateur et à anticiper ses usages futurs. C’est pour cela qu’il est important de déterminer précisément sa cible, notamment à l’aide de personas, mais aussi de rencontrer des utilisateurs réels, qui sont ancrés dans des problématiques pratiques.

S’il y a bien autre chose que j’ai appris sur la conception de mon premier produit, c’est que ces utilisateurs finaux sont des êtres d’émotions, eux-même portés par des envies et des rêves, mais souvent limités par des contraintes matérielles ou temporelles.

5/ Intégrer l’humain dans le processus

Qu’importe la manière de travailler avec ses utilisateurs finaux, comme nous le montre le Hook Model de Nir Eyal. Chaque produit porte en lui un potentiel créateur d’habitudes à ne pas négliger. Mettre l’utilisateur au centre de vos préoccupations est clairement révélateur de ce potentiel. L’objectif est de créer des expériences immersives et interactives qui lui permettent d’être actif à plusieurs étapes de la vie du produit : à sa conception, à sa validation, à son utilisation, et finalement à son amélioration. Si l’utilisateur est intégré dès le départ, il portera d’autant plus de valeur au produit.

Diagramme “How all come together” selon Dave Landis

Travaillez avec acharnement votre sens de l’observation vis à vis des comportements et usages ancrés et hérités, comme de ceux qui naissent et meurent tous les jours. Laissez à vos utilisateurs leur mot à dire : étonnamment, ils sont rarement frileux à cette idée, car il est valorisant de participer au design d’un produit à son image !


Ces courtes astuces vous permettront de voir plus clair et de donner forme à vos inspirations les plus profondes, et de révéler le potentiel de votre produit. J’ai puisé personnellement dans un contexte exclusivement anglo-saxon, culture dans laquelle le Design a fait ses preuves depuis des lustres pour les entreprises, pour l’innovation.

Si certains points ne sont pas clairs, ou s’ils vous ont fait sauter de votre chaise (au risque de tomber et de vous faire une vilaine fracture), je serais ravie de lire vos commentaires et répondre à vos interrogations. Je lirais aussi de vives joies votre propre expérience de designer et la méthodologie adoptée pour mener des projets passionnants.

Le design est une affaire de résolution de problèmes, et il n’existe jamais une seule solution à votre problème. Changez d’angle de vue, respirez un autre air, et les répercussions seront optimales.

Je vous conseille ces quelques lectures qui m’ont beaucoup apportées lors de mon intégration au projet conçu, et qui me soutiennent toujours aujourd’hui. Ces références peuvent vous servir de compagnons de route, d’outils clé en main à garder auprès de soi lors des différentes étapes de conception.

Au plaisir d‘échanger avec vous sur @mfavier32 , ou peut-être même de travailler un jour à vos côtés!

Prochainement, un article complémentaire sur

Co-concevoir un produit : le design comme gymnastique collaborative

Ressources

UNGER Russ and CHANDLER Carolyn, A project guide to UX design, for User Experience designers in the field or in the making (2nd edition)

NORMAN Don, The Design of Everyday things

EYAL Nir with HOOVER Ryan, Hooked, How to Build Habit-Forming Products

LADNER Sam, Practical Ethnography, A guide to doing Ethnography in the Private Sector

KRUG Steve, Don’t make me think Revisited, A Common Sense Approach to Web and Mobile Usability

*”A person of average (or below average) ability and experience can figure out how to use the thing to accomplish something without it being more trouble than it’s worth.

)

Manon Favier

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Product & UX designer. #storytelling #UXdesign #inclusivedesign. INFP. @ECV_Digital_Bdx @InfoNumBdx

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