Développement personnel : et si le droit à l’erreur était le secret de la réussite ?

Avancer dans les méandres du perfectionnisme

Le perfectionnisme, qu’est-ce que c’est ?
En quelques mots, je dirais que c’est l’habitude de vouloir que toutes nos réalisations soient parfaites.
Ce concept peut donc paraître simple de prime abord. Oui, mais… la perfection, qu’est-ce que c’est ?
Et là en effet, c’est un peu plus compliqué….

La perfection est une notion subjective et abstraite. Elle est donc différente selon les individus. Les critères qui permettent d’attester qu’une chose est parfaite sont propres à chacun. Il s’agit d’une appréciation, d’un goût, d’un idéal. En fait, on pourrait dire que la notion de perfection existe surtout
dans la tête des gens… Et pourtant, elle nous complique souvent la vie!

Comme beaucoup de concepts, le perfectionnisme a quelque chose de binaire en apparence : il nous semble être parfois une grande qualité et d’autres fois un terrible défaut. Il nous motive en nous incitant à atteindre un idéal et à la fois il nous empêche de nous exprimer librement, il nous bride, nous ralentit.

Le côté positif du perfectionnisme est qu’il nous inspire. Le fait de vouloir faire toujours bien, très bien, nous permet d’avancer, de nous améliorer, d’être performant. En deux mots, cela nous permet de relever les défis que nous lance la société actuelle.

Lorsque ces comportements se manifestent dans le cadre professionnel, ils génèrent un travail bien fait, et parfois impressionnant. Le perfectionnisme nous impose de faire un travail impeccable, une réalisation superbe. Il est primordial pour une personne à tendance perfectionniste de rendre quelque chose d’irréprochable, et si elle le peut, quelque chose d’extraordinaire. Un travail qui peut aussi dépasser de loin les consignes données et les résultats attendus. Cela générera, idéalement, une pluie de compliments. L’auteur de ce travail « parfait » reçoit ainsi la reconnaissance tant attendue.

Nos comportements guidés par le perfectionnisme nous amènent à nous dépasser sans cesse afin que l’on reconnaisse nos talents et nos compétences. Agissant ainsi, nous sommes avant tout à la recherche d’une forme d’estime, d’admiration et de respect. Nous satisfaisons de cette manière notre besoin de reconnaissance.

Voilà pourquoi il est difficile d’accepter de renoncer à nos comportements perfectionnismes. Cependant, dans certaines situations, le perfectionnisme nuit grandement à nos projets.

Outre le stress généré par le fait de vouloir toujours être au top, le côté négatif du perfectionnisme est qu’il nous décourage. Vouloir faire mieux, mieux que ce qui est déjà fait, mieux que ce que d’autres ont fait, mieux que ce que l’on pourrait faire soi-même, nous met en situation de comparaison constante, et très souvent cela nous bloque. Nous avons tendance à focaliser sur le résultat escompté, résultat qui doit être parfait, et donc inatteignable. Nous voilà alors au bord d’un immense fossé. Nous partons de rien, ou presque, et nous voulons atteindre les sommets.

Lors d’un atelier, un homme avait exprimé le fait qu’il souhaitait écrire des romans. Il avait toujours voulu être écrivain. Quelques semaines plus tard, il avait démarré l’écriture de son premier manuscrit. L’année suivante, je rencontre à nouveau cet homme, à qui je demande des nouvelles de son ouvrage. Il avait tout jeté, m’a-t-il dit, et avait renoncé à l’écriture. Cette écriture, pourtant, l’épanouissait et lui donnait beaucoup de plaisir selon ses dires lors des ateliers. Il m’a ensuite parlé de la difficulté de trouver une maison d’édition, du fait que les auteurs étaient très peu rémunérés, etc. Mais il n’avait jamais tenté sa chance ! Parce qu’il savait que son rêve — qui était de devenir un écrivain célèbre, dont les livres seraient des best sellers en tête de gondole des grandes librairies — n’était pas facile à atteindre, il avait renoncé. Il voulait vraiment être un grand écrivain reconnu et cette volonté de perfection a évincé le plaisir qu’il avait à rentrer du bureau pour écrire, à démarrer avec joie et enthousiasme ce qu’il appelait alors sa « deuxième journée ». Il avait préféré tuer sa passion dans l’œuf plutôt que de prendre le risque de ne pas réussir à devenir LE nouvel auteur à la mode. Comme beaucoup de personnes de type perfectionniste, il manifestait à l’égard de son projet une logique du «tout ou rien ».

Pour ceux qui n’abandonnent pas leurs ambitions et leurs rêves, la complication arrive lorsqu’il est temps de terminer l’œuvre. En effet, faire aboutir un ouvrage (que ce soit un roman, un dossier, une sculpture, n’importe quel travail) est chose quasi impossible pour une personne en quête de perfection car elle ne peut considérer son travail terminé que lorsqu’il lui semble parfait. Elle peut donc le finaliser de manière infinie, restant en permanence insatisfaite de ce qu’elle a produit. De ce fait, elle cherchera à lui apporter sans cesse quelques modifications.
Un ami m’avait raconté son désarroi car il s’estimait très bon graphiste. Les clients étaient ravis de ses propositions en début de projet et il savait que son travail était de meilleure qualité que celui de ses collègues. Néanmoins, il ne progressait pas dans son entreprise pour la simple et bonne raison qu’il ne respectait jamais les délais qui lui étaient imposés. À vouloir trop bien faire, il était devenu contre-productif et cela le mettait en défaut. Ainsi, nous constatons à quel point les comportements perfectionnistes peuvent nous nuire.

Bien que globalement inspirant, le perfectionnisme présente beaucoup d’obstacles à la réalisation d’un projet. Il semble important, pour les personnes qui se reconnaissent dans cet article, de considérer les deux polarités des tendances perfectionnistes et d’ajuster constamment ses
comportements afin de pouvoir avancer vers ses objectifs. Conserver un goût du travail bien fait, de la rigueur, mais s’autoriser à échouer, à faire une première version des choses. Considérer alors qu’il s’agit d’un coup d’essai et que la deuxième expérience sera plus probante, la troisième encore plus,
etc. Chaque nouvelle chose dans laquelle nous nous engageons est aussi une nouvelle expérience pour nous. Par ailleurs, l’échec n’est pas une fin en soi. Lorsque l’on rate, on peut toujours recommencer, et ainsi de suite, jusqu’à la réussite !