Le jour où, encore étudiant, j’ai décidé de créer mon studio graphique

En 2016, j’aurai 30 ans.
Et en 2016, il y aura 10 ans que je décidais de créer mon entreprise…

Si vous êtes étudiant, et que vous avez une envie très forte de créer votre entreprise, ne perdez surtout pas de temps ! Je tente de vous expliquer pourquoi dans mon récit ci-dessous.

Mes études secondaires

Juin 2006. Je viens de terminer mes années d’études secondaires, 8 au total.

Avant d’en arriver là, j’ai d’abord passé 3 ans en études secondaires générales. Ma troisième année s’est mal passée et au terme de celle-ci, la plupart de mes professeurs de l’époque, ne croyant absolument pas en moi, m’envoient tout droit vers des études professionnelles. (Ndlr : en Belgique, les études secondaires professionnelles sont le niveau le moins élevé qui existe). Mis à part mes parents, mon entourage considère cela comme un échec. Socialement, j’ai perdu pas mal de copains, sans doute parce que leurs parents considèrent que je ne vaut plus la peine d’être côtoyé.

Je recommence donc ma troisième année en choisissant une option artistique; la décoration d’intérieur. Honnêtement, la tapisserie ou la peinture en bâtiment ne m’ont jamais véritablement passionné. Mon objectif à l’époque est clair, choisir une option “simple” à mes yeux, pour terminer mes études secondaires le plus vite possible. Que faire ensuite ? Je ne le sais pas encore…


L’infographie ? Kézako ?

Durant les 5 années qui ont suivi (il y en avait 7 à accomplir), l’un de mes profs me fait découvrir le métier d’infographiste. C’est un poste qu’il a occupé dans une vie antérieure… Le jour où il me présente Photoshop et quelques-unes de ses réalisations, pour moi c’est clair, j’ai trouvé ma voie !
(Ndlr : Cédric, si tu me lis, je te remercie encore infiniment.)

Durant les semaines et mois qui suivent, et avec l’insouciance de mon jeune âge (je dois avoir 17 ou 18 ans à l’époque), je commence à réaliser de petites commandes pour des connaissances, le tout à des prix totalement dérisoires. Il faut dire qu’à ce moment-là, mon niveau n’a rien d’exceptionnel.

En parallèle, l’un de mes amis, qui fréquente la même école que moi, est un passionné de photographies. Ensemble, nous pouvons proposer des services totalement complémentaires.


Namur, me voilà !

En juin 2006, mon diplôme d’assistant en décoration en poche, j’annonce à mes parents que je souhaite me lancer dans des études supérieures. Comme toujours, ils ont tout de suite cru en mon projet et m’ont encouragé à poursuivre mon objectif. Bien que, dans une situation économique difficile, ils sont tout à fait prêts à me suivre. Une seule condition : je n’ai pas le droit à l’erreur et le fait de rater une année d’étude est synonyme d’arrêt immédiat de mon cursus. Je n’ai donc pas le choix, je ne peux pas me louper !

Durant les congés d’été, je décide donc de m’inscrire dans une école supérieure d’infographie, située à Namur (Belgique), la Haute Ecole Albert Jacquard.

Encore une fois, c’est à ce moment-là que je vais entendre les pires préjugés qui puissent exister.

“Mais enfin Michel, tu n’y penses pas. Jamais un étudiant issu du professionnel ne réussira des études supérieures ! Tu vas te planter, c’est certain !”
“Vous savez Michel, je pense que c’est la première fois que nous inscrivons un étudiant venant d’études professionnelles. Honnêtement je ne pense pas que vous serez encore là dans quelques mois…” dixit la personne chargée de mon inscription.

Peu importe, pour moi c’était clair, ces études étaient faites pour moi et même si je savais que j’allais devoir m’accrocher, j’avais l’intime conviction que j’arriverais au bout de ces 3 années d’études.


Novembre 2006, un mail qui va tout changer

Durant l’été, un troisième ami nous rejoint dans notre petite activité. Son but, s’occuper du développement de sites web. Pour ma part, je me charge du design graphique de ceux-ci.

En novembre 2006, peu de temps après la rentrée académique à Namur, je reçois un e-mail. Une personne est à la recherche d’une société pouvant réaliser un site web pour son asbl. Une condition principale, pouvoir éditer une facture pour les prestations à effectuer.

C’est certain, nous sommes les personnes qu’il recherche. Mais sans numéro d’entreprise, impossible pour nous d’éditer la moindre facture.

Sans hésitation, nous décidons donc de lancer officiellement notre société !
Son nom : DBCREATION (DB étant les initiales des deux “fondateurs”).

Mes deux associés et moi-même étant étudiants, nous avons peu de moyens. Nous décidons de mettre 150 € chacun dans le capital de la société. Au total, 450 petits euros pour lancer notre studio :-).

Cette fois, j’ai un nouveau statut à assurer. En plus d’être étudiant, je suis maintenant chef d’entreprise !

Mes amis à l’école me demanderont souvent comment j’arrive à conjuguer projets scolaires et professionnels, tant la masse de travail est importante.
Honnêtement, je me pose encore la question 10 ans plus tard.

Je pense que la passion, la motivation et pas mal de concessions vous font franchir des objectifs qui semblent à première vue insurmontables.

Juin 2009, ma nouvelle vie va commencer

En juin 2009, et toujours en parallèle des commandes des clients, j’obtiens mon diplôme de techniques infographiques, finalité pré-presse. Une fierté vis à vis de tous mes détracteurs !

Alors que la plupart de mes condisciples partent à la recherche d’un travail, ou encore que d’autres souhaitent poursuivre de nouvelles études, il est temps pour moi de dresser un bilan de mes trois premières années à la tête de DBCREATION.

  • En trois ans, le chiffre d’affaire, même si il est dérisoire, a à chaque fois augmenté d’environ 30 %;
  • initialement 2, nous avons ensuite été 3 puis 4 associés dans l’entreprise, jusque juin 2009. À l’heure de faire le bilan, la vision des deux associés arrivés par la suite est trop différente de la mienne et de celle de mon associé actuel. Nous décidons de prendre des chemins différents et les deux autres associés quittent DBCREATION. Nous voilà à nouveau à deux, comme au commencement;
  • bien que notre entreprise réalise encore un chiffre d’affaire tout à fait dérisoire, les projets et les promesses de commandes sont encourageants;
  • mon associé et moi-même habitons toujours chez nos parents. Par conséquent, nos besoins financiers sont minimes, et nous pouvons nous permettre de vivre avec très peu de revenus. L’important pour nous étant d’investir les bénéfices de l’entreprise dans l’achat de matériel de qualité.
  • à l’époque, nous louons un petit espace commercial. À la fin de nos études, nous nous rendons bien compte que ce local n’est pas adapté à notre activité. Nous décidons donc d’installer provisoirement notre bureau chez mon associé. La cave de sa maison fait office de studio photo. Cette solution nous permet de ne plus payer de loyer pour une surface commerciale.

Pour nous c’est clair, tout ces points font que nous sommes prêts à nous impliquer à temps plein dans le développement de notre studio. Dès Juillet 2009, nous nous mettons donc au travail, recherchons de nouveaux clients et signons, au fil des mois, de chouettes nouveaux projets.


10 ans après, l’heure de dresser un premier bilan

Cette année, nous allons fêter dignement les 10 ans de DBCREATION.
Mon associé et moi-même sommes toujours aux commandes de l’entreprise.
Au fil de ces 10 ans, ce sont maintenant 4 collaborateurs qui travaillent quotidiennement avec nous. Chaque année, nos clients, nos références et notre chiffre d’affaire n’ont fait qu’augmenter.

Si il y a bien une chose que je ne regretterai jamais dans mon parcours professionnel, c’est bien le fait d’avoir créer ma société durant mes études. Je ne peux qu’encourager les étudiants qui ont envie d’entreprendre et qui sont redoutablement motivés de ne pas attendre une minute de plus.

Besoin d’arguments ? Les voici :

  • En tant qu’étudiant, vous pouvez vous permettre de vous tromper. Vous avez le droit à l’échec. Encore plus une fois que vos études sont terminées , car vous n’avez pas grand chose à perdre;
  • le fait d’avoir lancé DBCREATION durant nos études nous à permis de constituer un panel important de clients non dédaignable. Ainsi, nous avions suffisamment de clients pour nous lancer à temps complet à la sortie de nos études;
  • vous ferez vos erreurs de débutant bien plus rapidement que quelqu’un qui lance son activité après plusieurs années en tant qu’employé dans une entreprise. Vous aurez donc une longueur d’avance;
  • vu votre statut d’étudiant, vous pouvez vous permettre de lancer votre activité avec peu de moyens. Soyez rationnels et restez lucides.

Vous en voulez encore plus ? N’hésitez pas à me contacter, je meurs d’envie de pouvoir vous aider !