Mon expérience avec la certification Opquast

Qu’est-ce qu’Opquast?

Si vous travaillez dans le monde du web francophone, vous avez peut être dû entendre parler des standards de qualité Opquast.

Opquast, acronyme pour “Open Quality Standards” est une initiative lancée en 2004 par un ensemble de professionnels du web, avec l’objectif d’apporter un langage unifié et un ensemble de pratiques standards dans le cadre de la réalisation d’un projet web.

En 2019, Opquast c’est un modèle appelé “VPTCS” qui définit l’ensemble des activités nécessaires à la réalisation d’un projet web et un référentiel “Qualité Web”, constitué de 226 recommandations traitant de sujets très divers tels que la qualité du code, l’accessibilité ou l’e-commerce par exemple.

Opquast publie et maintient également des référentiels sur des sujets plus spécifiques, tels que la performance web.

La première fois dont j’ai entendu parler d’Opquast, ce devait être en 2014 en discutant avec un des speakers de la conférence Sudweb à Toulouse. Développeur PHP/Back, je ne m’étais pas senti tellement concerné. De plus, le fait de voir ce sujet (ou ces intervenants) présent(s) dans tous les conférences web me motivait plus à ignorer le sujet qu’autre chose.

C’est en 2017/2018 où le spam continu à propos d’Opquast sur les réseaux sociaux et dans certaines offres d’emploi m’a fait prendre position publiquement:

  1. Je ne reconnais pas la qualité de “Standard” à un document dont la réalisation s’est faite à 10/15 sans aucun acteur web principal (Firefox, Google, W3C?);
  2. Je ne reconnais pas l’aspect ouvert de ces standards puisqu’ils ne sont pas disponibles sur GitHub;
  3. J’étais favorable au principe de qualité Web et je partageais le constat qui avait amené à la création d’Opquast;

Ma compagne avait dû passer la certification et j’avais découvert une plateforme d’apprentissage assez mal pensée et avec des questions plutôt piégeuses.

Après quelques tweets pas piqués des hannetons (j’ai toujours rêvé d’écrire ça!) j’ai été approché par Elie Sloïm, qui est l’un des deux initiateurs du projet et qui souhaitait comprendre pourquoi j’étais si vindicatif au sujet d’Opquast.

Nous avons échangé à propos de la création d’Opquast, et j’ai appris de nombreuses choses, notamment:

  • Que le référentiel (les recommandations) sont bien open source en CC-By-SA et que la contribution de ces recommandations est un processus ouvert et décrit;
  • Qu’Opquast ne constitue absolument pas un socle suffisant pour faire de la qualité web, mais plutôt une base de connaissances et de pratiques transversales ainsi qu’une méthode pour contrôler la qualité web d’un projet

Nos conversations m’ont finalement poussé à creuser le sujet de la qualité web. J’ai regardé les deux conférences d’Elie Sloïm sur la qualité web, et commencé à suivre certaines personnes sur les réseaux sociaux qui parlaient de qualité mais surtout d’accessibilité web.

Pourquoi je me suis intéressé à Opquast?

Je suis actuellement salarié chez PrestaShop et il m’arrive de travailler sur le coeur du projet open source.

Le moto de PrestaShop, c’est de rendre le commerce accessible à tous. C’est pourquoi PrestaShop est avant tout un projet open source (appelé “PrestaShop Download” dans sa version installable par tous) et aussi un produit dans le cloud appelé “PrestaShop Ready”.

Quand j’ai commencé à m’intéresser à l’accessibilité web, j’ai compris que la plupart des CMS (PrestaShop compris) n’étaient pas du tout accessibles à tous, et que pour la plupart des contributeurs de CMS l’accessibilité n’était pas un vrai sujet:

  • On fait du “responsive” et du PWA pour les smartphones;
  • On investit dans les bonnes pratiques de référencement;
  • On essaie de faire en sorte que le HTML produit soit valide;

Et… c’est tout.

Je crois pourtant qu’il est possible qu’un site PrestaShop soit plus accessible et de meilleure qualité… mais sans référentiel ni méthode, comment s’assurer qu’on progresse?

Finalement, c’est la démarche de mesure de la qualité qui m’a convaincu de la nécessité d’Opquast et c’est à ce moment là que j’ai commencé à consulter les recommandations (en commençant par celles dédiées à l’e-commerce), et à me former sur la réalisation d’un audit web.

A ce propos: un cours réalisé par Opquast est disponible gratuitement sur OpenClassrooms. Il se concentre sur la démarche qualité par la réalisation d’un audit de site web et le référentiel Opquast est brièvement abordé.

Prise de conscience

J’ai parcouru les différents sites d’Opquast et je trouve qu’en un an ils ont progressé: tout était plus clair et mieux structuré. Ils communiquaient mieux et plus régulièrement sur les avancements de la communauté Opquast (objectifs, nombre de certifiés, partenariats…).

Du coup — même si j’avais eu un feedback négatif de ma compagne — quand j’ai eu l’opportunité d’avoir un passage de certification + 3 mois d’accès à la plateforme de formation pour 150€, j’ai foncé!

Profitant d’une promotion au mois de novembre 2018, j’achète mon passage de certification et je mets le livre “Qualité Web” sur Amazon de côté. Déjà, 150€ c’est rien du tout (comparé à d’autres certifications) et il y avait un accès à la plateforme d’apprentissage.

Moi qui suis fâché avec le principe “sanctionnant” des certifications et qui avait vécu une très mauvaise expérience quelques mois auparavant avec une autre certification, je me foutais complètement de la certification Opquast.

Je voulais accéder à la plateforme pour avoir un cadre d’apprentissage et je savais que passer la certification avec un score “décent” me motiverait à y investir du temps.

Car oui, je bosse dans le web et je produis du code: avec la meilleure volonté du monde je travaille déjà énormément et c’est compliqué de trouver l’énergie pour apprendre de nouvelles choses…

Et puis j’aimais bien leur certification dans le sens où elle est la moins “sanctionnante” possible:

  • Déjà, quoi qu’il en soit on obtient un score: c’est pas “soit tu l’as, soit t’es qu’une merde et tu sais pas pourquoi”;
  • La certification peut se valider avec différents niveaux de compétence: de novice à expert selon le score obtenu. Je trouve ça très bien dans le sens où un intégrateur, voir un ergonome web devrait viser l’excellence quand un chef de projet e-commerce peut se contenter d’un score plus faible;
  • Je croyais que la certification niveau expert donnait le droit de faire des formations Opquast, mais au final il faut faire une formation complémentaire pour être reconnu officiellement (dommage 😜);

Bref, j’avais la carotte de la certification sans l’aspect punitif de l’échec et de bonnes raisons de me former à Opquast.

Découverte de la plateforme

La plateforme est actuellement en version 2, et donc je n’ai pas eu la même expérience que ma compagne vis à vis de la préparation de la certification.

La plateforme s’organise autour d’un programme de formation réalisable en quelques heures de disponibilité et d’écoute attentive. L’expérience démarre par le téléchargement d’un précieux (j’insiste) document de préparation de la certification.

Page d’accueil de la plateforme, autorisation requise auprès d’Opquast pour usage.

Ce document numérique au format PDF se présente sous la forme d’un ebook complet sur la qualité web. A l’intérieur, vous trouverez les informations suivantes:

  • Vocabulaire et démarche qualité;
  • Modèle VPTCS expliqué en détails;
  • Le référentiel “Qualité Web” Opquast bien sûr

La plateforme dit qu’il n’est pas nécessaire d’acheter le livre “Qualité Web” qu’ils éditent pour passer la certification, et vu la qualité de ce document je confirme.

Malgré tout (et peut être est-ce intentionnel?), ce document m’a incité à commander le livre qui est plus complet et présente l’avantage du format papier. C’est appréciable quand on passe 10–12h/j devant un écran 😄.

Cerise sur le gâteau? Sur le site Opquast vous trouverez un formulaire qui vous enverra un lien de téléchargement de la version ebook si vous fournissez une preuve d’achat du livre au format papier: testé et vérifié avec succès!

Revenons au contenu de la plateforme.

Elle s’organise sous forme d’un programme séquentiel à suivre qui permet d’aborder l’ensemble des éléments qui seront évalués lors du passage de l’examen:

  • Modèle VPTCS
  • Démarche qualité
  • Vocabulaire web, compréhension de ce qu’est le web
  • Référentiel qualité web (les 226 recommandations)

Une bonne partie de ces informations sont trouvables sur les différents sites d’Opquast et la plateforme utilise de nombreux liens externes. Je vous conseille de les mettre en favoris, notamment le référentiel: toujours utile en cas de doute lors d’une relecture de code.

A noter que s’il est requis de connaître les recommandations et leurs objectifs, il n’est pas nécessaire de savoir appliquer les solutions de mise en place. Les solutions ne sont d’ailleurs pas décrites dans le guide de certification… mais elles le sont dans le livre!

La plateforme contient des contenus pédagogiques: articles à lire, vidéos à regarder et des QCMs pour contrôler sa maîtrise du référentiel.

Elle contient en fin de programme des contenus plus spécifiques à la préparation de l’épreuve en elle-même:

  • Un QCM court mais sanctionnant (avec un score donc) et la possibilité d’indices et de voir la réponse;
  • Un QCM sanctionnant avec le même nombre de questions qu’à l’examen avec possibilité d’indices;
  • La possibilité de faire 10 examens blancs en conditions d’examen: même interface, même temps de passage et même type de questions;
Exemple de QCM blanc, réutilisation interdite par Oquast

Au final, on arrive le jour du passage préparé pédagogiquement à l’épreuve (“je sais” et je “sais faire”): on (re) développe une capacité à lire une question, à évaluer les différents choix, à décider si on reviendra ou pas sur la question et à rester concentré plus d’une heure sur ce genre d’exercice.

Et c’est d’ailleurs — en dehors du fait que j’arrivais pas à me motiver lors d’un passage d’une autre certification plus tôt en 2018 — ce qui m’avait manqué pour performer ou en tout cas prendre du plaisir et vivre une bonne expérience.

J’ai vraiment apprécié les vidéos et un peu moins les articles que j’ai trouvé parfois un peu longs.

Peut-être devraient-ils faire comme OpenClassrooms pour améliorer cela?

  • Petite vidéo courte de présentation d’un sujet pour comprendre quel est l’intérêt;
  • Puis retranscrit et compléments au format écrit;

Les QCMs sont OK: lisez les recommandations, apprenez (ou mieux: comprenez) les objectifs et le vocabulaire liés et vous obtiendrez rapidement de très bons scores.

D’ailleurs, une bonne idée de cette plateforme: on a la liste des scores déjà obtenus et à la fin de chaque examen blanc un pourcentage de réussite par catégorie. J’aurai aimé un graphique de progression, mais c’est déjà suffisant pour réviser plus efficacement.

Enfin, j’ai parfois eu quelques questions au sujet des contenus disponibles sur la plateforme: le support est super réactif et bienveillant.

J’ai appris récemment qu’il y avait un slack communautaire Opquast. Il est très calme, probablement car très peu mis en avant: je n’ai pas souvenir d’avoir vu un lien sur les différents sites d’Opquast.

La certification

A date d’aujourd’hui (le 5 mars 2019), j’ai terminé le programme de formation et j’ai de très bons scores à mes examens blancs. J’ai donc décidé de réserver un créneau pour mon passage de certification. Et là, encore une bonne surprise: on peut la passer de chez soi!

Étant assez anxieux de nature, j’étais le genre d’étudiant à avoir 18 toute l’année et 12 le jour du BAC: en situation de stress je perds BEAUCOUP de capacité de concentration et le fait d’être chez moi dans mon bureau comme tous les jours réduit énormément mon appréhension de l’épreuve.

L’interface de prise de rendez-vous est claire et passe par un site d’Opquast: l’expérience est donc contrôlée de bout en bout par l’entreprise. De la prise de certification à l’achat du livre jusqu’à la commande de mon passage d’examen je n’ai eu qu’un et un seul interlocuteur: top!

Avant de réserver mon passage, j’ai pris le temps de lire les documents accessibles concernant la certification, mais aussi les conditions de passage et notamment ce qui est prévu en cas de problème (panne d’internet, retard, empêchement).

Ces éléments de réassurance m’ont beaucoup aidé et motivé à prendre mon examen et à me maintenir dans un état d’esprit positif: ils ont prévu le pire et la réponse est toujours à l’avantage de l’utilisateur.

Par exemple, imaginons que l’examen pour X ou Y raison ne puisse commencer qu’à 10h plutôt qu’à 9h30.

Et bien, pas de problème: il finira plus tard, le candidat a toujours 1h30 pour terminer. Idem en cas de coupure internet, la plateforme sauve le résultat et le candidat redémarre au point où il en était.

On peut évidemment reporter son examen si on s’y prend suffisamment tôt. Client chiant au possible — à croire que je suis en train de faire une mission “client mystère” — j’ai dû reporter la date de mon passage de certification.

Comme d’habitude, tout a été pris en compte en 24h dans un environnement bienveillant: j’ai repris une autre date et reçu à nouveau une confirmation par mail que j’ai liée cette fois à mon emploi du temps dans Gmail.

Le déroulement de la certification

A date d’aujourd’hui, je n’ai pas encore passé la certification. C’est volontaire car je ne veux pas que mon score — quel qu’il soit — serve d’excuse pour rendre cet article moins objectif.

Voici ce qu’il est prévu selon Opquast, et la personne qui va surveiller mon examen par webcam interposée (qui a pris contact avec moi, donc j’ai pû mettre un nom sur la personne):

  1. Prise de contact 1/2 h avant le début de l’épreuve: webcam, pièces d’identité, (kawa pour moi);
  2. Ensuite, l’épreuve en elle même sous surveillance par webcam interposée;
  3. Enfin, (uniquement pour moi) restaurant avec Madame quel que soit le résultat de l’épreuve: je ne sais pas à ce stade si on peut obtenir le score de suite, mais je suppose que oui?;
  4. Enfin (bis), si très bon score je vais aller sur tous les réseaux sociaux de la terre et fanfaronner comme pas possible 😃;

Pour conclure sur ce retour d’expérience, je dirai qu’Opquast m’a réconcilié avec le principe des certifications et m’a amené en douceur vers de nouvelles connaissances et compétences.

Même si je développe moins et plutôt en “back”, il m’arrive maintenant de poser des questions sur l’accessibilité, l’ergonomie ou l’expérience utilisateur en réunion “produit” chez PrestaShop.

J’ai une vision beaucoup plus large qu’avant sur ce qu’est un projet web, notamment l’ “avant” (il faut déjà que des visiteurs viennent) et l’ “après” (est-ce que l’expérience utilisateur a été bonne, même après qu’il ai quitté le site?).

J’ai de gros projets à terminer, mais je compte bien utiliser ces nouvelles connaissances et appliquer cette démarche qualité pour améliorer le CMS PrestaShop: un pas après l’autre comme on dit.

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