
“Ce qui est sûr, c’est que maintenant elle va rouler moins bien !” nous dirait en souriant Bourvil à la vue de l’image qui illustre cet article 😉. Oui évidemment dans cet état-là, il n’y a plus grand chose à faire, c’est trop tard. Pour notre corps, en revanche, on peut encore faire quelque chose : le protéger du stress oxydatif.
Mais au fait, c’est quoi le stress oxydatif ?
La fabrique d’énergie
Chaque cellule de notre corps, comme tout ce qui est vivant, a besoin d’énergie pour fonctionner. Ça tombe bien puisqu’elle dispose, en interne, de sa propre usine de fabrication connue sous le nom de mitochondrie.
La mitochondrie est comme une centrale nucléaire, elle fabrique l’ATP, le carburant de la cellule. Mais elle produit aussi des déchets appelés les radicaux libres. C’est là tout le paradoxe de l’oxygène : vital à la vie et en même temps néfaste pour l’organisme.
Les radicaux libres sont des composés instables (ses électrons sont en nombres impairs) qui dénaturent les protéines, les lipides et même l’ADN des cellules.
Pour illustrer cela, imaginez que vous êtes en train de jouer aux cartes avec des ami(e)s. Chacun d’entre vous à 6 cartes, sauf un qui n’en a que 5. Pour rééquilibrer cette injustice, il va piocher une carte dans le jeu d’un autre joueur, qui, à son tour, se retrouvera avec seulement 5 cartes. Ce dernier, pour corriger la situation, va aller chercher ce qui lui manque chez son voisin de table, et ainsi de suite.
Cet exemple, bien que simpliste, résume assez bien la situation. La fabrication d’ATP produit des composés dangereux qui doivent être évacués au plus vite au risque de perturber le bon fonctionnement du corps. Toutefois, ce phénomène est normal et se produit à chaque instant dans notre corps (sans que l’on s’en rende compte !).
Les déchets
Les radicaux libres ne proviennent pas seulement de la fabrication d’ATP par la cellule. Ils sont produits lors de certaines situations familières : la respiration, le tabagisme, les infections, les inflammations, le stress, l’exposition solaire, l’exposition aux polluants, l’apport alimentaire excessif, etc.
Le tabagisme, par exemple, est responsable de la production d’énormes quantités de radicaux libres. Il y en a plus de 1 000 par bouffée de cigarette. L’inflammation chronique de la muqueuse respiratoire génère aussi une surproduction de radicaux libres. Cette accumulation d’oxydation détruit les cellules et favorise l’ensemble des maladies que nous connaissons bien.
Il y a stress oxydatif lorsque le « système de nettoyage » du corps est incapable d’éliminer correctement la production de radicaux libres. Il est surchargé de travail.
Les effets néfastes sur le cerveau
Notre cerveau est un organe sans lequel nous pourrions vivre. Je n’ai pas peur de le dire, c’est le plus important de tous, mais aussi le plus fragile.
Sa fragilité vient du fait qu’il génère beaucoup de radicaux libre, plus que n’importe quel autre organe. De par sa nature, il est la cible privilégiée de ces composés instables qui se “délectent” de sa matière grasse.
Si rien n’est fait pour les en empêcher, la substance blanche du cerveau - c’est-à-dire les connexions neuronales - va commencer à disparaître. En effet, tout comme nos câbles électriques sont protégés par une gaine isolante, les “câbles” du cerveau sont protégés par la myéline qui est composée de lipides (acide gras). Si elle venait à disparaître, les informations ne se transmettraient plus efficacement dans le système nerveux, c’est le début d’une maladie neurodégénérative.
Comment palier à ce problème ?
Le système de traitement des déchets cellulaires
Chaque jour, nous produisons des kilos de déchets ménagers : emballages, bouteilles plastiques, restes alimentaires, etc. Nous n’avons pas toujours conscience du problème que représente la gestion des déchets ménagers jusqu’à ce que les éboueurs se mettent en grève. C’est alors que nos poubelles gorgées d’ordures diffusant leur doux parfum nauséabond nous rappellent l’importance de ce service.

La gestion des déchets cellulaires (radicaux libres) est également un problème lorsque le système de traitement est en surcharge.
Ce système de traitement des radicaux libres utilise les antioxydants pour les éliminer. Il s’agit de molécules qui empêchent ou diminuent l’oxydation d’autres éléments chimiques, un peu comme de la peinture antirouille le ferait.
Si vous laissez un morceau de fer à l’air libre, il va très certainement rouiller. Par contre, en le traitant avec un produit antirouille, il pourra rester à l’air libre plus longtemps avant de commencer à s’oxyder. Et bien, pour le corps, c’est un peu la même chose, il faut le traiter avec de “l’antirouille”. Mais inutile de manger de la peinture, une alimentation riche et équilibrée fournit tout ce dont vous avons besoin.
Les antioxydants, l’antirouille naturel
Les principaux antioxydants sont les vitamines A, C et E, les caroténoïdes et les polyphénols. Ils luttent contre les effets néfastes des radicaux libres et les éliminent du corps. Vu l’impressionnante quantité de radicaux libres que produit le mode de vie moderne, il est nécessaire de fournir à notre corps une nourriture de qualité, pourvoyeuse en antioxydants.
C’est pourquoi, il faut manger des fruits et légumes frais, et de préférence de saison, chaque jour. Boire du thé vert, rajouter des épices dans les plats et prendre un verre de vin rouge par jour sont autant de bonnes choses à faire pour lutter contre le stress oxydatif.
Les antioxydants dans notre alimentation
Les aliments riches en vitamine A : fromage, viande et abats, poissons gras et les œufs.
Les aliments riches en vitamine C : goyave, poivron jaune, cassis, persil frais, kiwi, litchi, brocoli…
Les aliments riches en vitamine E : huile de colza, noix, noisettes, avocat, abricot sec.
Les aliments riches en caroténoïdes : fruits et légumes verts, jaunes et oranges.
Les aliments riches en polyphénols : fraise, raisin, abricot, pomme, cœur d’artichaut, choux de Bruxelles, échalote, brocoli…

Jamais l’adage Que l’alimentation soit notre première médecine, pourvu qu’elle soit équilibrée et variée, n’a été aussi vrai, vu les carences observables dans la plupart des bilans sanguins.
Mais il n’y a pas que l’alimentation qui aide à lutter contre les radicaux libres, certains gestes sont aussi bénéfiques, comme arrêter de fumer, faire un peu d’exercice chaque jour ou encore se relaxer quotidiennement pendant minimum 15 minutes.
Alors si vous ne voulez pas finir comme cette voiture toute rouillée, vous savez ce qui vous reste à faire !
