Hymne aux trucs chiants

Ça fait maintenant trois semaines que je traine un mal de dent. J’ai décidé de choisir le déni comme forme de traitement pendant un bon deux semaines. Ça me semblait très adapté, d’ignorer ma dent. Si je ne la vois pas, elle n’existe pas. Or, c’est une dent de sagesse qui pousse. Bien oui toi! Une dent de sagesse! À 30 ans! J’ai fini par avoir assez mal pour me rendre chez Docteur Google. Le gars qui est sur les internets 24 heures sur 24 et qui, chaque fois que je le consulte, me dit que je vais définitivement mourir. Bref, Dr. Google, il m’a dit que les dents de sagesse pouvaient pousser jusqu’à soixante-douze ans. Non, mais c’est correct! C’est tellement logique d’avoir encore ces dents là, au cas où je voudrais mastiquer une marmotte crue. Et si jamais, au grand jamais, il me prenait l’envie de manger ma marmotte crue à soixante ans, c’est correct! Le corps y a pensé! Je suis entièrement backée! Mes dents de sagesse peuvent encore pousser.
Voyons donc corps humain! Tu réussis à me faire ovuler un ovaire à la fois, chaque mois, en envoyant le même messager chimique, mais oupelaye! On ne s’enfargera pas dans les fleurs du tapis! On va garder ça les dents de sagesse! Au cas où tu aies envie de te taper un tartare pas encore tout à fait décédé.
La semaine dernière je me suis rendue chez le dentiste. D’accord, je l’avoue, Jean-Sébastien m’a pris un rendez-vous et je n’ai eu aucun mot à dire dans la prise de décision. Parce que dans ces situations-là, j’ai l’équivalent de trois ans d’âge mental. Le déni, vous vous rappelez? Mais Jean-Sébastien, lui, c’est un conseiller financier. Il ne fait pas ça du déni. Il regarde la situation froidement dans sa loupe de rationalité cruelle et il me prend des rendez-vous chez tous les trucs désagréables de la planète. Médecin… Dentiste… Tous les trucs qui font « ddddzzzzz », mais qui ne sont pas une machine à tatouer.
Bref… je me suis donc rendue à mon rendez-vous. J’y ai rencontré l’hygiéniste dentaire la plus sympathique de la terre. C’est le genre de personnalité que tu vois à Un souper presque parfait et que même si elle sert un plat brûlé, tu te dis « Ah come on gang! Donnez-lui un 9! ». Mon rendez-vous a donc, quand même, bien été. Jusqu’au moment où la dentiste est arrivée et m’a dit qu’on allait devoir m’envoyer voir un maxillo-facial qui m’ouvrirait la bouche pour la découper en morceaux. Un genre de Dexter de la dentisterie. Mon cerveau a décidé, à ce moment-là, de retourner un peu dans le déni… mais ma dent, elle, a trouvé que c’était un super moment pour me donner de la fièvre et une infection me rendant le contour de la gencive violet. Ne vous détrompez pas, j’aime bien le violet. Mais pas dans ma bouche. Là je ne peux plus « déni-yer » (c’est un nouveau verbe). Je tombe donc dans mon dernier retranchement. La haine.
Voici donc mon hymne aux trucs chiants. Par définition, un hymne est un chant, poème lyrique à la gloire d’un personnage, d’une grande idée ou d’un grand sentiment. À vous de choisir comment vous le voyez, je ne suis quand même pas une dictatrice de l’hymne.
Ça commence par : Ah! Comme la neige a neigé! (Ok, ce bout-là n’est pas de moi). Je n’aime pas la neige. À part sur les cartes de Noël ou la veille du 24 décembre. Premièrement, c’est froid. Déjà là, je pense avoir gagné mon argumentaire. Outre ça, je suis de mauvaise foi sur le sujet. Ça ne donne rien d’en parler davantage.
Mon chien qui vieillit. J’ai le chien saucisse le plus adorable du monde. C’est un personnage. Les gens veulent tous mon chien saucisse. C’est le George Clooney du monde de la saucisse, avec sa petite barbiche blanchie par l’âge et sa belle allure d’athlète. Parce que, mon teckel, il est l’inverse des saucisses Toulouse, c’est plutôt une merguez, ce n’est pas très gros une merguez. Donc c’est non vieillir. J’ai le syndrome de Peter Pan version saucisse.
Sinon… bien… manquer de vin. Ou de café !!! J’aime mieux arrêter d’en parler maintenant, ça me rend anxieuse.
J’ai pas mal fini je pense. Le reste, ça se gère. Sauf ma dent! Je vous ai parlé de ma dent? #déni

