Other rules

Mars 2017

Il y a quelques semaines je me rendais au concert de Frank Carter and the rattlesnakes. Les billets en poche depuis le mois de décembre j’avais hâte. Hâte de ressentir l’énergie puissante de leur musique. Hâte de voir Frank Carter porté par la foule, le voir bondir sur scène. Hâte de l’écouter raconter toutes ces histoires qui parlent de son histoire. 
Je n’ai pas été déçue.
 
Dès les premières notes la foule s’ouvre laissant le champ libre aux pogoteurs. Certains d’entre eux montant sur scène pour plonger et se laisser porter par le public (slamer). Le groupe continue d’enchaîner les titres, animé par une certaine furie. Tous les ingrédients sont réunis pour galvaniser la salle, l’ambiance est électrique.
 
Le concert est déjà bien entamé quand Frank Carter s’accorde un break pour parler d’un nouveau morceau qu’il vient d’écrire, Other Rules. Une chanson importante pour lui qui parle des filles dans les concerts. Des filles qui ne s’autorisent pas à slamer par peur (légitime)d’être tripotées par certains hommes dans la foule : «mais aujourd’hui les choses doivent changer ! ». Il invite donc toutes celles qui le souhaitent à slamer en appelant le public — majoritairement composé d’hommes — de leur accorder le respect qui leur est dû : « non pas parce qu’elles pourraient être vos mères, vos sœurs ou vos compagnes, mais simplement parce qu’elles sont vos égales ».
 
Il poursuit en s’excusant auprès des femmes de l’assemblée de ne pas avoir diffusé ce message il y a déjà 15 ans. Que si tel avait été le cas les concerts seraient certainement des endroits sûrs pour nous toutes aujourd’hui. Qu’il ne conçoit pas que sa fille puisse un jour s’interdire de slamer dans un concert alors que la scène est un élément central de son existence à lui. 
 
Sous les applaudissements unanimes du public le groupe démarre « Other Rules ». Les filles envahissent la scène par dizaine. Elles dansent, chantent avant de s’autoriser le grand saut. L’ambiance est survoltée et tout le monde a le sourire aux lèvres.

We are so grateful, thank you mister Carter !