Une première génération éco-citoyenne ?

En 1995, avait lieu la première COP, événement annuel d’ampleur planétaire, réunissant les principaux chefs d’État autour de la lutte contre les changements climatiques. À cette même époque, notre génération voyait le jour.

Depuis lors, l’humanité a vu grandir un nouvel ennemi : quand les scientifiques ont découvert qu’il y avait un problème à échelle mondiale nommé « réchauffement climatique », tout le monde se devait d’affronter les gaz à effets de serre pour sauver le monde. Et vous n’avez pas pu passer à côté : l’écologie a bercé notre enfance. Nous avons été noyés sous le développement durable et la fonte des glaces. Coupable dès la naissance, nous avons tenté de changer nos habitudes sans bien comprendre quel était notre vice.

Mince alors. On n’a pas pu se laisser vivre tranquillement, polluer et tout gâcher, comme nos parents, sans se sentir culpabilisé. Un foisonnement d’émissions, d’articles et de bouquins ont eu pour ambition de nous dire ce qu’il fallait faire pour sauver la planète ! Tout ça a eu vite fait de nous irriter, nous les consommateurs de masse qui voulions continuer à consommer en masse tranquillement. À force, le bio par-ci, le tri par là : on n’y voit plus très clair.

Enfin, c’est bien beau d’en parler, mais après tout, le réchauffement, on ne le voit pas concrètement. Le monde est atteint d’une fièvre écologique, une schizophrénie qui nous vend un monde qui chauffe sous couvert d’être propre. Beaucoup ont pu dire que ce phénomène était devenu une mode. Les uns ont tenté de le dédramatiser, d’autres en ont fait un argument marketing. Il y a eu des débats, des gens importants se sont affrontés à la télé et de nombreux produits se sont vu teints en vert pour entrer dans notre caddie.

C’est vrai, vu comme ça c’est chiant l’écologie.

Pourtant il s’agit de protéger notre droit le plus fondamental : celui de jouir d’un environnement sain et de mettre en place un équilibre sur le long terme qui réponde aux besoins du présent sans compromettre ceux des générations futures. Il s’agit de préserver la vie humaine et les écosystèmes, car l’un et l’autre sont intimement liés.

Et si on avait tort de trouver ça chiant ? Et si, tout n’était qu’une question d’implication ? Et si toute cette histoire n’était pas une lubie, mais la préoccupation clé de notre époque ? Et si notre génération avait un vrai rôle à jouer dans cette histoire ? Et si nous étions à l’aube d’une ère nouvelle ?

Oui, nous pouvons être les ambassadeurs de cette ère nouvelle. Nous qui avons conscience d’appartenir à un environnement garant de notre existence. Nous qui avons conscience d’avoir les moyens d’assurer un développement durable par des actions quotidiennes simples. Nous qui souhaitons défendre cette idée auprès des autorités. Nous qui connaissons de nos droits et nos devoirs vis à vis de notre territoire. Nous qui avons conscience du monde que nous laisserons à nos enfants. Cette prise de conscience nous demande de reconsidérer notre rapport au monde et à l’histoire des êtres qui le peuplent. C’est chaque jour que s’écrit cette histoire. Devenons la première génération éco-citoyenne.

Oui, nous n’avons aucune raison de culpabiliser : nous ne sommes pas la cause de ce qui arrive, mais nous sommes la solution. Il s’agit à présent de regarder l’avenir avec espoir, nous qui avons vu naitre l’économie du partage, la culture accessible à tous, et qui grâce à internet sommes de plus en plus reliés. Nous qui pouvons penser à l’unisson. La transition ne se fera pas d’un coup, sachons-le, mais nous allons amorcer ce virage important. Sachons juste une chose : occupons-nous en, chacun, à notre échelle.