Les marques

Je n’aime pas mon corps mais j’aime la façon dont il raconte les choses.

La trace d’un baiser un peu trop fougueux au creux de mon cou.

Le petit bleu sur ma clavicule où son avant-bras s’est appuyé trop fort.

Les sillons des cordes sur mes cuisses.

J’ai même une certaine tendresse, parfois, pour les cicatrices sur ma poitrine, la peau d’orange de mes fesses, les zébrures blanches qui relient mon ventre mou à mes jambes.

Ma peau est comme moi, trop sensible, elle prend et garde tout, les morsures et les hématomes. Elle frissonne sous les mains des autres, c’est une zone érogène sans frontières.

La façon dont ma peau réagit me semble bien trop intime pour être publique. Je n’aime pas les gens tactiles, surtout lorsque je ne les connait pas et que nous n’avons jamais rien partagé.

Pourtant parfois les souvenirs m’habitent, mon corps se tend sans le vouloir vers une personne si elle connait déjà ma peau, un désir purement charnel de le sentir de nouveau contre moi, juste comme ça, parce que c’est bon de retrouver cette sensation.

C’est un besoin pressant et extrêmement frustrant, quand il ne peut pas être réalisé, quand il ne reste que la réminiscence d’un corps, d’un poids, d’un souffle, d’un regard.

Là ma tête prend le relais et il me semble y être, mes yeux se ferment, mon cou est offert, mes reins se cambrent et un frisson remonte le long de mon dos, jusqu’à ma nuque qui bascule.

On fait avec ce que l’on a, et lorsque je ne t’ai pas, il me reste ça.

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