No title

Je n’en parle pas souvent ou alors sous la forme d’une anecdote. Si je n’y accorde pas d’importance, alors ça n’en a pas. C’est mon mantra depuis des années, mes œillères personnelles que j’ai préféré poser, assez rapidement, en espérant que cela suffira.

Aujourd’hui je sens quand ça arrive, je ne sais toujours pas d’où ça vient, je ne sais pas si ça refait surface ou si ça s’abat sur moi, si ça m’étouffe par les côtés ou si ça surgit de derrière mon dos, je ne sais pas où c’est caché quand ce n’est pas là. Mais je deviens de plus en plus rapide et forte, à contrer quand ça apparaît, je sais ce que je dois faire, créer les bonnes conditions.

Parfois je laisse venir, parfois je n’ai pas la force, pas envie de me débattre, je ne sais pas pourquoi. Mais j’agis avant qu’il ne soit trop tard, je ne veux pas que ça revienne, c’est trop dur de s’en dépêtrer après, c’est une masse gluante, un marais nauséabond, un carcan de coton qui m’empêche d’entendre et de voir, qui m’enferme et me rend catatonique, claustrophobe dans mon propre corps et incapable du moindre mouvement, une paralysie dans un sommeil comateux, pleine d’hallucinations auxquelles je ne peux pas échapper.

J’espère que j’arriverai toujours à me battre, qu’il n’y aura plus de faille assez grande pour que ça me remplisse et m’englue, je sais à peu près quoi faire mais je ne contrôle pas tout. J’espère que j’y arriverai toute seule, même si j’ai parfois envie, et le sentiment d’avoir besoin d’en parler à quelqu’un, un vrai quelqu’un qui saura me dire ce que j’ai besoin d’entendre pour trouver de la force, quelqu’un qui pourra éventuellement me donner ce qu’il faut pour que mon mantra se mette en mode automatique et que mes œillères rentrent à l’intérieur et me protègent mieux.

Si ça devait arriver à nouveau j’irai voir un quelqu’un, parce que je crois que je n’aurai pas la force de m’en extirper seule encore une fois.

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