Aujourd’hui

Début août un garçon m’a demandé ceci : “J’ai une question : j’ai l’impression que genre tu respires et déborde de cul genre non stop. C’est une impression ou c’est genre vraiment toi ?”

J’ai réfléchi mais ça ne m’a pas pris trop de temps.

C’est une partie de moi, une partie qui s’était éteinte au cours de ma dernière relation qui n’avait rien d’épanouissante à ce niveau là.

Le renouveau du célibat, de la chaleur, avoir enfin, pour la première fois de ma vie, envie d’être demain, dans six mois, dans un an, car je sais que ça sera bien, tout ça a permis de rallumer cette flamme en moi, qui n’a rien à voir avec celle qui m’animait au début de la vingtaine.

À cette époque je sortais beaucoup et je rentrais rarement, chez moi en tout cas. Je me faufilais sous n’importe quels draps, pour peu qu’ils soient ouverts. Je m’enfuyais au petit matin, groggy, rarement satisfaite mais pas honteuse non plus, le walk of shame n’était qu’une vue de l’esprit, qu’un mascara qui coule et des pieds douloureux. Je ne me faisais pas d’illusion, ou très rarement.

De ceux là je n’ai que quelques souvenirs flous, des jolis appartements, mais pas de visages ou de prénoms, à quoi bon ?

Ma sexualité m’a servie à passer le temps, à terminer la soirée ailleurs que dans mon lit vide et m’a apporté pas mal d’anecdotes marrantes que je raconte encore aujourd’hui.

Aucun regret, en y repensant. J’ai de la chance.

Et puis ça m’est passé.

C’est passé pendant des années, des années de couples, plusieurs histoires. Aujourd’hui je regrette le temps et l’énergie que j’ai perdu pour les faire tenir debout, parfois à bout de bras jusqu’à m’oublier totalement.

Dans la majorité des cas, il ne reste que les mauvais souvenirs, ceux qui n’ont pas le temps d’apparaitre en une nuit. Rien de trop grave, là aussi j’ai eu beaucoup de chance. Seulement un sentiment de vacuité et du temps que je ne récupérerai jamais. Aucune douce nostalgie de ces histoires là.

Aujourd’hui je n’ai plus le temps de perdre du temps, j’ai envie de temps pour moi, j’ai envie de partager ce temps-là, d’en faire bénéficier d’autres plus méritants. J’ai envie d’offrir mon corps et mes caresses, de m’enrouler autour d’autres corps, d’être source de plaisir et de douceur.

J’ai aussi envie de recevoir bien sûr, l’un ne devrait pas aller sans l’autre, mais cette idée me provoque une joie toute particulière, un sentiment viscéralement bon, une extase sereine, une satisfaction complètement désintéressée.

Et c’est à des années lumières de ce qui m’animait jeune fille, la fierté de faire bander, jouir. Oh, c’est toujours agréable ! mais aujourd’hui je veux être aussi bienveillante envers les autres que je le suis envers moi, du moins c’est ce vers quoi je tends, car c’en est assez.

Alors peut-être que cela transparaît trop dans mon attitude, peut-être que j’en rajoute un peu pour arriver à mes fins, mais le fond est sincère, plus qu’il ne l’a jamais été.

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