Digital Advertising Summit

Vendredi dernier se clôturait à Casablanca l’African Digital Summit, une rencontre intéressante à plus d’un titre où il a été question de faire le point sur le digital au Maroc et rencontrer les professionnels du domaine. Cet évènement m’a tout de même laissé perplexe sur la signification même du digital et la place qu’occupe ce secteur dans notre économie.


J’ai intégré il y a dix années un secteur que l’on hésitait à appeler: IT, Web, informatique… Puis que l’on a appelé “digital” depuis l’avénement du mobile.

Au Maroc, le mot digital est de plus en plus synonyme de communication digitale. Ainsi, au sommet de cette pyramide nous trouvons des annonceurs qui sont des donneurs d’ordre puis des agences de communication dites “big players” qui établissent des stratégies et enfin des agences digitales et des freelances qui sont la force de travail.

Le secteur du digital au Maroc est orchestré par des publicitaires à l’image d’Octave Parango — personnage du roman 99F de Frédéric Beigbeder — qui redoublent de créativité pour écouler plus de yaourts, plus de crédits à la consommation et plus de shampoings.

J’ai pour ma part fermé mon agence digitale quand j’ai compris que je travaillais dans la communication et non plus dans la technologie et l’innovation. Développer mon agence de communication ne fait pas partie de mon plan de carrière.

Une agence digitale est une agence de communication et l’inverse est vrai. Les nouvelles technologies ont apporté des nouveaux canaux mais les cœurs de métiers sont les mêmes, les clients font appel à des agences pour communiquer tout en faisant abstraction de ce qui est digital et ce qui ne l’est pas.

Le coeur de métier d’une agence de communication digitale est donc la communication de la même manière que le cœur de métier d’une boutique e-commerce est le commerce et pour le e-journalisme, le journalisme. Forget about the “e-”.

La communication digitale ne relève pas du secteur de la technologie et de l’innovation, un secteur qui peine à démarrer au Maroc malgré une avancée qui a eu lieu dans les années 2000 grâce à une présence d’infrastructures, de ressources qualifiées et une concurrence internationale faible et non encore structurée.

Les ressources techniques et créatives qui travaillent dans le secteur de la publicité, faute d’une présence de “big players” technologiques, ne créent pas de valeur ajoutée ni d’impact dans leur société à la hauteur de leur réel potentiel.

À se demander s’il est encore temps de créer des “big players” technologiques au Maroc au vu du retard qu’accuse le pays dans ce secteur où pourtant tout est disponible sauf les financements et une veille des hauts lieux.

En attendant, les technologistes et créatifs conçoivent des applications éphémères pour les publicitaires et se contentent de jobs alimentaires, alors que sous d’autres cieux ils sont les vecteurs d’un changement de leur société à travers des startups innovantes qui améliorent le quotidien de leurs concitoyens.

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