photo : les films Séville

Critique : Nelly

Ce texte a été co-écrit avec Jasmine Leblond-Chartrand.

Je ne suis pas la meilleure personne pour critiquer le film Nelly, n’étant pas familier avec l’Oeuvre ou la personnalité de Nelly Arcan (je n’ai lu aucun de ses livres). Toutefois, quelque chose que j’ai compris après avoir discuter du film avec une de mes amies qui en est fan c’est que Nelly ne raconte pas vraiment le vie de d’Isabelle Fortier mais bien la vie de son personnage.

Elle m’explique le concept d’autofiction en littérature, genre utilisé par Nelly Arcan dans ses oeuvres, genre où l’auteure brouille adroitement la relation entre sa vie personnelle et sa vie fictive, et là repose la force de son corpus : le réel se mélange au fictif et la quête de véracité intrigue les lecteurs. Nelly reprend ce concept au grand écran et ne prétend pas raconter la vie de l’auteure, Isabelle Fortier, mais celle du personnage qu’elle a construit, inspiré de sa vie. Après tout, le dernier livre publié par Arcan dans le film a été renommer Nelly (elle n’a pas réellement publié de livre s’intitulant ainsi), miroitant ainsi le titre du film et faisant comprendre aux spectateurs qu’il s’agit d’un hommage à ce personnage perdu entre les livres et le vécu.

Le film d’Anne Émond n’est donc pas un biopic ordinaire et il est faux de le comprendre ainsi. Alors que les films biographiques se concentrent habituellement sur la vie d’une personne bien réelle, Nelly s’écarte de l’auteure pour nous présenter cette idée d’elle-même qu’elle nous offre dans ses livres, parsemé de vérités et de mensonges. La narration à la temporalité décousue reflète habillement ce constant va et vient entre le vrai et le faux, le spectateur se perd entre ces vies et ces personnalités, tout comme Nelly Arcan a fini par se perdre entre sa réalité et ce qu’elle écrivait.

A-