Dunkirk, tout est dans le format.

Pour certains, le dernier film de Nolan est son meilleur. Maintenant la tête reposée, quelques jours après avoir vu l’impressionnant Dunkirk en IMAX, je n’ose pas abonder dans le même sens. Un film de guerre pas comme les autres, et heureusement, puisque le film ne parvient pas tout à fait à nous y immerger autant que le réalisateur l’espérait peut-être.

L’expérience Dunkirk réside essentiellement dans son format. Dur de ne pas impressionner lorsqu’on projette en 70mm IMAX. L’image est monumentale et contribue à elle seule en grande partie au caractère immersif du film. Sa beauté est multipliée et l’effort investi dans sa composition ne peut qu’en être plus appréciée. Je suis d’avis que Dunkirk est une des œuvres les plus visuellement plaisantes que nous ait offerts Nolan. Si vous voulez voir le film, voyez-le en IMAX. Aller à une projection régulière c’est couper son expérience en deux, ou en trois. Parce que le visuel, c’est bien ce qu’il y a de meilleur dans Dunkirk.

En deuxième il y a la tension. La trame narrative est minimale, l’attachement aux personnages aussi. Il n’y a pas vraiment “d’histoire” et ce n’est pas un défaut. En fait, on peut avancer que le personnage principal c’est le contexte, le lieu, et c’est ce qui rend Dunkirk intéressant. Les personnages sont accessoires à l’angoisse de la guerre et c’est principalement cette angoisse que Nolan tente de nous faire vivre. Le reste c’est du bruit. Toutefois, bien que cette tension reste palpable pendant la majorité du film, elle perd lentement de son effet plus le film avance et ses principaux instigateurs deviennent redondants.

En effet, même IMAX et une image visuellement époustouflante ne peuvent pas sauver de la redondance. La tension, au départ soutenue, est peu à peu vécue en dents de scies et à chaque retour d’événements angoissants un petit “encore” se fait entendre de plus en plus fort dans ma tête. Un “encore” qui fait sortir du monde auquel nous sommes censés être immergé. Le film, déjà relativement court pour un blockbusters, s’étire et s’enlise un peu dans le sentimentalisme qu’il a pourtant tenté d’éviter.

La trame sonore n’aide pas vraiment non plus à l’immersion dans l’univers de Dunkirk. Du début à la fin le film nous bombarde d’une musique stridente et très marquée. Pas de repos pour les oreilles, c’est comme si le son est utilisé pour compenser au manque de tension que l’histoire et le visuel peinent à fournir à eux seuls. L’angoisse vit très bien dans le silence et dans l’incertitude. De guider aussi grossièrement l’émotion des spectateurs avec de la musique incessante m’apparaît comme une occasion manquée.

Dunkirk est un bon film. Je le recommande, surtout en IMAX, ne serait-ce que pour sa perspective différente sur un thème trop souvent revisité et pour son délice visuel. Le meilleur de Nolan ? Je ne crois pas.

3/5.

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