2012: Rétrospective en parfums…

Avant de vous présenter à tous mes voeux pour 2013, j’ai eu envie de revenir sur l’année passée et ses temps forts parfumés. En effet, cette année le temps m’a manqué pour évoquer tous les parfums qui m’ont séduite ou du moins marquée par leurs qualités. Hormis ceux dont je vous ai déja parlé, qu’il s’agisse de Bijou Romantique, Volutes de Diptyque, ou Lumière Blanche d’Olfactive Studio, nombreux sont ceux que j’ai également appréciés, comme notamment Lys Soleia de Guerlain, une Aqua Allegoria dans l’esprit du regretté Ylang et Vanille. Moins puissante et langoureuse, un peu plus sage et en retenue, cette eau de toilette ramène un peu de soleil, de chaleur et de sensualité dans cette gamme. Très ylang-ylang, riche en salicylates, avec une pointe de verdeur propre à la tubéreuse, cette aqua se pare d’un fond vanillé, qui, conjugué aux fleurs blanches, apporte une touche exotique à la composition.

Toujours dans le registre des fleurs blanches, mais abordé d’une manière bien différente, il y a Une voix noire de Serge Lutens. Sa versatilité sur peau a séduit les plus chanceux comme repoussé d’autres sur lesquels la facette fruitée s’exprimait trop pleinement, mais l’idée de proposer un gardénia qui ne soit pas lascif, mais plutôt tantôt fruité et terreux, avec sa note champignon, sur fond de notes tabacées et liquoreuses, mérite qu’on s’y attarde un instant. Fleurs blanches toujours, Séville à l’aube et sa fleur d’oranger aux accents verts (petit grain) portés par la lavande, réchauffés par un fond plus oriental et encens, ont aussi fait une découverte réjouissante l’été dernier. Plus appropriés à la rentrée, les parfums orientaux autour de la vanille ne sont pas en reste, même si j’aurais aimé voir Vanille Absolument de L’Artisan Parfumeur rester plus longtemps au catalogue. En effet, sa forte concentration en absolu de Vanille doit rendre sa production très coûteuse, pour une fragrance manifestement mal comprise du public. C’est vraiment dommage, puisqu’il était assez unique en son genre et proposait une vanille différente de ce qu’on peut voir sur le marché. D’autres jolies créations autour de cette matière première ont toutefois vu le jour cette année, du Shalimar Ode à la Vanille, à la Vanille de Réminiscence, poudrée, légèrement cuirée, duveteuse, qui réjouira les adeptes de Cuir Béluga. Dans le registre oriental toujours, côté hommes, à souligner le lancement de Noir de Tom Ford, une belle création dans la lignée d’un Jicky ou d’un Habit Rouge, dense, texturé, sexy, qui reinterprète les classiques du genre avec brio. Notes ambrées et patchouli, esquisses de notes cuirées, viennent sublimer un départ aromatique et hespéridé, le tout dans une évolution très compacte. En dépit d’un univers maintes et maintes fois visité, on ne s’ennuie pourtant pas, au contraire on en redemande. Cette année a aussi été celle de l’essor de la “niche” italienne, avec le succès grandissant de la marque Profumum Roma à la Scent Room du Printemps, mais aussi d’une plus petite maison récente, Coquillete. Profumum Roma séduit pour ses compositions extrêmement concentrées, (à la manière d’un extrait de taille géante en quelque sorte), assurant ainsi un sillage et une tenue défiant toute concurrence. Les parfums gourmands sont ceux qui semblent séduire le plus (Acqua Zucchero, Vanitas, ou Batido Dali) bien que pour ma part je trouve plus intéressants Arso, Soavissima ou Ichnusa. A noter parmi les dernières nouveautés, Ambra Aureum, une composition ambrée et baumée autour du benjoin.

Moins connue du public, Coquillete trouvera peut-être son public chez Jovoy, où elle est présentée depuis peu. Cette petite maison issue de l’Italie propose 4 fragrances, au nom de villes liées à l’inspiration olfactive du parfum. Hérat est sans doute le plus marquant, une composition autour de l’hachish afghan, où s’entremêlent encens et notes boisées, (vétiver, cèdre), et fumées (présence de tabac mais aussi aspect fumé du vétiver sans doute). Sumatera propose de redécouvrir le patchouli sous un jour baumé et épicé, (cannelle), étoffé de quelques notes florales blanches, une fragrance qui n’est pas sans m’évoquer vaguement Opium. Avis aux amateurs de floraux solaires et sensuels, Moramanga est une composition plus classique autour d’un suave bouquet de fleurs blanches (jasmin, ylang-ylang, tubéreuse), sur fond vanillé, dans la veine d’un Songes de Goutal par exemple. Quant à Sulmona, il s’agit d’un parfum destiné aux gourmand(e)s, une ôde aux souvenirs de mariage et de dragées, avec son explosion d’amande amère. Enfin et surtout, cette année aura été celle d’une journée à Grasse pour assister à la cueillette de la rose de mai, celle qui est encore utilisée dans l’extrait de Chanel N°5, comme Thierry d’Olfactorum l’a relaté ici. Je pourrais résumer en quelques mots cette aventure, mais je préfère l’évoquer plus longuement dans un prochain billet, car cette expérience en valait le détour. Sur ces souvenirs ensoleillés et printaniers, je vous souhaite à tous une excellente année 2013.


Originally published at mybluehour.blogspot.fr on December 13, 2014.

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