Hammam Bouquet, Penhaligon’s.

Après une période intense d’envoi de cvs à tout va, et une bonne crève qui m’a privée d’odorat affûté pendant presque dix jours, je peux enfin reprendre la plume, pour vous parler d’un parfum que je trouve d’une belle richesse: Hammam Bouquet de Penhaligon’s.

Bon, je n’ai certes toujours pas retrouvé de réel emploi intéressant depuis, mais mon nez, lui, a été séduit par cette rose turque opulente, sur fond ambré et boisé. Premier parfum de la prestigieuse maison anglaise, créé en 1872 en hommage aux bains turcs, Hammam Bouquet se destine d’abord aux hommes, bien qu’aujourd’hui il me semble qu’il puisse être tout à fait mixte.

Avec quelques notes arômatiques, en tête, qui évoquent l’ambiance du barbier, Hammam Bouquet se pare d’entrée de jeu d’une rose turque, aux accents un peu citronnés et acides en tête, bien que fugaces. C’est ensuite une rose opulente et imposante qui se déploie sur peau, généreuse, veloutée, intense, légèrement relevée de notes épicées. Autour de la rose s’articulent des fleurs blanches, plus discrètes, notamment du jasmin, et peut-être un soupçon de fleur d’oranger, qui dotent la fragrance d’une belle densité. Le fond s’achève sur des notes ambrées, (vanille mais peut-être aussi labdanum, apportant une légère touche animale), et boisées, parmi lesquelles dominent le santal, qui vient adoucir la composition. Il me semble également y percevoir un effet mousse de chène, (sans doute plutôt de l’évernyl au vu des restrictions actuelles), aux inflexions à la fois un peu vintages et animales, donnant ainsi de la texture et du corps au parfum. L’effet d’ensemble est à la fois classique, ancien , mais aussi charnel, je pense d’ailleurs qu’à l’origine les notes de fond devaient contenir de la civette, certainement aujourd’hui remplacée par une matière synthétique aux effets approchants. Je ne sais pas si cet Hammam Bouquet est un parfum que je porterais, (la rose, lorsqu’elle est trop présente dans une composition, a tendance à m’envahir), mais je lui trouve un charme aussi bien désuet que profond, propre aux grands parfums anciens qui, s’ils traversent les décennies, gardent une âme particulière, un côté “rétro” mais aussi sensuel, parce la richesse des matières premières les font vivre et vibrer sur peau. (J’imagine bien sûr, que depuis 1872, le parfum a dû être reformulé, mais on y décèle une volonté particulière de maintenir celui-ci dans un effet de tradition).

Originally published at mybluehour.blogspot.fr on December 13, 2014.

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