Parfums Profumum Roma: un peu d’Italie dans nos flacons (en ce pluvieux mois d’août parisien…)

La marque italienne Profumum Roma fait son nid, doucement mais sûrement, dans le paysage de la niche française. C’est pourquoi j’avais envie aujourd’hui de revenir plus en détails sur cette maison, à découvrir (ou redécouvrir) à la Scent Room du Printemps Haussman.

Sa gamme riche en fragrances gourmandes m’avait d’abord fait passer mon chemin sans m’y attarder plus que cela. Néanmoins au fil des mois, j’ai appréhendé la gamme plus attentivement et plus d’une fragrance a retenu mon attention. Comme je l’avais déja écrit ici, Arso est un parfum qui mérite le détour, dans le genre résineux, boisé et cuiré. Comme Poivre Bleu, Suavissima m’a rapidement séduite, avec sa grâce toute féminine, son poudré à souhait, son coeur teinté de fleurs blanches, son fond baumé. Un Teint de Neige de Villoresi qui aurait croisé un N°22 de Chanel en quelque sorte, c’est du moins la vision que j’en ai. Quant à Acqua Di Sale, c’est sans doute l’une des fragrances qui dépeint le mieux l’ambiance solaire d’une promenade en bord de mer.

Parfums hyper concentrés, sillage hors-normes, tenue irréprochable… Des qualités, la marque Profumum Roma n’en manque pas. La gourmandise de certaines de ses fragrances y est abordée d’une manière bien plus réjouissante que le font les jus qui inondent régulièrement les linéaires des parfumeries. Point de patchoufruit, un peu d’éthyl maltol mais sans excès. Ici le gustatif est là pour servir un souvenir, des moments de vie, et se fait le plus souvent assez réaliste dans ses évocations. Ce n’est pas forcément mon registre, mais le travail est joli et nous emmène sur d’autres territoires que les sempiternerls bonbons haribo. Ici c’est l’esprit d’un dessert iconique de l’Italie que l’on retrouve, là une fleur d’oranger délicatement chocolatée… J’adore la vanille mais je la préfère généralement associée aux bois, aux notes poudrées ou liquoreuses, plutôt qu’aux notes sucrées. Pourtant je trouve Dulcis in Fundo jubilatoire et assez craquant dans son style. Hymne à ce dessert emblématique de l’Italie, ce parfum s’articule autour d’un axe assez simple: une envolée hespéridée (mandarine, citron) sur un fond très vanillé. Il me semble également y déceler du néroli, tout comme la vanille a probablement été poussée dans ses atours gourmands par la vaniline, l’éthylvaniline, voire une touche légère d’éthylmaltol. Pour autant je trouve ce parfum bien moins cheap ou écoeurant que nombre de sucreries que l’on trouve sur le marché. Peut-être parce qu’il évoque une vraie pâtisserie, jusque dans sa texture, à tel point qu’on la sensation très réaliste de sentir un gâteau qui sort du four, avec tantôt l’image d’une madeleine citronnée, ou d’une vanille légèrement brûlée et caramélisée. Loin des bonbons et autres arômes alimentaires dont s’inspire la parfumerie mainstream. Si je devais m’aventurer sur le terrain régressif d’une gourmandise totalement assumée, c’est sans doute l’un de ceux que je choisirais.

La collection de Profumum Roma s’est dernièrement enrichie d’une nouveauté, Sorriso, qui fait elle aussi la part belle aux notes gourmandes: orange amère et chocolat s’enveloppent ici d’une facette un peu liquoreuse et amandée. Il serait toutefois dommage de réduire cette gamme aux tonalités sucrées: les bois, les notes arômatiques, la figue ou les bouquets floraux sont autant de territoires qu’a également exploré la marque au cours de ces dernières années.

Originally published at mybluehour.blogspot.fr on December 13, 2014.

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