Myrillion : la start-up qui mettra fin aux polémiques Spotify.

Si vous utilisez Spotify, Deezer ou iTunes, vous avez sûrement entendu parler des polémiques régulièrement soulevées par les artistes qui figurent au catalogue. Coldplay, Adele, Metallica… ils sont des centaines à taper régulièrement du poing sur la table en pointant le manque de contrôle sur la diffusion de leurs oeuvres, l’absence de transparence sur les revenus et sur la façon dont ils sont distribués. Certains, comme Radiohead ou Taylor Swift, ont même fait retirer leurs titres de ces plateformes à une époque, estimant leur rémunération dérisoire : 1 dollar pour 1000 streams. “Deux chiffres : zéro et deux milliards”, leur avait répondu le PDG de Spotify. “Le piratage ne paie pas un centime aux artistes. Rien, nada. Spotify a payé plus de deux milliards de dollars aux labels, éditeurs et sociétés de gestion collective pour qu’elles les distribuent aux auteurs et aux artistes-interprètes”. Où passe donc l’argent ?

Les circuits de rémunération sont si labyrinthiques que les revenus générés par ces plateformes, pourtant censées simplifier la transaction et alléger les coûts, sont inférieurs à la vente de disques : le site Information is Beautiful révélait en 2015 que lorsqu’un artiste vendait un CD il touchait 12$ dessus, et lorsqu’il vendait son album sur iTunes il ne touchait que 5,99$. Comme si la dématérialisation avait finalement augmenté les prix et compliqué la vente. Le même problème se pose en fait pour tout le marché de l’entertainment numérique : films, spectacles, évènements sportifs, etc. Vu le développement du marché en question et l’enjeu financier colossal qu’il représente (2 140 milliards de dollars d’ici 2020, d’après les estimations de Statista), il était urgent de trouver une solution.

La blockchain appliquée à l’industrie de l’entertainment

C’est en se lançant en 2016 dans son projet d’application de musique live, MUUP, que Yann Dib, le PDG de Myrillion, a pris toute la mesure de la difficulté pour les plateformes. “Nous avons fait le calcul et pour nous acquitter correctement de tous les droits de diffusion, de captation, de stream etc. nous devions reverser 180% de notre chiffre d’affaire”, estime-t-il. Une aberration. La multiplication des copyrights, des intermédiaires et des organismes collecteurs de droits transformait la moindre tentative de diffusion en usine à gaz. Il faut pourtant s’acquitter de ces droits pour que les artistes puissent vivre de leur art et continuer à produire. Yann Dib, jeune entrepreneur tech issu du monde de la sécurité, a alors eu l’idée d’utiliser la technologie Blockchain pour simplifier la distribution des futurs revenus de MUUP.

Petit rappel pour les non-initiés. Le principe de la blockchain est simple : c’est un processus de partage, diffusion et validation d’une donnée qui passe par le P2P (peer to peer, ou pair à pair). Cette donnée, qu’il s’agisse d’une information, d’une data ou du montant d’une somme d’argent, est donc dupliquée des millions de fois, sur des millions d’ordinateurs différents. Ce qui rend quasiment impossible toute falsification. Exemple : lorsque vous déposez de l’argent liquide à la banque, seul la personne au guichet à ce moment là détient l’information, donc la preuve. Si vous passez par une blockchain, l’info est démultipliée et la preuve se trouve virtuellement chez des millions d’utilisateurs. Pour faire disparaître l’argent, il faudrait modifier non pas une seule donnée (votre reçu) mais des millions de données à la même micro-seconde. Théoriquement irréalisable.

Faciliter la vie des plateformes, des artistes, et du public

L’autre intérêt c’est que ce partage d’infos est automatique : l’erreur humaine n’y a pas sa place. Appliqué à la vente de contenus en ligne, la blockchain permet donc un gain de temps considérable et simplifie énormément la gestion. Devant l’engouement des organisateurs d’événements musicaux à qui il en a parlé, Yann Dib a décidé de généraliser la blockchain de MUUP pour la partager avec tous les acteurs du marché. C’est ainsi qu’est né Myrillion, qui sera officiellement lancé le 10 décembre. “On a rapidement compris que notre solution intéressait beaucoup de monde”, souligne Yann Dib. “La distribution des droits est aussi un casse-tête dans les évènements sportifs par exemple, lorsqu’il faut payer les Ligues, les images et les joueurs. Pareil pour les projections de films, etc”. Le jeune chef d’entreprise a conçu sa blockchain pour les cinq secteurs majeurs de l’entertainment : musique, sports, cinéma, arts et tourisme.

Que vous soyez dirigeant d’un service de conciergerie, abonné à un site de streaming ou fan de l’Olympique Lyonnais, que vous souhaitiez lancer un crowdfunding pour votre prochaine mise en scène de théâtre indé ou faire un don aux Restos du coeur et savoir où exactement est passé votre argent, que vous ayez envie de soutenir financièrement votre prochain favori dans The Voice et lui permettre de réaliser son disque, Myrillion vous offre tout un éventail de fonctionnalités et de solutions sécurisées pour savoir où est passé quoi. Il ne vous reste plus qu’à entrer.

Cette start-up n’est pas un nouveau Spotify ou Netflix : elle ne cherche pas à concurrencer des plateformes déjà existantes. C’est un facilitateur, un hub qui met en contact de façon sécurisée et automatique les acteurs de l’entertainment : utilisateurs, distributeurs, collecteurs de droits et producteurs de contenu. Sa blockchain, qui pour plus d’efficacité sera adossé à une cryptomonnaie, le MYL, opèrera automatiquement la redistribution de revenus. De façon transparente, immédiate, et traçable. L’argent passera directement de l’utilisateur aux acteurs : instantanément partagé entre l’artiste, les distributeurs, les producteurs et tous les organismes concernés. Pour le public, c’est tout l’entertainment à portée de tokens. Pour les plateformes et les artistes, la polémique sera bientôt de l’histoire ancienne.