Nassira El Moaddem
Feb 16 · 13 min read

En décembre 2017, j’ai décidé de parler publiquement du canular téléphonique dont j’avais été victime cinq ans plus tôt lors de ma dernière année à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille en nommant les auteurs de ces agissements, parmi eux les journalistes Martin Weill et Hugo Clément. Trois étudiants de ma promotion, de mon groupe de télévision, qui à deux reprises se sont faits passer au téléphone pour les ressources humaines de Radio France me faisant miroiter un recrutement et propageant des rumeurs à mon encontre au sein de l’école : je cherchais à voler la place d’autres étudiants dans des médias, je mentais sur mon CV, j’étais ambitieuse au point de vouloir écraser les autres. A l’époque, j’étais enceinte de mon premier enfant. Je ne l’avais pas dit car je connaissais la toxicité de ces étudiants et savaient qu’ils s’en serviraient contre moi dans mon début de carrière professionnelle. Ils avaient déjà commencé à tisser leur réseau. A l’époque, j’avais déposé une main courante dans un commissariat du 9ème arrondissement de Paris car je n’avais aucune confiance et pensais qu’ils pouvaient aller encore plus loin. Durant la scolarité, ces mêmes étudiants “s’amusaient” également à diffuser sur les ordinateurs de l’école le clip “La Zoubida” avant nos cours de télévision (j’étais la seule étudiante d’origine arabe dans le groupe) et l’un d’entre eux, délégué des élèves de notre promotion, prenait un plaisir à me surnommer “Saddam”. Voilà pour l’ambiance.

Quiconque a eu à subir ce type d’agissements sait qu’on ne raconte jamais ce genre de choses à la légère. Nous, journalistes, avons plutôt pour mission de parler de la vie des gens et on ne met pas la lumière sur nous, surtout pour ce genre d’affaires, par plaisir. Je l’ai fait avec responsabilité car j’avais pleinement conscience que ce que j’allais raconter parlerait à un grand nombre d’étudiants, actuels ou anciens, aux consoeurs journalistes mais aussi à d’autres femmes, qui souvent, dans leur milieu professionnel, ont eu aussi à subir ce type de comportements voire des bien plus graves. J’avais malheureusement trop raison. Depuis décembre 2017 et à l’aune des révélations autour de la “Ligue du lol”, j’ai reçu plus d’une vingtaine de témoignages allant dans ce sens.

J’ignorais tout de cette Ligue du Lol. Je ne connaissais pas son existence. J’ai évidemment été choquée par la violence des mots, des photomontages, des agressions que les victimes ont subi. Après l’effet de sidération, il y a une forme de sentiment de trahison car je suivais sur Twitter certains auteurs des agissements, qui ont reconnu les faits, ou parce qu’ayant croisé la route du créateur du groupe. Vincent Glad a été un de nos intervenants “web” lors de nos études à l’ESJ Lille, lui-même ancien étudiant de l’école. Mais, j’ai surtout une profonde admiration pour ces femmes, confinées au silence et souvent à la précarité qui ont eu le courage de dénoncer leurs harceleurs après toutes ces années tandis que beaucoup d’entre eux avaient depuis gravi les échelons de leur carrière professionnelle et profité des largesses du système de domination qu’ils avaient si bien entretenu…

Sexisme, racisme et techniques de rabaissement sur les mêmes cibles

J’ai étudié à l’Ecole supérieure de journalisme de Lille de 2010 à 2012. J’étais fière car, comme beaucoup d’élèves, j’avais bossé dur les concours pour intégrer cette prestigieuse institution. Fierté pour ma famille et mes proches. Je n’avais personne dans mon entourage qui faisait partie de ce milieu. J’étais une fille d’immigrés marocains, une fille d’ouvriers et même si j’avais à mon compteur quelques stages, j’allais pouvoir rejoindre une école où je recevrai la meilleure des formations pour exercer le métier dont je rêvais. Pendant deux ans, j’ai eu des enseignements de qualité grâce à des professionnels et de grands journalistes venus nous délivrer leur savoir et nous enseigner les bases de notre métier. Nous leur devons beaucoup. Mais qui a déjà étudié dans une grande école sait que la formation ne fait pas tout. Nous venions de toute la France et d’ailleurs et à notre arrivée, nous savions que nous passerions une bonne partie de nos journées ensemble : les cours mais aussi les coups à boire, les soirées chez les uns et les autres… La vie de promo comme on dit. Sur le papier, cela donne envie, une impression de grande famille. En réalité, j’ai tout fait pour échapper à cette vie de groupe tellement l’ambiance, pesante, y était très malsaine. J’en parlais à mon époux, à ma famille, à mes amis proches, à de rares camarades de promo qui m’ont permis de tenir très régulièrement mais au sein de l’école, mes protestations étaient inaudibles.

Dès les premiers jours, j’ai très rapidement compris qu’il y avait un problème : un petit groupe d’étudiants, composé d’hommes exclusivement, considérés très vite comme populaires au sein de l’école, y faisaient la pluie et le beau temps, créaient des réputations, se moquaient, lançaient des brimades, rabaissaient. Ce n’était pas une fois ou deux, ces attitudes étaient constantes. En fait, c’est simple, elles étaient la règle. Les personnes visées ? Les camarades filles souvent, les étudiants étrangers, certains intervenants parfois. C’est ainsi qu’une des élèves a été leur cible récurrente pendant les deux années, objet de propos sexistes sur sa façon de s’habiller et de commentaires graveleux sur ses relations intimes. J’avais rarement assisté à un déchaînement de commentaires aussi dégradants sur une seule et même personne. Les étudiants étrangers venus d’Afrique et d’Asie étaient également régulièrement moqués avec des “blagues” bien lourdes sur leur pays d’origine, sur leurs accents aussi. Je me souviens aussi de cet intervenant radio objet de remarques homophobes. Le point commun de leurs cibles parmi les étudiants ? Des camarades, souvent des jeunes femmes, qui n’appartenaient pas au milieu socio-culturel de ce groupe dominant : des étudiants d’origine ouvrière, de condition sociale modeste ou d’origine étrangère, parfois les deux à la fois, ce qui était mon cas.

Tu ne sais pas rire” ou comment disqualifier d’office le refus de l’oppression

Ces dénigrements ne se faisaient pas dans la discrétion, ils étaient complètement assumés : en plein cours, dans les couloirs, lors des repas, dans la cour, partout, tout le temps. Pire, ils étaient revendiqués comme la preuve de leur “coolitude” et de leur impertinence. Leur logique : tout faire passer sous le vernis de l’humour. Une stratégie qui avait deux avantages : elle permettait d’abord de s’en laver facilement les mains et elle disqualifiait d’office ceux qui osaient s’y opposer. Gare donc à celles et ceux qui s’offusquaient : ils se voyaient affubler de l’étiquette de “personne-politiquement-correcte-bien-pensante-trop-sérieuse-qui-ne-sait-décidément-pas-rire”. J’en ai fait les frais. Stratégie classique de déligitimation utilisée également chez les membres de la Ligue du Lol.

Ce petit groupe de trois, quatre étudiants agissaient en toute connaissance de cause mais bénéficiaient d’une réelle popularité. La grande majorité des élèves formait un très bon public et laissait donc faire. De l’aveu de certains anciens camarades de promo, il valait mieux être du bon côté de la barrière. Mais certains en étaient tout à fait conscients. Récemment, en me remémorant tout cela, je suis tombée sur un des mails d’un des étudiants de la promo qui, quelques jours après le canular téléphonique dont j’avais été victime, mettait tout à fait les mots justes sur leur comportement :

“Je peux demander aux filles X, X, et X, (leurs noms me viennent spontanément à l’esprit mais il pourrait y en avoir d’autres) de témoigner par écrit auprès de la direction des études sur l’agressivité malsaine, et parfois cachée sous un vernis de “coolitude” perverse, des 4 garçons à l’égard de certaines personnes de la promo, voire à l’égard des intervenants. On avait parlé de racisme au téléphone, X me disait qu’on pouvait aussi parler de machisme : effectivement, la plupart des cibles du quatuor sont des filles”.

Pourtant, ces étudiants bénéficiaient de la sympathie d’intervenants mais aussi, et là est problématique, d’une impunité de la part de l’institution. Lorsque j’ai dénoncé auprès de la direction de l’école le harcèlement téléphonique et les rumeurs contre moi, il m’a fallu insister très fortement pour qu’une simple réunion soit organisée afin que les trois étudiants s’en expliquent. Quant à la sanction, il n’y en a tout simplement pas eu. Au vu des dénigrements dont j’avais été l’objet, j’avais demandé à la direction de l’ESJ Lille que les trois étudiants me présentent leurs excuses devant le reste de la promotion. Fin de non recevoir. Quelques jours plus tard, alors que j’avais décidé de protester contre ce qui m’apparaissait comme une injustice en boycottant la cérémonie de remise des diplômes, les étudiants en question fêtaient tranquillement l’évènement dans l’amphi de l’école.

Impunité

Le 11 février dernier, j’ai interrogé, sur Twitter, le directeur de l’époque, Marc Capelle. Ce dernier qui, au moment des faits qualifiait leur comportement de “blague d’un goût fort douteux”, reconnait désormais qu’il s’agissait d’un “harcèlement. Il poursuit pourtant : “Ces étudiants étaient en fin de scolarité. Fallait-il assortir ce recadrage d’une sanction ? De fait, je ne l’ai pas fait”. Le simple fait de se poser la question est un problème. Ces étudiants s’en étaient sortis avec une petite tape dans le dos. Ils allaient d’ailleurs représenter l’école pour un certain nombre de bourses de jeunes journalistes afin d’intégrer France 2 ou Canal +. Comment ceux qui harcèlent, humilient et rabaissent autrui peuvent comprendre la portée de leurs actes s’ils ne sont pas sanctionnés ? Dans un mail que le directeur avait adressé aux trois étudiants en question (avec moi en copie), il écrivait ceci : “Sachant que je m’adresse malgré tout à des adultes, je vous laisse maintenant juge de la conduite qu’il vous appartient d’adopter vis à vis de votre collègue de promotion”. Je me souviens du choc que j’ai ressenti en lisant ces mots.

Cette absence de sanction, quelque soient les explications qui la motivent, résonnait comme un blanc-seing de caution à leurs agissements, une validation par l’institution de leur comportement, un tampon qui voulait dire :”Continuez, n’ayez crainte, il ne vous arrivera rien”. A leurs yeux, ils étaient intouchables. Ils avaient raison. Aujourd’hui, ces mêmes étudiants reviennent même dans les murs de l’ESJ Lille pour rencontrer les nouveaux élèves, échanger autour du métier et prodiguer des conseils. En 2013, dans mon écran de télévision, je découvrais Martin Weill dans un de ses reportages diffusés dans le Supplément sur Canal + (le groupe pour lequel je travaillais également en tant que journaliste à iTELE) sur le harcèlement scolaire… Lors du canular téléphonique me proposant un recrutement à Radio France, c’est Martin Weill qui était au bout du fil à deux reprises se faisant passer pour un certain Pierre Brosset, directeur des ressources humaines à Radio France…

Aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de faire le lien avec ce qui est arrivé aux trois journalistes hommes licenciés en novembre 2018 par la rédaction française du Huffington Post. Pendant plusieurs mois, ils ont dénigré et insulté leurs collègues femmes dans un groupe de discussion privé où ils partageaient des messages sexistes, racistes et homophobes. Parmi eux, figurait un des anciens étudiants de ma promotion de l’ESJ Lille, devenu chef, membre du fameux groupe dominant et très ami avec les trois étudiants qui m’ont harcelée…. Je ne peux m’empêcher de penser que si les étudiants ciblés par leurs humiliations à l’école s’étaient sentis en sécurité pour se confier, si les étudiants auteurs de ces agissements avaient été sanctionnés comme il le fallait, peut-être que cet étudiant aurait appris, compris. Vous me rétorquerez, à raison sans doute, qu’avec des “si” on peut refaire le monde. Certes mais…

Entre-soi social et domination masculine

S’il faut sans aucun doute interroger les responsabilités individuelles des étudiants et journalistes concernés, il faut aussi se demander pour quelles raisons ces derniers se sentent dans un tel climat de confiance au point de se permettre ces agissements. Il s’agit ici ni plus ni moins que d’un sentiment de puissance qui ne dit pas son nom : celle d’étudiants, hommes, de milieux sociaux favorisés voire très favorisés, confortés par leur position de futurs journalistes cools et influents validés par les étudiants, la direction mais aussi certains intervenants. Je me souviens que durant la deuxième année en spécialité télé, l’ESJ Lille nous avait dit qu’il y avait une pénurie de journalistes hommes rédacteurs dans les rédactions TV, que ces dernières étaient donc plutôt à la recherche de profils masculins. Cela nous a été dit tel quel et ça nous avait marquées à l’époque, nous, les filles. Ces derniers, qui jouissaient déjà d’une popularité au sein de l’école, le fameux “boys’ club” dont on parle aujourd’hui, se sont sûrement aussi sentis pousser des ailes par l’attente des recruteurs. Des étudiants qui pensaient que cette position de favoris leur octroyait le droit de tout, y compris celui de faire du mal. Ce mécanisme d’oppression et de domination d’un corps social sur un autre est celui à l’oeuvre partout dans la société. Rien de nouveau sous le soleil donc, un processus aussi vieux que l’humanité. Ces mêmes systèmes de domination dont on ne cesse de parler dans le débat public, qu’on illustre régulièrement dans les médias à travers reportages et enquêtes, objet d’études sociologiques poussées et que l’on fait mine de découvrir à chaque fois. Sauf qu’ici, il s’agit de futurs journalistes, censés observer et raconter la société avec justesse et empathie.

Ils parlaient de moi comme d’une pute, on a fait de moi une cible mais c’est très difficile de parler”

Comme les entreprises ont pour obligation de protéger leurs salariés, les écoles doivent également apporter un environnement sûr et serein à leurs étudiants. Car il n’est pas normal que les victimes vivent la double peine : celle d’être ciblées et de ne pas pouvoir parler. Interrogées dans les enquêtes publiées ces derniers jours sur les cas de harcèlement et de dénigrement dans les écoles après les révélations sur la Ligue du lol, les équipes encadrantes ne cessent de dire qu’elles ne savaient pas et que les étudiants ne leur ont rien dit. Sans aucun doute : dans des univers aussi compétitifs, on ne raconte pas ce genre de choses facilement sans craindre que cela pénalise nos débuts de carrière. Alors, on se tait. C’est ce que m’a confié une ancienne camarade de promotion cible des étudiants vedettes : “Ils parlaient de moi comme d’une pute, on a fait de moi une cible mais c’est très difficile de parler”. D’où la nécessité pour les équipes d’encadrement de mettre en place, dans les écoles, des espaces et de moments de discussions avec les étudiants en groupe et en privé afin qu’ils puissent se confier sur ces questions sensibles.

Mais ces comportements ne sont pas sans conséquences sur la carrière des victimes : perte de confiance, dévalorisation. Il y a également toutes ces opportunités professionnelles qui leur sont refusées : impossibilité de travailler dans les rédactions où exercent ceux qui les ont humiliées, phénomène de cooptation excluant celles et ceux qui n’appartiennent pas au groupe dominant, auto-censure. Certaines racontent même avoir abandonné l’école de journalisme ou le métier après quelques années d’exercice.

Urgence à diversifier les profils des journalistes

Protéger les étudiants et diversifier les profils également. Dans les témoignages de victimes de dénigrement, de harcèlement et d’humiliations du quotidien, les cibles sont souvent des femmes, des étudiants ou journalistes d’origine étrangère, des camarades ou collègues d’origine sociale différente et en très grand minorité par rapport au groupe dominant. Il y a urgence à ce que les écoles de journalisme et les rédactions diversifient les profils de leur recrutement. Des initiatives comme La Chance Media ou la classe prépa Egalité des chances de l’ESJ Lille et du Bondy Blog existent depuis dix ans et c’est heureux mais force est de constater qu’il faut aller plus loin. L’heure n’est désormais plus aux constats et aux tables-rondes : il faut passer à l’action, maintenant. Mais diversifier ne veut dire ni lisser ni s’effacer. Chacun doit pouvoir trouver sa place sans qu’un groupe n’exerce sa tyrannie sur un autre. Ouvrir aussi pour regagner la confiance des lecteurs, auditeurs, téléspectateurs envers les médias qui nombre d’entre eux estiment, à juste titre, ne pas se sentir représenter ni dans les sujets traités, n idans la façon de les aborder ni dans les visages qui les incarnent.

Prise de conscience tardive mais heureuse

Le passé est le passé. Impossible à changer, il faut simplement le regarder en face pour avancer. Aujourd’hui, il y a tous ces souvenirs douloureux et il y a les prises de conscience certes tardives mais heureuses et nécessaires comme cette étudiante de notre promotion qui m’écrivait il y a quelques jours :

“C’était un phénomène de mean girls and boys, des harceleurs de cours de récré typiques je suppose. Avec quand même ce facteur raciste bien sale (…) Tu avais raison, et j’étais incapable de le voir. Ce que je sais c’est que j’ai bien rigolé à l’école, de bout en bout et que finalement je me sens dégueulasse d’avoir été aussi aveugle”.

Ces mots sont-ils suffisants ? Non. Permettent-ils d’avancer. Je veux le croire.

Quant aux écoles de journalisme, aux rédactions, aux institutions qui aujourd’hui, se retrouvent confrontées à faire de la communication de crise, qu’elles prennent vraiment le temps d’écouter pour comprendre. C’est tout un système qu’elles doivent profondément revoir et finalement, elles-mêmes qu’elles doivent remettre en question. Il ne s’agit pas que de cyber-harcèlement ou de savoir bien gérer l’outil internet comme j’ai pu le lire ici et là. Ce sont bien les mécanismes de domination qu’elles vont devoir décortiquer pour qu’ils cessent d’être des outils au service de l’humiliation d’un groupe dominant sur quelques autres. Cela prendra évidemment du temps et il leur faudra beaucoup d’humilité et de patience. L’erreur serait de faire semblant d’agir pour sauver l’image de leurs institutions.

Chacun doit bien comprendre que l’enjeu nous dépasse et dépasse nos cas personnels. Il est important de pouvoir parler, raconter, témoigner pour une prise de conscience collective, pour que les victimes puissent aussi être reconnues comme telles et qu’elles puissent enfin se reconstruire mais pour nous, tout ceci est trop tard. C’est pour les jeunes générations qu’il faut désormais agir. Beaucoup de jeunes nous regardent aujourd’hui rêvant de faire ce merveilleux métier que nous avons la chance d’exercer. Beaucoup espèrent aussi des changements en profondeur dans les médias et dans les écoles. Je reçois de nombreux messages d’étudiants en ce sens. Nous avons l’obligation morale d’essayer d’y parvenir. Pour que lorsque nos enfants nous demanderont demain ce que nous avons fait pour un avenir plus serein, plus juste, plus égalitaire dans notre profession, nous puissions au moins les regarder dans les yeux et leur dire : “J’ai essayé”.

Nassira EL MOADDEM, journaliste, diplômée de la 86ème promotion de l’ESJ Lille

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