“Disrupter l’éducation”, prétention, irréalisme ou danger?
Laila Ducher
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Bonjour Laila, bonjour à toutes et à tous,

je peux voir quotidiennement le résultat de cette politique que nous subissons depuis des années… Enseignante depuis 10 ans et maman d’une petite scolarisée de puis un an, je subis. Mais il est possible de respecter les règles de l’EN (les programmes), permettre à tous de réussir, et d’innover malgré tout.

J’ai commencé à “subir” (oui subir est le terme adéquate) dès mon enfance. J’ai été de cette année où nous avions des nouveaux programmes, des nnouvelles réformes chaque année… et finalement, il n’y avait pas de grands changements mise à part des livres jetés…

Une fois enseignante, en à peine 10 ans, nous avons reçu des directives dans un sens puis dans un autre. Les nouveaux programmes se rapprochent tellement plus de ma vision de l’enseignement.

Nous oublions parfois de pousser les élèves vers le haut, de leur donner des responsabilité, de l’autonomie, de l’ambition. L’année dernière, ma classe fonctionnait réellement comme une micro-société, un groupe/une équipe. Il ne faut pas hésiter à donner des responsabilités et de vrais objectifs. Ne pas croire que l’on va uniquement faire du français en faisant des exercices dans un livre.

La formation est un point essentiel de l’avenir de l’école. Aujourd’hui, la plupart des enseignants utilisant des pédagogies alternatives s’auto-forment. Il serait essentiel que cette formation ne soit plus diminuée car en effet, on nous a diminué notre formation qui s’est peu à peu transformé en distanciel (et pas toujours de qualité… alors qu’il est possible de rencontrer des personnes hors EN très intéressantes).

Il faut le dire, les écoles manquent de moyens parfois. L’EN nous demande une chose mais ce sont les communes qui choisissent le budget et finance. Ce sont les communes (pour la maternelle et l’élémentaire) qui font les travaux, qui créent les écoles… qui bien souvent (trop souvent) sont mal conçues! Des locaux appropriés permettraient de mettre bien plus de choses en place.

Trop d’enseignants sont encore nostalgiques des méthodes anciennes, ne veulent pas ou ne peuvent pas s’adapter à la société actuelle. Là est toute la difficulté, enseigner à ces enfants/ces adolescents en s’adaptant à la société actuelle tout en ne tombant pas dans les dérives de la société de consommation.

L’organisation de l’espace et du temps doivent s’adapter aux enfants et non aux adultes… Oui mais comment? Ce n’est pas si simple mais pas impossible, tout en oubliant pas que nous devons nous adapter à notre société. Nous ne pouvons pas nous calquer sur les fonctionnements de certains pays voisins.

En effet, il faut faire revivre l’école de la République pour qu’elle ne devienne pas l’école de la fuite et de l’élitisme. Rappelons qu’aujourd’hui environ 50% des élèves français font partie des meilleurs au monde (Etude PISA, Rapport Grande pauvreté et réussite scolaire en France de Delahaye, Eduscol http://cache.media.education.gouv.fr/file/2015/52/7/Rapport_IGEN-mai2015-grande_pauvrete_reussite_scolaire_421527.pdf ) , seulement il en reste 50% … Que faire ?

Que faire pour qu’il n’y ait plus de fuite vers des écoles qui ne sont pas accessibles à tous ? De plus en plus de parents choisissent l’instruction en famille. Pourquoi tant d’enfants se sentent en souffrance à l’école.

Il y a une vague de mode pour Maria Montessori, comme si beaucoup venaient de la découvrir, alors que de nombreux autres pédagogues ont des propositions intéressantes. Un chantier de réflexions énorme est là mais je ne suis pas certaine que tous ces enseignants qui s’interrogent et se battent au quotidien aient été interrogés…

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