Du Black Friday au Green Friday
Dans mon ancienne vie, je mettais en place Black Friday. Aujourd’hui, je suis fière d’avoir inscrit Perpète au collectif MAKE FRIDAY GREEN AGAIN initié par Faguo, s’engageant contre le Black Friday.

Avant, j’étais responsable merchandising d’une grande enseigne de fast fashion. En bref, j’étais “Madame soldes”, celle qui les planifiait et les organisait. Mes collègues me demandaient souvent si toutes ces promotions étaient nécessaires et invariablement je répondais : “évidemment, sinon on ne vend pas !”. Mais comment en étais-je arrivée là ?
Déjà, il faut comprendre ce qu’est la fast fashion : des volumes importants pour réduire les coûts de production et des nouveaux produits en permanence pour faire revenir les clients. Alors, quand les ventes diminuent ou qu’un produit est tout simplement mauvais, le stock s’accumule vite, très vite, trop vite ! Les promotions étaient alors un levier pour éviter d’avoir des magasins pleins à craquer.
Et puis ensuite, on a commencé à voir qu’il y avait d’autres types de promotions, celles qui vont non plus résoudre des problèmes de stock mais qui vont accélérer les ventes. Ces promotions avaient de super résultats et on était tous contents ! Le revers de la médaille, c’est que plus ça allait et plus il devenait difficile de vendre sans promotions. Chaque enseigne pratiquait des offres permanentes et ne pas rentrer dans ce jeu, c’était s’exclure. Parfois, on se disait qu’on devait sortir de ce cercle vicieux et puis l’urgence du stock, des ventes et les attentes des clients (que nous avions nous-même créées) nous faisait revenir en arrière.
En parallèle, en interne, on nous parlait de plus en plus de RSE, de durabilité et d’écologie. Bizarrement, je n’y prêtais pas vraiment attention alors que j’étais très engagée dans la sphère privée. C’est en prenant du recul lors de la naissance de mon enfant que j’ai finalement compris ma réaction. Si j’avais si bien séparé les deux sphères c’est que je n’arrivais pas à comprendre comment écologie et fast fashion pouvaient aller de pair. Augmenter la part du bio, mettre en place des collections capsules éco-responsables, faire des dons … c’est évidemment bien. Mais le modèle même de la fast fashion est anti-écologique : pousser à consommer plus que ce dont on a réellement besoin, utiliser une matière première précieuse … pour un moment éphémère voire rien du tout ! Qui n’a jamais craqué pour ce top ou cette robe pour quelques euros ? “On verra si je le mets, ce n’est pas cher !!”. Et c’est comme ça qu’un tiers des vêtements dans les placards n’est pas porté !
Perpète est le résultat de cette prise de conscience. Je voulais aligner mes valeurs et mon métier dans un même projet avec un objectif clair : faire durer les vêtements longtemps ! Bref, faire l’inverse de mon ancien métier ! Et quel plus beau challenge que le faire chez l’enfant, lui qui par nature grandit vite et consomme vite ! Grâce à mon associée Sandra, experte produit, nous avons pu rendre nos vêtements résistants. Et ensemble, nous avons construit un modèle circulaire, où les vêtements sont vendus, repris, revendus puis finalement recyclés.
Le combat de MAKE FRIDAY GREEN AGAIN est le même que celui de Perpète : lutter contre la surconsommation. Ce 29 novembre, ouvrons nos placards et faisons le tri pour donner, réparer, vendre ou recycler ce qu’on n’utilise pas ou plus. Je crois sincèrement que chacun de nos actes a un impact et que plus nous serons à nous mobiliser et plus vite la société évoluera.
Nous sommes maintenant plus de 200 marques à avoir rejoint le mouvement pour une consommation raisonnée. Et vous, que ferez-vous le vendredi 29 novembre ?
