Il me tarde d’écrire.

Cela fait des semaines que je sens des mots germer en moi. Des idées nouvelles, des réflexions que je ne me savais pas posséder. Il y a des choses qui se réveillent, comme léthargique, elles s’enterraient dans mes non-dits et derrière mes maladresses, attendant le moment propice ou, pour me sortir de ce gouffre profond et interminable, je devais tisser ma propre corde, en déliant ma langue et mes mains.

Pour la première fois de ma vie, je me sais posséder un jardin en moi, fait de fleurs et de fruits, de sucre et de poison, d’épines et de pétales. J’ai une vie en moi, un village entier, une horde de phrases aiguisées et marinées dans mes tripes depuis des décennies (deux) et des millénaires (deux). Des bouts de moi, sans queue ni tête, sans sans et qui ne reflètent.. Qu’un mal-être, face à mon être.

Il me tarde d’écrire à nouveau.

Il me tarde de cultiver mon jardin.

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