Patrick Kanner en visite dans les quartiers populaires de Roubaix

Le ministre de la Ville Patrick Kanner était à Roubaix mardi 21 février. Il est venu constater les politiques de la ville menées par le maire LR Guillaume Delbar dans une des villes les plus pauvres de France.

Une pelleteuse détruit des tours à Nancy en 2010 (Flickr)

Le quartier populaire des Trois Ponts perd petit à petit ses tours. La “F” et la “C” ont été détruites il y a quelques années. Pendant les vacances de février, les pelleteuses s’attaquent aux tours “A” et “B”, quatorze étages chacune. “Elles datent de 1969, il était temps de les démolir”, lance nostalgiquement Karim au pied du chantier. La quarantaine, il est habitant du quartier depuis toujours. Pour lui, “même si c’est un symbole, c’est une bonne chose de raser ces tours.

Pourquoi démolir ces tours?

Comme expliqué sur le site de la ville de Roubaix, le quartier des Trois Ponts connaît une véritable mutation : “démolition de barres de logements anciens,
construction de logements neufs, rénovation de la voirie.”
Les logements anciens, tels que les tours “A” et “B”, sont officiellement détruits pour cause de “vétusté”, “insalubrité”.

Mais pour Karim, d’autres raisons motivent le plan de l’Agence nationale pour la rénovation urbaine. “On ne connaîtra jamais les vrais raisons. Mais je sais qu’ils (les élus) voulaient aussi mettre un terme au trafic de drogue, à la petite délinquance.”

Une politique de la ville inachevée?

Les nouveautés du Plan de rénovation urbaine des Trois Ponts qui date de 2013.

Parmi les mesures du plan de rénovation du quartier des Trois Ponts, on trouve la construction de nouvelles voies de circulation, la création d’un arrêt de bus, de nouveaux commerces. De nouveaux logements sont aussi érigés pour reloger certains habitants. Pour les tours “A” et “B”, 163 familles sont déplacées. Parmi elles, 110 sont restées à Roubaix. Philippe Rémignon, directeur d’un des promoteurs immobiliers de Roubaix, explique que “les familles ont le droit à trois offres de relogement. D’abord des logements plus chers et mieux équipés, ensuite des logements équivalents. S’ils refusent les deux premières offres, ils sont obligés d’accepter la troisième.” Il n’y a que 62 familles qui ont pu accéder à un logement mieux équipé.

Le problème de Roubaix reste structurel: 42% de taux de pauvreté, des quartiers à plus de 50% de logements sociaux, 30% de chômeurs. La Loi Borloo de 2003 n’aura donc pas modifié les malaises profonds des quartiers populaires. Avec une enveloppe élargie, elle prévoyait “200 000 constructions de logements locatifs sociaux, 200 000 réhabilitations ou restructurations lourdes et 200 000 démolitions de logements vétustes.” Sur les 751 zones urbaines sensibles identifiées en France, 594 quartiers à rénovation urbaine ont bénéficié du programme.

Noé Hochet-Bodin

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