
Les particularités de la génération « Y »
Par Simon Sinek traduit de l’anglais par Nicolas Durin
Mais quel est le vrai problème de cette génération ?
La génération « Y » est composée de jeunes gens nés approximativement entre 1984 et après. Ils ont pour réputation d’être difficiles à manager, narcissiques, peu concentrés, feignants…
Compte tenu des difficultés que rencontrent les managers en termes de leadership avec cette génération, ils finissent par leur demander : « Mais, que voulez-vous ? Que recherchez-vous ? » Et le plus souvent les réponses sont : « Nous voulons travailler dans un endroit avec un but précis, nous voulons avoir un impact dans la société et enfin, nous voulons de la nourriture gratuite et une bonne ambiance au travail. » Alors beaucoup d’employeurs leur ont proposé un cadre agréable, avec de la nourriture gratuite et une bonne ambiance. Mais, le paradoxe est qu’ils ne sont toujours pas satisfaits. Cela est dû au fait d’une incompréhension de quatre éléments primordiaux concernant cette génération : L’éducation parentale, la technologie, l’impatience et l’environnement.
L’éducation parentale : Beaucoup de membres de la génération « Y » ont grandi au sein d’une stratégie d’éducation qui ne fonctionne pas. Où nous leur répétions à longueur de journée qu’ils sont extraordinaires, qu’ils peuvent avoir tout ce qu’ils désirent dans la vie (juste parce qu’ils le veulent). Certains ont reçu des notes ou des prix scolaires non pas car ils le méritaient. Mais, car leurs parents les avaient réclamés. D’autres ont reçu une médaille de participation (une médaille pour être arrivé le dernier…) Vous prenez alors ce groupe d’individu diplômés, qui obtiennent un travail et en un instant ils découvrent : qu’ils ne sont ni extraordinaires, que leurs parents ne peuvent pas leurs obtenir de promotion, qu’ils n’obtiennent rien en arrivant les derniers et enfin qu’ils ne peuvent pas tout obtenir juste parce qu’ils le désirent.
La technologie : Nous vivons aujourd’hui dans un monde rythmé par Facebook, Instagram… Nous sommes excellents pour ajouter des « filtres » et montrer au monde entier que notre vie est incroyable ! (même ceux qui souffrent en réalité de dépression.) Cela a comme conséquence que tout le monde à l’air en forme et capable de surmonter n’importe quelle épreuve. Mais malheureusement, la réalité démontre tout le contraire. De plus, nous savons aujourd’hui que les réseaux sociaux par le biais de nos smartphones nous font libérer de la dopamine, cette même molécule qui nous fait nous sentir bien lorsque nous buvons, nous fumons ou jouons à des jeux d’argent. En d’autres mots cette molécule est extrêmement addictive. C’est pourquoi, lorsque vous recevez un SMS cela vous fait du bien, lorsque vous publiez quelque chose, vous vous rendez régulièrement sur la publication pour vérifier le nombre de personnes qui « aiment ». Cette addiction qui est aujourd’hui prouvée scientifiquement donne lieu à des comportements ahurissants : si, vous dînez avec des amis et que vous envoyez un SMS à un autre ami qui n’est pas présent, c’est un problème ! Si vous participez à une réunion où vous serez amené à échanger, et que vous posez votre smartphone sur la table, c’est un problème ! Car, cela va envoyer un message subconscient au reste des membres de cette réunion qui est : « vous n’êtes pas aussi important que ça. » Si, vous vous réveillez et que vous regardez votre smartphone avant de dire « bonjour » à votre compagnon, c’est un problème ! Tous ces comportements démontrent tout simplement une addiction et comme toutes les addictions cela va détériorer vos relations, vous coûter du temps, vous coûter de l‘argent et détériorer votre vie. C’est pourquoi il devient urgent de proposer des mesures claires afin de rééquilibrer la balance entre nos vies et la technologie.
L’impatience : Les membres de la génération « Y » ont grandi dans un monde où beaucoup de choses se réalisent en un instant. Vous voulez acheter quelque chose, vous allez sur Amazone et il arrive le lendemain. Vous voulez voir un film, vous vous rendez sur un site de streaming. Mais en réalité, vous pouvez obtenir tout ce que vous désirez en un instant sauf, la satisfaction liée à votre activité professionnelle et des relations sociales fortes. En effet, il n’y a pas (encore) d’application pour ça. Vous devez donc passer à travers un processus plus ou moins long, mais indispensable. C’est la raison pour laquelle une des compétences que devrez apprendre une grande partie de ces jeunes est la PATIENCE.
L’environnement : Au final, toutes ces spécificités ont comme résultat de créer un mauvais environnement dans lequel ces jeunes ont grandi. Puis, une fois leurs études terminées, ils se retrouvent dans un écosystème plus intéressé par le chiffre d’affaires, que par le bien-être professionnel de ses employés. Ces jeunes se retrouvent donc dans un environnement qui ne les aide pas à surmonter tous ces obstacles culturels, à apprendre les compétences nécessaires à une bonne intégration, à surmonter le challenge que représente ce monde digital ou encore à éprouver ce sentiment d’accomplissement lié au fait d’accomplir une tâche qui ne peut être réalisé que sur le long terme.
La résultante la plus cynique à cette situation est que les membres de la génération « Y » éprouvent un sentiment de culpabilité par rapport à ce manque d’intégration. Ils pensent que le problème vient de chez eux. Mais, en réalité ce n’est pas eux. Ceux sont les sociétés, l’environnement professionnel qui fait preuve d’un total manque de leadership. C’est pourquoi une prise de conscience est nécessaire de la part de ces deux acteurs afin d’évoluer ensemble vers un sentiment d’accomplissement partagé.