Blockchain et Bitcoin, révolution ou arnaque ?

Que ça soit par les médias, des amis ou internet tout le monde a entendu parler du Bitcoin et de la technologie sur laquelle il repose, la Blockchain. Certains crient à la révolution, d’autres à une simple bulle spéculative remplie d’air. Bref, les avis sont partagés et il est très facile de se perdre dans cette masse d’informations. Plongeons dans ce monde technologique fascinant afin d’en comprendre le pourquoi du comment.

Blockchain, une révolution de nos protocoles réseaux

Contrats, transactions, et leurs enregistrements font parti intégrante de la structure de notre système économique, financier, politique et légal. Ils protègent nos actifs et délimitent nos frontières organisationnelles. Ils gouvernent les interactions entre nations, organisations, communautés et individus. Et pourtant les outils bureaucratiques destiné à leur mise en place n’ont pas su suivre la transformation digitale de notre économie. En effet la manière encore la plus rapide aujourd’hui de transférer d’importante somme d’argent d’un bout à l’autre du monde reste encore de prendre le premier avion avec une mallette de cash. Mais dans ce monde digitalisé qu’est le notre, cette organisation contractuelle et transactionnelle doit changer.

La Blockchain nous offre une solution à ce problème. Cette technologie au coeur du Bitcoin repose sur un registre distribué (donc décentralisé) pouvant enregistrer des transactions entre deux partis de manière efficace, vérifiable et permanente.

On pourrait vulgariser la Blockchain comme un grand livre visible et détenu par tous, sur lequel tout le monde peut écrire des transactions qui seront ensuite vérifiées pour y être inscrites de manière indélébiles et inviolables.

La nécessité de cette Blockchain et crypto-monnaies ?

Pour comprendre cela penchons nous sur les origines d’Internet. Une des composantes clés de son infrastructure sont les protocoles réseaux; qui sont à Internet ce que le code de la route est à la conduite. Ces protocoles ont tous un rôle distinct et ils rassemblent les règles qui nous permettent de connecter les réseaux à l’échelle mondiale et ainsi d’échanger de l’information instantanément. (HTTP pour l’accès à l’information, TCP / IP pour le routage de l’information et SSL pour le cryptage…)

Tous ces protocoles sont maintenant anciens, et l’architecture d’Internet comporte encore des trous flagrants. En effet, certains protocoles ouverts et partagés pourraient répondre à de nombreux besoins:

  • empêcher le vol d’identité,
  • résoudre les nombreux problèmes avec des courriels,
  • transférer de l’argent en toute sécurité et librement (comme le permet le protocole sous-jacent du Bitcoin),
  • donner aux utilisateurs plus de visibilité et de contrôle sur la collecte et l’utilisation de leurs données personnelles,
  • … honnêtement la liste est longue.

Si nous ne voyons actuellement pas beaucoup d’innovation en terme de protocole, c’est parce qu’il n’y a peu de gens disponibles pour le faire. Les meilleurs développeurs sont là où l’argent est (logique): c’est-à-dire dans les grandes entreprises de haute technologie qui travaillent sur des plates-formes ou des applications propriétaires (Google, Apple, Facebook, Amazon,…).

Et ces entreprises ignorent les protocoles. Rédiger et promouvoir de nouvelles règles pour Internet ne leurs apportent rien. Ils préfèrent travailler sur leur propre version privée de leur code qui ne sera appliquée que dans leur écosystème exclusif. Tout cela donc de manière centralisé afin de s’assurer un contrôle absolu ainsi qu’une puissance augmentant en même temps que leur nombre d’utilisateurs.

Ces crypto-monnaies sont donc une tentative de renouvellement de l’innovation dans le domaine des protocoles de réseau qui sont négligés par les géants de l’Internet d’aujourd’hui.

La fonction clé d’une crypto monnaie consiste à intéresser les premiers utilisateurs d’un nouveau protocole à son déploiement à grande échelle. Plus les individus qui possèdent des crypto-monnaies sont liés à un certain protocole, plus ils contribuent à augmenter son échelle de fonctionnement. Et plus un protocole est utilisé, plus la valeur de la crypto-monnaie est élevée, ce qui récompense les premiers utilisateurs pour le rôle critique qu’ils ont joué pendant la phase de lancement.

C’est donc un biais cognitif de n’assimiler le Bitcoin qu’à une simple monnaie numérique. Car forcément dans ce cas on se demande alors, mais que puis-je donc payer avec ces monnaies tant révolutionnaire ? Question à laquelle la réponse est, pas grand chose actuellement.. Mais penser cela serait réduire beaucoup trop le champ d’action de cette technologie. Car c’est avant tout une révolution de nos protocoles (grandement nécessaire) qui se cache derrière elles. Avec l’opportunité de créer de nouvelles fondations pour notre système.

Une analogie simple de cette idée à été faite par Nicolas Colin, co-founder de The family:

Il comparait les trous flagrants dans nos protocoles actuelles à l’idée que -c’était presque comme si on n’avait pas encore une règle exigeant que les voitures s’arrêtent aux feux rouges.

Et que l’implémentation de ces nouveaux protocoles reviendrait à:

-” donner un coupon à quelqu’un qui se tient à côté d’un feu rouge particulier et faire signe aux conducteurs de s’assurer qu’ils s’arrêtent. Mais ce n’est pas un coupon ordinaire: plus les conducteurs s’arrêtent aux feux rouges , et plus la valeur du coupon est élevée. Et cette personne a non seulement une motivation pour faire son travail, mais elle a aussi une motivation à ce que les conducteurs s’habituent à toujours s’arrêter aux feux rouges — ils essaieront donc d’inciter d’autres personnes à se lever et à faire signe à d’autres feux rouges.” Ce qui fait alors rentrer ce protocoles dans un cercle vertueux.

Et en cas de réussite, cela attire évidemment les spéculateurs, qui suivent la foule de manière opportuniste sans manifester d’intérêt pour le protocole lui-même. et c’est là que l’on commence à parler de bulle spéculative.

En effet de telles bulles spéculatives sont un facteur déterminant dans l’émergence d’innovations disruptives. En d’autres termes, les spéculateurs sont les idiots utiles de l’innovation disruptive.

Mais leur arrivée n’est pas totalement inutile, car ils contribuent à attirer l’attention des nouvelles générations d’utilisateurs. En effet de telles bulles spéculatives sont un facteur déterminant dans l’émergence d’innovations disruptives. Les investisseurs doivent temporairement abandonner leur prise de décision rationnelle pour qu’une innovation franchisse le seuil de l’adoption généralisée. En d’autres termes, les spéculateurs sont les idiots utiles de l’innovation disruptive.

de moins en moins de gens font confiance aux banques, aux assurances, aux gouvernements et politiciens, et de plus en plus de marché s’ubérisent.

Alors oui on pourrait aussi penser que ce n’est qu’une bulle à part, insignifiante qui va ensuite explosé pour se tarir dans son trou à jamais. Or nous sommes actuellement dans une période où de moins en moins de gens font confiance aux banques, aux assurances, aux gouvernements et politiciens, et où de plus en plus de marché s’ubérisent. Cela laisse donc une belle place de développement à ces nouveaux marchés, ces protocoles, équivalent aux anciens mais de manière décentralisée. Afin de peut-être parvenir à rétablir un climat de confiance dans le système en son ensemble.

La régulation

Un des autres facteurs à prendre en compte est celui de la régulation. Certes ces monnaies doivent y faire face afin d’empêcher les nombreux actuels et futurs débordements, ce qui ne rendra le marché que plus sain.

“ Comme tous marchés faisant face à une innovation disruptive menaçant leur existence et/ou équilibre actuel ils réagissent en majeur partie en tentant de bloquer cette nouvelle vague et trop peu ne pense à s’adapter et surfer la tendance. “

Mais pour autant il semble que de nombreuses puissances se réjouissent de l’idée de détruire et d’enterrer le bitcoin. On peut en même temps facilement le comprendre. Comme tous marchés faisant face à une innovation disruptive menaçant leur existence et/ou équilibre actuel ils réagissent en majeur partie en tentant de bloquer cette nouvelle vague et trop peu ne pense à s’adapter et surfer la tendance. Le cas des taxi contre uber ou d’Airbnb et les hôtels en sont de parfaits exemples.

Et dorénavant on se retrouve avec de nombreux acteurs gouvernementaux et financiers qui vont essayer de détruire ces cryptomonnaies. Tandis que d’autre comme le Canada, Vénézuela, Russie et Malte sont en train de considérer sérieusement leur utilité. (Malte se contente de devenir un paradis fiscal des cryptos et accueillent de plus en plus de “nouveaux riches” européens non désireux de payer jusqu’a 65% de taxe).

Et la France là dedans ? Macron et Bruno Le Maire parlaient d’un fond d’investissement de 10 milliards destiné pour les “innovations disruptive”. Ce qui est prometteur sauf que derrière, lors d’une conférence de presse sur les innovations disruptives, Le Maire désignait le bitcoin comme une innovation instable et dangereuse à éviter. Mais après tout… n’est-ce pas là l’essence même d’une innovation disruptive ?

Guide dans l’approche de votre investissement dans la Blockchain.

Une bonne période pour investir ? Nous sommes actuellement dans une phase de correction majeure, avec une correction de près de 70%. Serait ce l’éclatement de cette fameuse bulle ? Peut-être pas mais ça reste néanmoins une belle correction nécessaire à l’assainissement du marché. Et dans cette période de grosse chute où une partie de ces idiots utiles que sont les spéculateurs quittent le marché laissant place à des investissements plus réfléchis et sains; ne serait-ce pas le parfait moment pour investir une fois cette chute terminée et le cour stabilisé ?

Une sortie de ce canal baissier concernant les Bitcoin est préférable avant tout investissement. Même si vous ne souhaitez pas investir dans le Bitcoin mais dans d’autre crypto-monnaies il est quand même conseillé d’attendre une stabilisation du Bitcoin. Ceci étant dû à la dépendance des Altcoins (autre crypto-monnaies que le Bitcoin) pour le Bitcoin (dépendance tendant à décroître de plus en plus).

Mais où investir ? Il y plus d’un millier de crypto monnaies différentes, comment sélectionner celles avec de l’avenir ? N’étant pas devin, nous n’allons pas faire une liste exhaustive de ces monnaies qui vont, à coup sûr, faire x100. Toute personne clamant les connaître avec certitude n’est pas forcément bonne à suivre

Mais pour autant nous pouvons essayer d’analyser l’écosystème des crypto monnaies, pour en deviner les futurs (probable) tendances. Ainsi que les problèmes qu’elles rencontrent afin de miser sur celles capable de les résoudre de la manière la plus efficiente.

L’écosystème

L’année 2017 a clairement été l’essor des crypto monnaies et leur entrées en bulle spéculative, avec pour meneuse la première de cette génération, le Bitcoin. De multiples nouvelles crypto-monnaies ont alors suivis la danse faisant donc des ICO (Initial Coin Offering) la nouvelle hype en investissement, tout en promettant des opportunités de rendement pouvant dépasser l’entendement. Il faut néanmoins être prudent, car comme dans tout marché (non encore régulé) où beaucoup d’argent est en jeu des arnaques peuvent et ont fleuris. (Projet creux, frauduleux, pyramide de Ponzi et autre).

Top 10 des ICO aux meilleures rendements

ICO

Mais qu’est-ce qu’une ICO ? Tout d’abord deux choses sont à comprendre:

  • Les IPO (Initial Public Offering). Mot pour désigner l’entrée en bourse d’une entreprise classique. Cette entreprise est composée d’actions détenues par des individus privés. A l’IPO une partie des ces actions sont alors misent en vente aux publiques. C’est un mécanisme classique en bourse.
  • Le crowdfunding. C’est l’idée de financement participatif où une structure s’adresse à monsieur tout le monde pour récupérer de l’argent et développer son projet.

L’ICO est une fusion de ces deux concepts. Une équipe finance son projet en émettant des token (nom généraliste pour désigner une pièce de cette crypto-monnaie, il y a le token bitcoin, ethereum, etc) de sa crypto-monnaie que le public peut acheter. Elle rentre ensuite en bourse où le prix du token sera alors régi par la loi de l’offre et de la demande.

Et même si 2017 fut l’année de développement des crypto-monnaies liés aux blockchain appelé 1.0, le dernier trimestre ainsi que ce début d’année 2018 nous aura montré un tournant. Ces monnaies 1.0 de type Bitcoin, Litecoin, Monero, Dash,… ne permettant d’offrir rien d’autre qu’un échange de valeur entre 2 personnes, on vus passer de massifs investissements dans celles avec une blockchain surnommée 2.0. C’est l’essor des smart contracts. L’année 2018 laissant donc portes grandes ouvertes pour le développement de ces monnaies à smart contracts. Ethereum en tête, Neo, Qtum, Eos,…

Les smart contracts

Ils sont l’autre facette de la blockchain. Ils permettent d’imposer des conditions (définis et acceptées mutuellement par les deux partis du contrat) concernant le transfert d’un actif. Et ceci automatiquement et directement inscrit dans la blockchain, c’est à dire de manière sécurisée, indélébile et instantanée. C’est là que le réel potentiel de ces crypto monnaies prend tout son sens. Vous me direz peut être, qu’après tout, ces smart contracts ressemblent exactement à tout type de contrats qui nous entoure aujourd’hui. Mais ce qui compte c’est la décentralisation et l’automatisation de ce système.

Là où nous avions besoins d’intermédiaires pour assurer la sécurité et validation de contrat, la blockchain nous offre pour la première fois les protocoles nécessaire pour nous passer de ces intermédiaires. En effet dans l’économie traditionnelle, beaucoup d’échanges reposent sur des tiers de confiance : les banques pour authentifier les transactions entre particuliers, les notaires pour attester d’une vente entre deux parties, le cadastre pour fixer les limites d’une propriété, les assurances pour les remboursements… La liste est longue. Sans aller jusqu’à pronostiquer la fin des banques, des assurances, du notariat, etc l’idée qu’un certain nombre des fonctions qu’ils remplissent puissent demain disparaître au profit d’acteurs utilisant la blockchain est un futur envisageable.

Bien sûr les banques ne restent pas inactives, et tentent de transformer la menace en opportunité. La méthode retenue est globalement toujours la même : s’approprier la technologie pour l’adapter au sein des systèmes actuels, en développant en interne des blockchain privées, ou en s’associant avec des start-ups de l’écosystème blockchain. Ce mode de fonctionnement décrit assez bien l’état d’esprit des banques, forcées sous la menace de coopérer (dans une certaine mesure), mais aussi d’expérimenter plus ou moins discrètement en interne pour ne pas se laisser dépasser par la technologie. Afin de garder le contrôle sur leurs systèmes, les expérimentations se concentrent autour des blockchains de type privée, où seul un nombre limité d’acteurs peuvent enregistrer des transactions ou disposer du registre.

Mais si elles se contente d’implanter une blockchain privé (qui perd son côté décentralisé) sans pour autant modifier leurs services et structure cela risque de ne pas être suffisant face au futur acteurs financiers entièrement transparents et décentralisés. Mais pour cela il faudrait néanmoins une évolution des lois, encore incompatible avec la blockchain.

Blockchain et Bitcoin, ces barrières devant être levées pour un développement à grande échelle

Bien que le bitcoin soit le père des crypto monnaies, il souffre de problème de scalabilité important (capacité d’un produit à s’adapter à grande échelle). Il devient lent car congestionné, entraînant une forte augmentation de frais de transaction. Il ne peut en effet gérer que 7 transactions par secondes au maximum, bien faible comparé aux milliers de Visa. Il est aussi très gourmand en électricité du au mining, mining qui tend d’ailleurs à ce centralisé de plus en plus (70% se trouve en Chine).

Le mining (minage) désigne l’activité faite par les mineurs, personne responsable de valider les transactions sur le réseau. Ces mineurs sont ensuite récompensés par les frais de transactions et par la création de nouveaux bitcoins. Pour valider ces transactions ils doivent résoudre de lourds problèmes mathématiques, cela grâce à un ordinateur spécifique étant responsable de la consommation électrique. Le nombre de transactions devenant trop important, les mineurs valident celles qui ont les plus gros frais de transactions, ce qui cause leurs augmentations.

S’il ne s’adapte pas. Si l’équipe du bitcoin core derrière le bitcoin ne l’adapte pas rapidement et ce à grande échelle il pourrait remettre en jeu sa place de grand roi. (pensons par exemple aux sidechains et au Lightning Network).

Mais du fait de la gouvernance complexe du bitcoin, cela le rend lent à tout changement. Et il faudra sans doute un peu de temps avant que ces restrictions ne soient assouplies — ou, plus probablement, avant que des méthodes de contournement apparaissent. Par ailleurs, la relative volatilité des crypto-monnaies peut rendre complexe leur utilisation à grande échelle pour un vrai moyen de payement.

Bien sur des pistes de résolutions sont présentes.

  • Se tourner vers du mining Asic resistant pour lutter contre la centralisation du mining.
  • Ou encore mieux passer en Proof of Stake plutôt que Proof of Work pour permettre une réduction drastique de la consommation électrique, diminuer la centralisation tout en augmentant sa scalabilité (De plus en plus de monnaies se tournent vers le PoS, tel l’Ethereum courant 2018).
  • L’implémentation du Lightning Network pour le Bitcoin ou du Sharding pour l’Ethereum.
  • L’utilisation de sidechains pour la scalabilité.
  • De crosschain pour l’interopérabilité entre Blockchain.
  • D’oracle pour la communication entre les smart contracts et les datas du monde extérieur.

Mais toutes ces innovations technologiques (et bien d’autres encore) sont toutes autant intéressantes que complexes et nécessiteront un autre article à part à entière pour chacune d’entre elles. Mais vous pouvez être sûr que les premières crypto-monnaies à réussir leurs implémentations feront parties des tendance 2018.

Vous pourrez retrouver les articles en question prochainement sur Exchain (en attendant d’autres articles sont déjà disponibles).

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