L’étrange logique derrière la quête d’énergies « renouvelables »

Pour commencer, quelques questions, trop rarement posées :

La destruction en cours des différents biomes de la planète, leur contamination par d’innombrables substances et produits toxiques, et les pollutions massives des milieux naturels sont-elles les conséquences de la production d’énergie ou de son utilisation (ou les deux) ? Et en quelles proportions ?

Autrement dit, la planète est-elle en train d’être détruite par les conséquences directes de la production énergétique industrielle mondiale ou l’est-elle davantage par ses conséquences indirectes ?

Le déversement annuel de millions de tonnes de plastique qui asphyxient les océans dépend-il du type d’énergie utilisée par les usines et les zones industrielles ?

Les millions de tonnes de déchets toxiques annuellement générées par les différentes industries (cosmétique, électronique, chimique, agricole, forestière, de la construction navale, de la construction automobile, etc.) sont-elles les conséquences de la manière dont est produite l’énergie qu’elles utilisent ?

La destruction d’écosystèmes, leur pollution, et l’extirpation de millions de tonnes de ressources non-renouvelables (métaux, minerais en tous genres) des entrailles de la planète par l’industrie des extractions minières sont-elles liées à la manière dont est produite l’énergie qu’elle utilise ?

L’abattage des dernières forêts d’Afrique (et d’ailleurs) afin de fournir du bois d’œuvre (ou l’abattage des forêts d’Amérique du Sud afin de dégager de l’espace pour l’élevage et d’autres activités industrielles) est-il lié à la manière dont est produite l’énergie utilisée par les usines de traitement du bois ?

Le monde est-il en train d’être détruit par manque d’une production industrielle d’énergie « verte » ou « propre » ou « renouvelable » ?

Inversement, si toute la production d’énergie industrielle était, ou plutôt, pouvait être, « verte » ou « propre » ou « renouvelable », l’humanité industrielle cesserait-elle de détruire, polluer, contaminer, et épuiser la planète ?

En l’état des choses, les différentes industries qui constituent nos sociétés industrialisées surexploitent et épuisent déjà largement les ressources naturelles (renouvelables et non-renouvelables) de la planète. Qu’en sera-t-il lorsque l’industrialisation (électrification, modernisation, urbanisation, etc.) de tous les pays dits en développement sera achevée ? Lorsque tous les habitants de la planète consommeront autant qu’un européen ?

Étant donné que les pays du monde produisent actuellement environ 50 millions de tonnes de déchets électroniques (ou e-déchets) par an, dont l’immense majorité (90%) ne sont pas recyclées.

Étant donné qu’ils produisent également plus de 3,5 millions de tonnes de déchets solides par jour (d’après un rapport de la Banque mondiale).

Étant donné que cela suffit à parler de désastre.

Étant donné que c’est loin d’être le seul problème (et que c’est d’ailleurs un problème dont l’ampleur va augmenter exponentiellement au cours des prochaines décennies, comme nous allons le voir).

Étant donné que les extractions mondiales de ressources en métaux et minerais destinés aux différentes industries s’élèvent actuellement à plus de 40 milliards de tonnes par an.

Étant donné qu’en 1970, d’après un rapport de l’ONU, la quantité totale des matières premières extraites à travers la planète par l’humanité industrielle avoisinait les 22 milliards de tonnes, et qu’en 2010, elle dépassait les 70 milliards de tonnes (et qu’il s’agit donc d’un triplement en 40 ans).

Étant donné qu’il nous faudra en extraire 180 milliards de tonnes en 2050 si nous continuons à consommer comme nous consommons aujourd’hui et si la course au « développement » se poursuit.

Étant donné que notre consommation globale d’eau douce actuelle (imaginez donc ce qu’il en sera demain !), pour prendre un exemple, est elle aussi d’ores et déjà largement insoutenable (c’est-à-dire que nous consommons l’eau des nappes phréatiques et des aquifères plus rapidement qu’ils ne se remplissent, ainsi qu’un rapport de la NASA le soulignait en 2015 : 21 des 37 aquifères les plus importants sont passés en-dessous du seuil de durabilité — ils perdent plus d’eau qu’ils n’en accumulent).

Étant donné qu’en raison de la course au « développement » (électrification, industrialisation, modernisation, « progrès ») des continents qui ne l’étaient pas encore entièrement (Afrique, Asie, Amérique du Sud, notamment), il est prévu que la production annuelle globale déjà faramineuse (50 millions de tonnes) de déchets électroniques (ou e-déchets) croisse de 500%, environ, au cours des décennies à venir (en raison d’explosions des ventes de téléphones portables, d’ordinateurs, de télévisions, de tablettes, etc.). Et étant donné qu’il est aussi prévu que la quantité totale des déchets solides produits chaque jour dans le monde triple d’ici 2100, pour atteindre plus de 11 millions de tonnes par jour.

Étant donné que la majorité des déchets électroniques des pays dits « développés » (ces 90% qui ne sont pas recyclés, mais qui sont chargés en métaux lourds et autres substances plus toxiques les unes que les autres) sont envoyés dans ces pays dits « en développement », où ils s’entassent dans des « cimetières électroniques » et autres « e-décharges », où ils polluent gravement les sols, l’air et les cours d’eaux (comme à Agbogbloshie au Ghana, ce que vous pouvez constater dans le documentaire ToxiCité, ci-après, ou comme à Guiyu en Chine, à Shershah au Pakistan, à Dhaka au Bangladesh, et en Inde, et en Thaïlande, et aux Philippines, et ailleurs), où ils détruisent la santé des humains qui travaillent à les trier (c’est-à-dire qui les brûlent n’importe où et n’importe comment, sans protection, à l’air libre afin d’en sortir du cuivre et d’autres métaux qu’ils revendent ensuite pour une bouchée de pain), et la santé des animaux non-humains qui vivent sur place.

Étant donné que l’utilisation massive de ressources non-renouvelables nécessaire à la fabrication de ces produits high-tech est d’ores et déjà largement insoutenable et qu’elle le sera d’autant plus lorsque tous les habitants du monde consommeront autant de produits high-tech que les habitants des pays riches, ce qui entrainera une multiplication par 5 ou plus de la consommation d’appareils électroniques.

Étant donné que l’utilisation de ces produits électroniques est souvent nocive pour le « consommateur » (écrans qui abîment les yeux, qui altèrent les capacités cognitives, qui nuisent au sommeil, téléphones portables qui génèrent des cancers, des tumeurs, etc.) et qu’elle nuit bien plus aux relations sociales qu’elle ne les enrichit.

Étant donné que pour subvenir à ces besoins croissants en minerais, métaux et autres « ressources naturelles », la civilisation industrielle (l’ensemble de nos sociétés industrielles) va continuer à s’étendre (comme elle le fait depuis son avènement, par définition, puisque c’est ce qu’impliquent les concepts de « croissance » et de « développement »).

Étant donné que cette expansion se fera comme toujours au détriment du monde naturel, des biomes, des derniers peuples tribaux et des espèces non-humaines de la planète.

Étant donné que l’expansion de la civilisation industrielle se fait également au nom de ces technologies soi-disant « vertes », comme au Groenland, où des terres rares et autres minerais (comme l’uranium), récemment rendus accessibles (quelle chance !), grâce au réchauffement climatique, vont être extraits du sous-sol afin de pourvoir aux besoins de « la nouvelle économie verte mondiale ».

Étant donné, en effet, que toutes les technologies de production d’électricité dite « verte » ou « propre » ou « renouvelable », les barrages, les éoliennes, les panneaux solaires, etc., requièrent également des extractions minières massives de matériaux parfois hautement toxiques, et qu’elles impliquent donc également des déchets miniers en grande quantité :

L’industrie des panneaux solaires, pour prendre l’industrie perçue comme la plus « propre », requiert, entre autres, les matériaux suivants, listés en avril 2016 par le site Resource Investor : l’arsenic (semi-conducteur), l’aluminium, le bore (semi-conducteur), le cadmium (utilisé dans certains types de cellules photovoltaïques), le cuivre (câblage et certains types de cellules photovoltaïques), le gallium, l’indium (utilisé dans les cellules photovoltaïques), le minerai de fer (acier), le molybdène (utilisé dans les cellules photovoltaïques), le phosphore, le sélénium, le silicium, l’argent, le tellure et le titane.

Étant donné que le déploiement des technologies productrices d’énergie dite « verte » ou « propre » ou « renouvelable » implique une forte croissance de ces extractions minières ; pour prendre un seul exemple, souligné par Olivier Vidal (le directeur de recherches CNRS au laboratoire de l’Institut des sciences de la terre de Grenoble dont les travaux ont fait l’objet d’un article dans la revue Nature Geoscience), dans une interview parue sur le site de l’Université Joseph-Fourier : « D’ici 2050, il faudra six ou sept fois la production mondiale d’acier actuelle pour les seuls secteurs des énergies renouvelables ».

Étant donné qu‘il s’agit d’une évidence soulignée par la Banque mondiale, elle-même, dans un récent communiqué de presse (18 juillet 2017), intitulé « La transition vers les énergies propres fera augmenter la demande de minéraux », dont voici un extrait :

Il faut s’attendre à une augmentation de la demande d’acier, d’aluminium, d’argent, de cuivre, de plomb, de lithium, de manganèse, de nickel et de zinc, ainsi que de certaines terres rares, telles que l’indium, le molybdène et le néodyme. Cette hausse pourrait être particulièrement marquée sur le segment des accumulateurs électriques, où l’augmentation de la demande de métaux (aluminium, cobalt, fer, plomb, lithium, manganèse et nickel) pourrait être multipliée par plus de 1 000 % si les pays prennent les mesures nécessaires pour maintenir les températures à ou en deçà de 2° C.

(Sauf que la Banque mondiale y voit des « opportunités » pour les « pays riches en minéraux » qui auront alors la chance et l’honneur de pouvoir et de devoir extraire toujours plus de ressources de leurs sols et de leurs sous-sols — et donc de toujours plus détruire le monde naturel, ce que la Banque mondiale ne dit pas, au contraire, puisqu’elle continue, comme elle l’a toujours fait, à prétendre que les extractions minières peuvent êtres respectueuses de l’environnement.)

Étant donné que de toutes manières, une étude menée par l’ingénieur Philippe Bihouix évoque trente à soixante ans de réserve pour la plupart des grands métaux industriels que sont le zinc, le cuivre, le nickel ou le plomb, et que les réserves accessibles d’indium, notamment utilisé dans les cellules photovoltaïques, se limiteraient, elles, à vingt ans, et celles de cuivre à trente ans. Cf., la vidéo suivante :

Étant donné, rappelons-le encore, que les extractions minières sont des activités particulièrement nuisibles pour l’environnement (avez-vous déjà vu à quoi ressemble et en quoi consiste une zone d’exploitation minière ? Prétendre que cette pratique puisse être respectueuse de l’environnement, c’est prétendre qu’une coupe rase puisse être respectueuse d’une forêt), parce qu’elles impliquent en premier lieu de détruire des écosystèmes entiers, et parce qu’elles rejettent ensuite d’importantes quantités de déchets (pour exemple, voir cet article du Monde, intitulé « En Chine, les terres rares tuent des villages »). & étant donné que le travail dans les mines est un très bon exemple du caractère nécessaire et intrinsèque des inégalités et de la hiérarchie dans une société de masse (quel plaisir d’aller travailler à la mine, n’est-ce pas ? Qui n’en rêve pas ? D’ailleurs on se demande pourquoi on n’y trouve pas plus de PDG, de millionnaires et de milliardaires).

Étant donné que, comme le formule Philippe Bihouix, ingénieur centralien et auteur de « L’Âge des low tech », dans l’ouvrage collectif « Crime climatique stop ! » (éd. du Seuil) :

Avec la croissance « verte » […] ce qui nous attend à court terme, c’est une accélération dévastatrice et mortifère de la ponction de ressources, de la consommation électrique, de la production de déchets ingérables, avec le déploiement généralisé des nanotechnologies, des big data, des objets connectés. Le saccage de la planète ne fait que commencer.

(L’article que Philippe Bihouix a écrit dans l’ouvrage collectif « Crime climatique stop ! » est consultable en ligne, en entier, et vaut le détour !)

Étant donné que toutes les technologies de production d’électricité dite « verte », les barrages, les éoliennes, les panneaux solaires, etc., sont principalement déployées par des grandes multinationales (Vinci, Total, BP, etc. ; pour plus de détails, lire la Note de Traduction en fin de cet article).

Étant donné qu’une société en mesure de mettre en place tout ce système industriel de production de hautes technologies est nécessairement massive (c’est-à-dire que sa taille est excessive, qu’elle en devient inhumaine), inégalitaire, coercitive, hautement hiérarchisée et spécialisée.

Étant donné que toutes les technologies de production d’électricité dite « verte », les barrages, les éoliennes, les panneaux solaires, etc., qui sont des hautes technologies, requièrent et dépendent donc également de ce type de société.

Étant donné que la production d’énergie dite « verte » ou « propre » ou « renouvelable », issue des barrages, des éoliennes, des panneaux solaires, etc., ne remplace pas du tout l’utilisation des combustibles fossiles (on assiste actuellement au développement de l’exploitation industrielle des hydrates de méthane, une nouvelle manière d’exploiter des combustibles fossiles ; des centrales nucléaires sont en construction dans plusieurs pays du monde, ainsi que des centrales au charbon ; la fracturation hydraulique pour l’exploitation du gaz de schiste se développe également, tout comme la production de pétrole à partir des sables bitumineux) ; étant donné qu’elle n’est qu’une nouvelle manière, supplémentaire, ou complémentaire, de produire de l’énergie industrielle.

Afin d’illustrer ce dernier point, quelques graphiques tirés d’un article publié le 13 juillet 2017 dans le National Observer :

Étant donné que la production d’énergie dite « verte » ou « propre » ou « renouvelable », issue des barrages, des éoliennes, des panneaux solaires, etc., dépend de l’utilisation des combustibles fossiles (au minimum : au niveau des extractions minières, de l’infrastructure des transports industriels, de la maintenance).

Étant donné que toutes les technologies de production d’électricité dite « verte » ou « propre » ou « renouvelable », les barrages, les éoliennes, les panneaux solaires, etc., servent, entre autres, à alimenter en électricité non seulement les processus de fabrication polluants des produits high-tech précédemment mentionnés (ceux dont 90% finissent dans des pays pauvres où ils détruisent l’environnement et tous ses habitants, ceux qui détruisent la santé mentale et physique de leur utilisateur, ceux dont la consommation va fortement croître mondialement, etc.), mais aussi ces produits eux-mêmes, et participent ainsi de la continuation du système économique et technologique en place (c’est-à-dire de la perpétuation du désastre écologique et social en cours).

Étant donné que le problème (vous l’aurez probablement compris) des technologies productrices d’énergie soi-disant « verte » ou « propre » ou « renouvelable » est non seulement lié à la fausseté de ces qualificatifs (puisqu’en effet, toutes les industries de production d’énergie soi-disant « verte » ou « propre » ou « renouvelable » sont en réalité nuisibles pour le monde naturel, comme toutes les industries qui s’inscrivent dans le cadre de l’économie high-tech mondialisée) mais également à l’utilisation de l’énergie produite.

Même s’il existait un moyen de produire de l’électricité de manière entièrement écologique, et que cette électricité était utilisée pour alimenter un téléviseur (ou un réfrigérateur, ou un ordinateur, ou une voiture, etc.), il resterait le petit problème du fait que ce téléviseur (ou réfrigérateur, ou ordinateur, ou voiture, etc.), de sa fabrication à sa mise au rebut, implique un grand nombre de nuisances, le petit problème du fait que l’économie industrielle mondialisée et toutes ses productions en masse sont entièrement insoutenables : la production industrielle d’électricité n’est qu’une des innombrables productions industrielles anti-écologiques qui constituent la civilisation industrielle.

Étant donné qu’actuellement, d’après le dernier rapport de l’IEA (International Energy Agency, ou Agence internationale de l’énergie) sur la production d’énergie dite « verte » ou « propre » ou « renouvelable » (publié en 2016), celle-ci ne représente qu’environ 13.8% de l’énergie consommée par la civilisation industrielle (c’est-à-dire que les 86.2% restants proviennent des combustibles fossiles et du nucléaire), et qu’au sein de ces 13.8% d’énergie dite « verte » ou « propre » ou « renouvelable », les deux premières et principales sources de production sont :

  1. L’industrie des biocarburants et de la biomasse, qui désigne d’un côté le fait d’utiliser des terres arables pour faire pousser des plantes qui pourraient servir de nourriture (maïs, canne à sucre, soja, colza et palmiers à huile) de manière agro-industrielle (c’est-à-dire en détruisant les sols) afin de faire fonctionner des machines, et de l’autre, l’incinération massive d’arbres, dont les forêts d’Europe, d’Amérique et d’ailleurs (plus de détails par ici), et d’autres soi-disant « déchets » organiques (ou leur méthanisation), et qui représente 72.8% de la production mondiale d’énergie qualifiée de « verte » ou « propre » ou « renouvelable ». (Un récent article de Libération explique d’ailleurs qu’aujourd’hui, « à travers le monde et en France aussi, le bois est la première des énergies renouvelables. Il représente 40% du mix énergétique renouvelable, loin devant l’hydraulique (20%), l’éolien (8%) ou le photovoltaïque (3%) »).
  2. L’industrie des barrages et sa production d’hydroélectricité (une autre catastrophe écologique et sociale, entre destructions d’écosystèmes et déplacements massifs de populations, ce qui est détaillé dans cet article) qui compte pour 17.7% de la production mondiale d’énergie qualifiée de « verte » ou « propre » ou « renouvelable ».

(En effet, toujours d’après les derniers chiffres publiés par l’IEA, le solaire et l’éolien représentent environ 1% de la production d’énergie mondiale, l’hydroélectrique 2.4% et les biocarburants et la biomasse 10.1%, ce qui signifie que lorsque vous entendez des politiciens ou des patrons parler d’énergie « verte » ou « propre » ou « renouvelable », ou que vous lisez des articles à ce sujet dans les médias grand public, sauf précision, ne pensez pas panneaux solaires et éoliennes, pensez incinérateur, méthaniseur, biocarburants et barrages).

Étant donné que tout ceci (plus ou moins) est expliqué par quelques personnes et dans quelques ouvrages que l’immense majorité des habitants de la civilisation industrielle ne connaissent pas et n’ont pas lu, et, pour l’immense majorité de cette majorité, dont ils n’ont pas même entendu parler (à ma connaissance, en français, il existe en tout et pour tout trois livres qui traitent de cela : « L’Âge des low tech » de Philippe Bihouix, « Comment tout peut s’effondrer : Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes » de Pablo Servigne et Raphaël Stevens, & « Le soleil en face » de Frédéric Gaillard, en anglais, il en existe davantage, comme « Green Illusions: The Dirty Secrets of Clean Energy and the Future of Environmentalism » d’Ozzie Zehner, les ouvrages de Derrick Jensen, ceux de John Michael Greer, et quelques autres).

Étant donné que l’anonymat relatif de ces ouvrages et de leurs auteurs s’explique par la simple raison que l’analyse et la perspective qu’ils exposent ne plaisent pas aux individus les plus fortunés (à la classe dirigeante), puisqu’elles représentent une menace pour la pérennité de leur intérêts financiers et de leur pouvoir/puissance, et qu’ils n’ont donc aucun intérêt à les promouvoir dans les grands médias et au sein de la sphère culturelle dominante, qu’ils contrôlent.

Pensez-vous que les technologies de production d’électricité dite « verte » ou « propre » ou « renouvelable », les barrages, les éoliennes, les panneaux solaires, etc., puissent résoudre les innombrables problèmes extrêmement graves auxquels nous faisons face ?

Pensez-vous que leur développement puisse résoudre le problème de la surexploitation des ressources non-renouvelables (et de la surexploitation des ressources renouvelables) ?

Pensez-vous que leur développement puisse résoudre le problème des inégalités sociales croissantes ?

Pensez-vous que leur développement puisse résoudre le problème de la sixième extinction de masse, principalement liée à l’étalement urbain de la société industrielle qui détruit les habitats naturels des animaux non-humains (et qui détruit tous les biomes et tous les habitats sains en général, donc ceux des humains) ?

Ou pensez-vous que la seule solution cohérente au conglomérat des problèmes que nous connaissons relève avant tout d’une diminution drastique à la fois de la production (et donc de la consommation) de produits industriels high-tech, de la production d’électricité, des extractions minières, et des extractions de combustibles fossiles ?

(Avec en ligne de mire un abandon progressif de l’utilisation des — et de la dépendance aux — produits industriels high-tech et de l’électricité industrielle ; un retour à un mode de vie simple, low-tech, basé sur un artisanat local, écologique, permettant un maximum d’autonomie, un respect complet des équilibres biologiques, et des espèces vivantes non-humaines).

P.S. : Par souci de concision, je n’ai exposé ici que quelques-uns des aspects destructeurs de la civilisation industrielle. Il y en a beaucoup d’autres. Pour aller plus loin :