Pensées autour de la photo

Voilà un article assez large rassemblant mes dernières réflexions autour de la photo…

Une image toute fraiche de nos montagnes dauphinoises… © Nils Louna

Où puiser la créativité ?

Les idées ne naissent pas de nulle part, elles se nourrissent de nos expériences, de notre quotidien. Regarder le travail d’autres photographes est la meilleure chose pour imiter, recopier sans égaler ce qui a déjà été fait. J’aime innover. Parfois, ce que je réalise a déjà été fait mais jamais je n’ai voulu reproduire ce que j’avais vu. C’est pour cela que je regarde de moins en moins le travail d’autres photographes qui produisent le même type de photo que moi. En revanche, je trouve mon inspiration en regardant et pratiquant des domaines artistiques et culturels variés (lecture, écriture, expositions, musique, vidéos, podcasts, cuisine, théâtre, street art…), en mettant en place des projets, en rencontrant des personnes d’horizons variés, en voyageant, en ayant les yeux grands ouverts chaque jour.

Quelles sont mes aspirations ?

Les champs de création sont illimités en jouant sur le type de photo que l’on veut réaliser (documentaire, sportif, imaginaire…), la manière de raconter son histoire (jouer sur les émotions), le cadre, le choix technique (prise lente, noir et blanc, grand angle…), le post traitement, l’exposition du travail (réalisation de bouquins, publications sur réseaux sociaux, …)… Dans un premier temps, s’hasarder dans mille projets est attirant mais il faut ensuite s’orienter vers un ou deux types de travaux en fonction de ses aspirations. Mes images minimalistes au lever et coucher de soleil symbolisent ce que je voulais montrer, à un moment, en faisant rêver. J’ai aujourd’hui envie de profiter de mon studio pour être créatif, transmettre des messages et peut-être développer des images humoristiques.

Comment débuter la photo ?

Comme tout, il y a des barrières psychologiques, le sentiment que l’on n’arrivera jamais à réaliser l’image que l’on veut, que l’on ne sera jamais à la hauteur de la tante qui emmène son appareil aux quatre coins du monde. Penser cela est une facilité. Etablir des étapes à franchir pour arriver à réaliser des images dignes de leur nom est un premier pas vers un avenir de photographe amateur ou professionnel (je ne fais pas de différence entre les deux, le travail d’amateurs est parfois meilleur que celui de ceux dont c’est le métier).

Pourquoi faire de la photo ?

Cela pourrait être la première question. Outre le fait que cela est un métier et qu’il as pour but de garder des souvenirs, plus globalement, l’artiste a deux missions : laisser une trace de son époque et impacter ses contemporains. La photo permet aisément de témoigner de son quotidien mais d’autres arts sont plus adaptés pour participer au changement des moeurs. C’est pourquoi je suis aussi attiré par d’autres domaines.

Ce que m’a appris la photo au quotidien. Ce que j’en retire.

Me lever à 3h ou 4h du matin est devenu de moins en moins difficile au fil des étés, d’autant plus pour réaliser des images qui me plaisent. Ainsi, la difficulté est placée à un cran plus élevé. Partir pour un shooting ne me fait plus peur, ne m’angoisse plus. J’ai transformé le stress en motivation. Les doutes, les remises en question avant et après la prise de vue rythment mon quotidien et certains shootings me comblent de bonheur. C’est une grande source d’épanouissement, elle participe à mon équilibre et à grandir.

Quelle est la photo que je rêve de faire ?

Je l’ai écrit récemment, c’est plus un travail sur des projets qui me plaisent aujourd’hui plutôt que réaliser une image. Evidemment la photo exceptionnelle que je ne pourrais réaliser qu’une fois “par chance” me plairait aussi mais j’ai plus de pouvoir sur la construction de séries.

Comment je progresse aujourd’hui ?

J’aime m’enrichir en m’ouvrant à d’autres styles de photos. Je pense que cela est bénéfique. Après avoir débuté dans le sport, je suis repartie de zéro lorsque j’ai voulu me mettre au portrait. D’autres inspirations m’aident aussi à évoluer. Je sais également que sortir l’appareil quand il pleut, m’imposer des contraintes (comme la prise de vue uniquement au grand angle à contre plongée) participe à mon cheminement.

Qu’est-ce qui fait que l’on devient un bon photographe ?

Pratiquer, se remettre en question, imaginer, essayer, chasser les doutes pour monter ses projets. Avoir une ligne de conduite dans ses travaux, vouloir transmettre des messages, réussir à capter des émotions chez le spectateur sont essentiels… Avoir été bon à l’école (comme souvent d’ailleurs) n’est pas un bénéfice. Je dirais même qu’avoir connu des échecs tôt, s’être souvent interrogé permet d’avancer.

Et sinon, à quoi est-ce que j’accorde de la valeur techniquement ?

A rien. Un bagage technique est nécessaire au début mais cela ne fait pas un photographe ! Oublions l’histogramme parfait, ayons un peu d’authenticité.