Une défense du non-choix

Depuis la fin du premier tour, le bashing contre les abstentionnistes et les partisans du vote blanc s’accentue jour après jour. En cause : le fait que la confrontation finale opposera la candidate du Front National à Emmanuel Macron, derrière lequel il faudrait se rallier pour faire “front républicain”… Je suis de ceux qui ne choisiront pas entre les deux et qui ne pensent pas faire “le jeu” de qui que ce soit…


Bon… On y est. Le second tour de l’élection présidentielle française de 2017 approche à grands pas. En ce qui me concerne, le candidat pour lequel j’ai voté au premier tour n’est pas présent au second. Je ne m’épancherai pas sur les raisons pour lesquelles aucun des deux restants ne me convient, chacun a ses sensibilités propres et ce n’est pas le sujet. Ce dont j’aimerais parler aujourd’hui, c’est cette espèce de frénésie qui s’est emparée de certains, depuis que l’on connait les deux finalistes. J’aimerais vous en donner quelques exemples et les commenter, voici le premier :

Alors si je comprends bien, on est avec vous ou contre vous ? Pour des démocrates, c’est quand même une attitude sacrément autoritaire, et le mot n’est pas choisi au hasard. J’aimerais aussi vous signaler que les plus vocaux sur ce sujet, ce sont ceux qui s’apprêtent à voter pour le candidat d’En Marche ! Les électeurs frontistes eux, se gardent bien de faire la leçon à qui que ce soit, ou en tout cas ils restent discrets.

Je connais vos arguments, mais j’aimerais vous demander ceci : qui fait le jeu de quoi en martelant ces exigences de la sorte, à votre avis ? Ne pensez-vous pas qu’en poussant des gens qui n’ont aucune sympathie pour lui, à voter pour M. Macron vous allez leurs donner des raisons supplémentaires d’être outrés pendant son potentiel quinquennat ? Et jusqu’à présent, ce petit-jeu du “barrage”, où a-t-il mené une partie grandissante des électeurs ? J’ai mes conclusions sur ce sujet…

Quand je regarde ce dessin, j’hallucine. Sans rire, c’est quoi cette histoire ? Je suis pourtant une buse en maths mais je gère suffisamment les additions pour savoir qu’avec un vote blanc ou une abstention, le total des voix de Marine Le Pen n’augmente pas. Alors pour quelles raisons ces options seraient-elles équivalentes ?

Je vois en ce harcèlement une sorte de déni démocratique. Au nom de quoi nous, abstentionnistes ou bien électeurs s’apprêtant à voter blanc, devrions donner notre voix à quelqu’un avec qui nous ne sommes pas d’accord ? Ce n’est pas ma vision de la démocratie représentative. À mes yeux, cela revient même à bafouer la souveraineté du peuple français et en ce sens, cet appel, cette exigence du vote Macron s’apparente pour moi au traité de Lisbonne, dans le sens où le postulat de départ est le suivant : “Les électeurs du FN ne savent pas ce qui est bon pour le pays, à nous de le leur montrer”. J’ai le regret de vous annoncer que dans un pays démocratique, si le peuple veut se tromper, c’est son droit.

Comprenez moi bien, mon propos n’a pas pour but de vous convertir au vote blanc, contrairement à certains je ne suis pas prosélyte. Au contraire, si vous considérez que l’ancien ministre de l’économie vaut mieux que son adversaire, alors foncez et votez pour lui. En ce qui me concerne, je mets les deux au même niveau, dans des registres très différents mais tout de même. Dès lors, puisqu’il m’est impossible de dégager un favori par rapport à l’autre, j’estime que l’option la plus saine est le vote blanc. C’est finalement celle qui représente le mieux mon opinion. Et oui, je sais, les votes blancs sont décomptés mais n’ont pas plus de poids que les votes nuls, mais c’est peut-être justement à force de voter blanc que l’on convaincra nos représentants de donner un réel impact à cette option. Notamment celle qui la rendrait invalidante dans le cas où elle serait majoritaire.

Second exemple de la tendance : “Vous êtes avec nous ou contre nous”. Vous noterez la grande mesure de ce tweet. À la décharge de son auteur, il est ici, forcément limité à 140 caractères et a depuis, développé sa pensée. Je n’insisterai pas sur ce sujet. Ce que je veux dire à ces électeurs, aux plus hystériques d’entre-eux qui veulent nous convaincre, nous abstentionnistes, partisans du vote blanc, de privilégier M. Macron plutôt que Mme. Le Pen c’est d’abord de se calmer, de se détendre. Puisque ce second tour est souvent comparé à la présidentielle américaine, souvenez-vous que ce qui a conduit Mme. Clinton a la défaite, c’est aussi ses attitudes offensantes, insultantes à l’égard de ceux qui n’étaient pas de son avis : “Basket of deplorables”, does that ring a bell? C’est par la discussion calme, raisonnée, qu’éventuellement vous convaincrez. Mais sûrement pas en jouant la carte des démocrates outrés.

Allez, comme j’aime bien rigoler et que je suis pas fâché, je vous propose qu’on se quitte sur deux tweets de BHL, qui est la preuve ultime que le ridicule ne tue pas.

Faudra qu’on m’explique le rapport…
La fameuse exception qui confirme la règle, sans doute !

Cet article vous a plu ? Cliquez sur le petit cœur en bas à gauche pour le recommander à vos amis !
One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.