Pourquoi j’ai soutenu financièrement Emmanuel Macron et pourquoi je vous encourage à le faire.

Cet article fait suite à mon précédent article sur l’élection de Donald Trump. Il en est le prolongement au sens où il propose un premier moyen simple d’action : le soutien financier à Emmanuel Macron. Comme les dons aux partis politiques sont fortement déductibles des impôts il y a la possibilité d’avoir un impact fort à un coût limité tout en faisant un vrai geste citoyen.

Mais avant de détailler la mécanique comptable du soutien à une candidature, il faut parler du fond et du pourquoi soutenir cette candidature (si vous êtes déjà convaincu par Emmanuel Macron vous pouvez aussi aller directement à la fin de l’article).

Le constat

Nous vivons dans une société qui évolue rapidement, dans laquelle l’automatisation prend de plus en plus de place, dans laquelle l’informatique, internet et la robotisation permettent des gains de productivité importants. Malgré ces progrès nous assistons en occident à une paupérisation de la partie la moins diplômée de la société et une montée très forte de tous les populismes qu’ils soient de droite, de gauche ou religieux.
En France particulièrement, le pessimisme est de mise rendant trop souvent les gens agressifs et leur faisant perdre la notion du bien commun.
Pourtant je n’accepte pas l’idée que dans un monde où le progrès et la science avancent jour après jour, on se résigne à ce que demain soit moins bien qu’aujourd’hui. Je refuse d’accepter sans rien faire qu’on glisse lentement vers un pays qui serait dirigé par Marine Le Pen et dont les banlieues seraient le terreau d’un Islam radical. Je n’accepte pas une société dans laquelle l’horizon indépassable quand on n’est pas né au bon endroit serait de devenir sportif, dealer, chômeur ou Djihadiste.

La France est dans une situation paradoxale avec, à la fois un formidable matelas de protection sociale — accès aux soins gratuits, indemnités chômages fortes, RSA, éducation gratuite, aide aux logement, justice accessible — et pourtant l’idée que tout va mal.

Il manque en France une chose fondamentale… l’espoir. La faute à un chômage endémique, la faute à un ascenseur social en panne, la faute à un ensemble de lourdeurs et de corporatismes. La faute aussi à une volonté de désigner des boucs-émissaires plutôt que de construire un projet commun vers lequel nous souhaiterions tendre ensemble.

Aujourd’hui, la part de la population la plus riche s’enrichit de plus en plus tandis que la plus pauvre se demande au mieux à quoi elle servira demain. Comment peut-on accepter aujourd’hui que des personnes vivent démunies dans la rue lorsque nous sommes capables de construire des voitures automatiques ou des accélérateurs de particules pour remonter à l’origine de l’univers ?

On répète aux fonctionnaires à longueur de journée qu’ils sont trop nombreux et inutiles pourtant j’ai du mal à comprendre comment on pourrait construire une société du savoir sans enseignants, une société avec plus de personnes âgées mais moins de médecins, des prisons décentes avec moins de gardiens, une police efficace avec moins de policiers et une justice rapide avec moins de juges.

Il nous faut construire une société où chacun ait sa place, dans laquelle chaque personne de bonne volonté ait son rôle et où l’on soit valorisé en fonction de son apport à la société.

Je crois que nous devons tout faire pour que notre société soit une méritocratie et je pense profondément que l’élitisme est une valeur de gauche. Mais on ne peut construire une méritocratie sans une réelle égalité des chances. Et j’insiste sur l’égalité des chances et non celle des moyens. Tout montre aujourd’hui que lorsqu’on vient de banlieue ou d’un quartier très populaire, qu’on est fils ou petit fils d’immigré ou issu d’un milieu très modeste, tout est beaucoup plus difficile. L’école n’arrive plus aujourd’hui à compenser les inégalités sociales de départ. Il faut lui donner des moyens beaucoup plus forts dans les zones difficiles, tellement forts que les parents aient envie d’y inscrire leurs enfants.
 Il faut que quel que soit l’endroit où l’on nait on puisse se dire « quand je serai grand je serai médecin, chercheur, chef d’entreprise, avocat ou même président de la république » et que cela soit crédible. Lorsque j’étais jeune, je voulais être prix Nobel de physique. Je ne l’ai évidemment pas été, mais quelle importance ? J’y ai cru et j’ai pu grâce à cette envie et à l’école publique passer des années passionnantes et obtenir brillamment mon doctorat. J’ai in fine choisi d’autres horizons qui m’attiraient plus mais j’ai toujours eu confiance tout au long de mes études en l’avenir. C’est cette confiance qu’il faut donner à toute notre jeunesse.

Nous sommes dans une société du savoir et de l’automatisation, la richesse va être mécaniquement accaparée par un nombre de plus en plus restreint de personnes qui vont bénéficier de la puissance démultiplicatrice de l’informatique. Et s’il est normal de récompenser les plus entreprenants d’entre nous par des revenus importants, il est aussi fondamental de comprendre que sans redistribution forte de la richesse nos sociétés s’effondreront et sombreront dans le populisme. Redistribuer n’est pas seulement une nécessité, c’est aussi une notion d’équité, les entreprises de la high-tech ne font que capitaliser sur un savoir qui a été bâti année après année, siècle après siècle par des générations de mathématiciens, mécaniciens, physiciens, informaticiens, médecins, philosophes souvent payés par la puissance publique … La très grande richesse aujourd’hui est plus liée à la chance d’être au bon endroit au bon moment ou d’être né héritier qu’à une vraie différence de « valeur travail », en particulier dans la high-tech où la différence entre succès et échec est devenue extrêmement tenue. Il est donc important que ce qui a été gagné grâce à la société dans son ensemble puisse être rendu d’une façon ou d’une autre à la société.

En plus de cette solidarité, je souhaite un monde plus libre, une société moins rigide, un monde où l’Etat protège les plus faibles sans dicter tout le temps à tout le monde comment toutes les choses doivent s’organiser. Je pense que l’Europe, et la France au sein de cette Europe, ont un message à faire entendre, un message d’équilibre, de liberté et de tolérance. Il est possible de construire une société libérale mais dans laquelle chacun a sa place, une société de pleine activité à défaut de plein emploi, une société qui ne soit pas réactionnaire, dans laquelle on respecte les individus et dans laquelle les individus se respectent. Une société dans laquelle la politique n’est plus envisagée comme une carrière et est débarrassée des Cahuzac et autres Balkany. Une société dont les hommes politiques seraient plus représentatifs des citoyens qu’ils sont justement censés représentés.

Cette société, aucun homme politique ne pourra la construire à notre place mais je suis persuadé qu’Emmanuel Macron est aujourd’hui la personne la plus apte à nous aider à le faire. Il est clairement le candidat qui comprend le mieux l’économie sans pour autant vouloir renoncer à la solidarité à la française. Il est porteur d’un projet qui inclut les citoyens plutôt que de les montrer du doigt. Oui il a travaillé quatre ans dans une banque d’affaire mais il n’y a pas fait carrière et cela lui permet au moins de connaître le système financier de l’intérieur. Oui il est lui aussi énarque mais l’ENA est une grande école de la république qui nous a donné le pire comme le meilleur. Il n’est pas un homme de partis politiques, il est compétent, intègre, cultivé et brillant. Il représente une nouvelle vision de la société non pas structuré sur une opposition gauche-droite qui a de moins en moins de sens mais sur un ensemble de valeurs autour de la liberté, de l’égalité des chances et des droits, de la solidarité, du respect du bien commun, du vivre ensemble et de la culture. Lorsqu’il était au gouvernement, il s’est positionné clairement contre le projet de destitution de nationalité refusant la facilité et préférant ses convictions. Il est aussi parti quand il a senti que son action était entravée mais sans critiquer ceux qui l’avaient nommé. Enfin il est jeune et à un moment où on souhaiterait une assemblée plus représentative tant en terme de femmes que de minorités, cela fait du bien.

Pourquoi soutenir financièrement Emmanuel Macron ?

Une campagne pour une élection présidentielle coûte beaucoup d’argent. En Marche, le mouvement d’Emmanuel Macron, n’est pas un parti politique et ne bénéficie pas de subventions. Les dons sont donc l’unique moyen de financer ce projet.

Mais en France les choses ne sont pas si mal faites.

D’abord le budget est limité à 21 millions d’euros ; ensuite sur ces 21 millions, 8 seront remboursés par l’état si le candidat dépasse les 5% des voix.

Ces 8 millions peuvent donc être empruntés. Il ne reste donc plus à trouver « que » 13 millions d’euros.

Le don maximum par individu et par année légale est de 7 500€. 1 700 personnes donnant chacune 7 500€ suffirait à couvrir l’intégralité des frais de campagne. Vous me direz 7 500€, c’est colossale et vous aurez raison, sauf qu’en fait l’état en déduit les 2/3 de vos impôts. Si vous payez 5 000€ ou plus d’impôts par an, le soutien massif à la campagne d’Emmanuel Macron ne vous couterait que 2 500 €. J’en appelle en particulier à tous les entrepreneurs de gauche, à tous les cadres, toutes les personnes qui sans vivre dans l’opulence ont néanmoins une vie facile : voici l‘opportunité d’aligner vos actes avec vos idées. Soutenir financièrement cette campagne c’est face à la montée du populisme dire « voilà aujourd’hui j’ai fait ma part pour essayer de changer le cours des choses, pour proposer une alternative ». C’est le moment d’arrêter d’être cynique comme on sait si bien l’être en France, de croire en nos forces, en notre avenir et d’essayer.
Bien sûr, il y a de grandes chances que cela échoue, qu’Emmanuel Macron ne soit pas élu ou qu’il soit trop jeune, pas à la hauteur… mais au moins nous aurons essayé, nous aurons fait bouger les lignes et enrichi le débat. Et si ça ne fonctionne par pour cette élection, peut être que cela sera le cas à la prochaine.

Pour ce qui est du financement je n’ai parlé ici que de l’hypothèse haute — qui d’ailleurs peut en fait être encore plus haute si vous êtes en couple — mais toutes les contributions sont importantes.

On atteint aussi 13 millions d’euros si

  • 30 000 personnes donnent 100€ (donc en fait seulement 33€),
  • et 6 000 donnent 300€ (donc en fait 100€),
  • et 2 000 donnent 1 500€ (500€)
  • et 700 donnent 7 500€ (2 500€).

Comment donner

c’est très simple, inscrivez-vous d’abord gratuitement sur le site de En Marche le mouvement et vous y trouverez toutes les instructions pour payer que ce soit par carte, par virement ou par chèque.

Indépendamment de votre contribution financière, vous serez invités à participer à la construction de ce mouvement au niveau local, à le faire évoluer et à lui transmettre votre expérience et votre énergie. Enfin à l’heure des réseaux sociaux, n’hésitez pas à partager ce post ou à écrire le vôtre et à en parler à vos amis et votre réseau.

Ne laissons pas le populisme gangréner notre société et construisons ensemble un futur dans lequel nous voulons vivre.