Lettre ouverte de 6 jeunes en Service Civique aux candidats à l’élection présidentielle

Nous faisons partie des 200 000 jeunes qui, en faisant un Service Civique, participent à « faire société ». Car la société ne se « fait » pas toute seule. On nous parle tout le temps du mot « société », mais le mot le plus important semble être le premier : ce « faire » invisible.

Parce que faire société, ce n’est pas se recroqueviller sur ses privilèges ou s’avachir dans son confort. Une société, ça s’agit, ça se vit, ça se nourrit, ça se bâtit. Aujourd’hui, le service civique est une des rares expériences qui nous reconnecte avec notre vérité, d’hommes, de femmes, de citoyens actifs.

Parce que, avant d’être des individus, nous sommes et nous voulons être des acteurs de causes qui nous dépassent, d’une réalité qui nous oblige : le monde qu’ensemble nous voulons bâtir.

Parce qu’en s’engageant dans une structure qui nous fait confiance sur des missions concrètes et en voyant qu’on peut avoir un véritable impact social, ça nous donne confiance en notre potentiel citoyen et ça nous rappelle que c’est à la jeunesse de bâtir l’avenir.

Parce que ces quelques mois au service des autres nous permettent de rencontrer des gens que nous n’aurions jamais rencontrés dans notre vie de tous les jours : le Service Civique permet d’aller vers l’autre, de casser nos préjugés, de renforcer la cohésion sociale.

Parce que le Service Civique nous permet de nous sentir utiles, acteurs d’une société dans laquelle le jeune n’a pas vraiment sa place : pour nous la jeunesse n’est pas la salle d’attente de l’âge adulte !

Vous candidats à l’élection présidentielle, si vous êtes élus, vous aurez demain le pouvoir/le devoir de permettre aux jeunes de s’engager et d’améliorer le Service Civique. Voici ce que nous, volontaires et anciens volontaires, espérons et attendons de vous :

Nous vous demandons de développer le Service Civique encore plus pour que TOUS les jeunes puissent le faire : qu’ils soient de nationalité française ou demandeurs d’asile, qu’ils viennent de grandes villes ou de villes rurales, qu’ils aient bac+ 5 ou bac-5.

Nous vous demandons de ne pas le raccourcir pour qu’il reste un moment à part dans une vie, que nous ayons le temps d’être réellement utiles sur le terrain et que nous ayons le temps d’être nous-mêmes transformés par cette expérience.

Nous vous demandons de continuer à donner aux volontaires une indemnité et de renforcer nos droits (aide au logement, transport, repas…) pour que l’argent ne soit jamais un frein à l’engagement.

Nous vous demandons de favoriser la reconnaissance du Service Civique : que nos proches soient fiers de nous parce qu’ils sauront à quel point c’est important, qu’il soit une étape de vie encore mieux valorisée dans nos parcours, qu’il soit un vrai plus sur nos CV, qu’il nous ouvre encore plus de portes… !

Et enfin, nous vous demandons de ne jamais remettre en cause cette forme d’engagement qui nous permet de faire société.

Charlotte et Sissé de l’AFEV

Elodie et Thomas de Concordia

Fania et Loïc d’Unis-Cité