Founder Story #49: Thomas Rebaud, Co-founder & CEO de Meero

Une Founder Story chez NUMA c’est un échange cash entre entrepreneurs sur un format intime. 20 startups, 1h, no live stream. No BS. Thomas Rebaud, co-founder & CEO de Meero, était l’invité de notre 49ème Founder Story.

Lorsque l’on associe l’emoji “fusée” aux startups, on pourrait facilement y ajouter une photo/visuel/logo de Meero qui, en 30 mois, a levé $63M et est devenu le leader de la réalisation de reportages photo et vidéo dans le monde. La startup emploie aujourd’hui 450 personnes et prévoit d’accueillir 550 nouveaux collaborateurs dans les 12 prochains mois !

Sa proposition de valeur ? Proposer des solutions photo et vidéo à la demande aussi professionnelles qu’Instagrammables. En utilisant l’IA, Meero automatise la retouche et transforme l’univers de la photographie professionnelle, rendant ce service accessible à toutes les entreprises.

Avant de créé MEERO, Thomas Rebaud avait co-lancé plusieurs entreprises dont Watchdog System (l’antivol moto nouvelle génération), et Diji (agence de conseil en communication digitale). En 2016, il fonde MEERO, qui s’est installé mondialement depuis.

S’il y a une chose essentielle à retenir c’est celui de tenir et fixer son objectif. C’est ce qu’illustre Thomas au cours de cette FounderStory.

  1. C’est quoi la mission de MEERO ?

Le pari de Meero est de « faire en sorte que les artistes puissent faire ce qu’ils aiment faire ». Or, en réalité, la majorité des artistes est absorbée au quotidien par des activités sales : la pré-prod, post-prod, compta… bref, « ils cherchent à bouffer ». Pour répondre à cette problématique, Meero a développé un software qui équipe les artistes d’outils permettant d’optimiser ces démarches chronophages. La vraie révolution de Meero, c’est de « leur donner un maximum de boulot sur la première semaine du mois — répétitif, certes — mais qui leur permet d’assurer jusqu’à 2000$ et de se consacrer pleinement à leur passion les 3 dernières semaines ». Pour Thomas, Meero ne remplace pas le métier de photographe, « on a pris les clients qu’ils ne pouvaient pas avoir et que des missions qui pouvaient s’automatiser. On ne fait pas de sur-mesure ».

2. Cruncher le sujet et tester le marché.

Thomas n’est pas photographe mais il en a rencontré un qui était étonné de ne trouver aucun acteur sur ce marché. « J’ai crunché le sujet pendant deux mois, j’ai trouvé ça fou et je suis allé à fond dessus ». Il décide alors de shooter tout son carnet d’adresses et propose une plateforme de mise en relation « J’ai mesuré le nombre de personnes intéressées. J’avais auparavant fixé un objectif et de fait j’étais au-dessus. J’ai cru que ça marchait et j’y suis allé à fond ». Rapidement il comprend aussi qu’il faut « qu’il process côté image et côté opération, pour optimiser les marges ».

3. La tech, pour optimiser process et levées de fonds.

Meero a développé une techno de retouche d’images. Mais, Thomas concède que « c’est un sujet très complexe. La retouche c’est hyper subjectif, il ne faut pas que ça fasse fake ». Pour optimiser ses process, il a fait le choix de se focaliser sur certains sujets photographiques (notamment l’immobilier). Avant d’élargir à tout l’univers de la photo, 95% de la valeur de Meero c’était la tech. « Sans tech c’est duplicable, sans tech tu fais des fausses marges… or la tech et les marges j’en ai besoin pour les levées de fonds ! Donc la tech c’est le nerf de la guerre ».

4. Le business, une question d’objectifs.

Au début, Thomas décide de favoriser les profils business avant de s’entourer d’experts photo. « On en revient à la question : c’est quoi ton objectif ? Mon premier objectif était d’atteindre 5 sujets différents : taux d’acquisition, revenu… Le focus photographie est venu progressivement. Avant de se prendre la tête sur la culture, la vision etc… il faut comprendre s’il y a un vrai sujet derrière, qui fait sens pour les photographes et les marques.

5. Première seed, premières levées.

Il y a deux ans, il s’apprête à lever 1,2 millions d’euros auprès de Paris Business Angels. Après 40 versions de Term sheet, il refuse finalement de signer. C’est la fin du mois et Thomas se retrouve sans cash et incapable de payer ses employés. « Je suis allé voir des BAs connus pour lever des fonds. J’ai levé 380K au lieu de 1,2 M€, mais j’ai bien fait ». Cette levée de fonds lui a permis de recruter, notamment des développeurs. Mais, la première année en 2016, il n’encaisse pas un euro. « Comment j’ai fait ?… J’ai levé des fonds. En Série A, la croissance de chiffre est bien plus importante que le cash que tu collectes ».

6. La capacité à digérer l’info et “cutter” rapidement

La stratégie de Thomas est de se fixer un objectif et de répondre à la question : « comment j’y vais ? ». Cette question est un fil rouge. Ce mode de pensée à rebours permet de ne pas se censurer et de voir plus grand.“Vous devez réfléchir où vous voulez être dans trois ans et comprendre où vous devez commencer à construire votre vision.”

7. RH et onboarding, comment tu t’organises ?

Meero n’a pas encore de DRH. « On n’a jamais le temps de se poser et anticiper, c’est toujours après coup ». Thomas reconnaît avoir fait des erreurs de recrutement. « On a recruté sur le CV, mais ils n’avaient pas toujours le spirit. Quand tu vas vite, inexorablement, tu fais bien à 80% et donc il y a 20% où tu te goures parfois. Surtout ce sont des périodes compliquées et ce qui compte vraiment c’est l’état d’esprit. Tu as besoin de t’entourer de gens qui voient le verre à moitié plein et non à moitié vide. Sinon, cet état d’esprit peut casser la boîte… C’est vraiment là que le mindset et la culture prennent leur importance ». Au début, Meero n’avait pas de onboarding. « Aujourd’hui, le processus d’accueil des nouveaux est bien cadré.»

La team Meero célèbre Halloween dans ses locaux

8. S’autoriser à être ambitieux, absolument ambitieux

Pour Thomas, « je crois que la différence entre les boîtes qui fonctionnent et les autres : c’est la vision et l’ambition ». La vision, c’est « pourquoi tu fais ce que tu fais et comment tu peux y aller ». Si tu as de l’ambition, tu te demandes tout le temps :« si je peux faire 5, pourquoi je fais 2 ? Et comment faire 5 ? ». Ce sont les clés du succès et d’une levée de fonds. Le mantra de Thomas c’est «think backwards from your objective». Souvent, les entrepreneurs partent de leurs moyens pour atteindre un objectif, fixé en conséquence. « C’est l’erreur qui fait que parfois les gens font des boîtes, mais pas forcément de très belles boîtes ». Morale de la story, toujours « se donner les moyens d’atteindre ses objectifs ».

Merci Thomas !

Rédaction : Gabrielle de Loynes // Interview : Arnaud Chaigneau