

Et si… on refaisait marcher les enfants.
En une génération, la voiture a remplacé l’énergie humaine. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les chiffres. Depuis les années 70, que ce soit ici, en Europe, au Canada ou aux Etats-Unis, la tendance est globale.




La galère des parents au quotidien
Maintenant, comment cela se traduit-il dans notre quotidien : de plus en plus de voitures aux abords des écoles, donc plus de voitures en double file, d’embouteillages, de pollution, de parents nerveux, de riverains exaspérés. Bref, ça craint. Grave. Vous ne me croyez pas ? Prenez 1'30 et regardez la vidéo :
“ça fait 40 ans que c’est comme ça madame, mais je le vois que ça empire !”
Ce monsieur a bien pris conscience du souci. Alors 2 options s’offrent à nous : laisser les parents se débrouiller et faire comme si de rien n’était OU se retrousser les manches et chercher des solutions pour améliorer le système.
Du coup, chez PetitBus, on a cherché si on pouvait faire quelque chose pour éviter de tels problèmes aux abords des écoles.
Après avoir épluché pas mal de littérature sur le sujet, regardé ce qui se faisait un peu partout, demandé à plus de 300 parents quels étaient leurs besoins et être allés dans la rue à leur rencontre, nous avons de la matière sur laquelle travailler.
Mutualiser les trajets
Assez naturellement, ce qui nous a semblé le plus pertinent était de mutualiser les trajets. Quand on voit qu’en général “un parent accompagne un seul enfant”, la marge pour optimiser les trajets est grande.
Un parent, plutôt que d’accompagner un seul enfant, pourrait en accompagner plusieurs.
1 voiture pour 3 ou 4 enfants, ça réduit déjà sensiblement le nombre de voitures.
Mais pourquoi ne pas aller plus loin et, plutôt que de faire le trajet en voiture, le faire à pied.
“70% des élèves de maternelle et élémentaire se rendent à l’école en voiture alors qu’ils habitent à moins de 1,5km de leur école !” (source ADEME)
Donc en résumé, pour essayer de résoudre une partie du problème, il faudrait un moyen d’inciter les gens à moins prendre leur voiture, voire emmener les enfants à pied, de façon mutualisée. Les choses sont bien faites, nous n’inventons rien : cette pratique s’appelle le pédibus. Elle existe depuis près de 25 ans. En effet, David Engwitch en a eu l’idée en 1992 en Australie : cela s’appelait alors le «walking bus» («bus pédestre»).
Changer les mentalités
Là, en général, vous vous dites : “yep, j’ai déjà vu ça” ou “j’en ai entendu parler, ça me dit quelque chose”. Il nous reste donc “un peu” de travail d’évangélisation à faire, à peu près le même que BlaBlaCar a réalisé pour que le covoiturage devienne une pratique aussi répandue que ce qu’elle est aujourd’hui. Même si aujourd’hui le pédibus est encore peu répandu, ses qualités globales sont multiples :
- cela créée du lien social, entre les parents et les enfants : pour eux c’est quand même mieux d’être avec leurs copains à l’air libre qu’être confiné à l’arrière tout seul à écouter France Info (ou Nova)
- d’un point de vue santé, marcher et faire un peu d’exercice, c’est mieux, surtout lorsque l’on met ça en regard des problèmes d’obésité grandissants. On veut bien être d’accord sur le fait que quand il fait -2°C avec du verglas, c’est pas l’idéal. Mais avouons le, ce n’est pas une excuse pour les 300 autres jours de l’année. Au pire, c’est une chouette aventure !
- donner un peu plus d’autonomie aux enfants : savoir appréhender la ville, les rues, les voitures, c’est un gros plus pour eux. Accessoirement, je vous vois aussi leur demander le dimanche matin : “Tiens, puisque tu es déjà debout, va donc chercher les croissants !”. Que des avantages je vous dis !
- c’est prouvé, les enfants sont plus concentrés en classe lorsqu’ils y viennent en marchant :
“L’exercice physique effectué pour se rendre par ses propres moyens à l’école agit positivement sur la capacité de concentration durant environ quatre heures”
Faciliter la vie des parents
Nous tenons donc l’idée fondatrice de PetitBus : permettre aux parents d’une même école de se retrouver afin de s’organiser pour l’accompagnement des enfants. Ce n’est pas non plus le Tinder pour parents débordés hein, mais sait-on jamais, le beau papa divorcé, c’est peut-être le moment de discuter avec lui. Le principe est donc de se relayer pour accompagner un groupe d’enfants, simple non ?
Souvent, nous nous sommes entendu dire : “non, je n’ai pas trop envie d’accompagner, c’est trop de contraintes”.
Plutôt que d’accompagner 5 x 20min par semaine, accompagner un groupe d’enfant 1 x 30min fait indéniablement gagner du temps. Et dans tous les cas, votre enfant doit arriver avant 8h30 à l’école. C’est à peu près la seule vraie contrainte.
Evidemment, parfois, la distance est telle que le temps de trajet à pied est trop élevé : nous sommes pragmatiques, le covoiturage avec 4 enfants sera toujours mieux que 4 voitures en double file devant l’école.
Le problème est posé, des solutions existent et même si nous ne sommes qu’une infime partie d’entre elles, nous sommes fiers de pouvoir contribuer
Voilà donc ce en quoi nous croyons chez PetitBus, ce qui nous fait nous lever chaque matin, ce qui a du sens à nos yeux : aider les parents, trouver des solutions innovantes et les plus décarbonées possibles.