Nul besoin de loi pour construire un nouveau monde du travail !

Je n’ai vraiment pas à me plaindre ! J’ai eu un bol monstre ! J’ai attrapé un des derniers ascenseurs sociaux encore en pseudo état de marche… C’était dans les années 90 !

A l’époque, il suffisait de tomber amoureux du savoir pour grimper de l’école communale du Périgord à la Grande Ecole Parisienne en passant par une classe préparatoire, gratuites toutes les trois ou presque !

Si 80% d’une classe d’âge a le bac en poche, si le nombre de mentions a été multiplié par 20 en une génération, ces grandes écoles qui donnent accès aux fonctions de dirigeants d’entreprises sont désormais réservées quasi-exclusivement à une élite sociale…

L’ascenseur social est cassé, bien pire, l’aspirateur à potentiels aussi !

Il y aurait tant à dire sur ces 6 millions de personnes qualifiées de “chômeurs” ou de “chercheurs d’emplois”… Leur quête ressemble cruellement à celle des chercheurs d’or ? Filtrer un flux infini d’offres d’emplois pour trouver une pépite qui n’existe probablement pas !

A y regarder de plus près, il semblerait que leur caisse à outil soit souvent bien mal remplie, malgré ce beau diplôme qui la tapisse… Le numérique pourrait pourtant bien être leur salut comme le démontre des démarches remarquables d’écoles de la deuxième chance.

Je vous parle de vous, salariés, vous qui êtes LE travail !

Ce sont effectivement les 16 millions de salariés du secteur marchand qui m’intéressent au premier chef… 16 millions seulement ! Il faut être un sacré gymnaste des statistiques pour réaliser le grand écart entre les chiffres “révélés” chaque mois par les différentes institutions, mais la lecture est directe ici : 16 millions seulement !

Entre amis “comment ça va ton boulot ?” est devenu la question la plus partagée après “t’as vu la météo ?”… Ca en dit long ! Passé au tamis d’une amicale honnêteté intellectuelle, il en reste : ces frustrations et ces renoncements restent-ils supportables ?

S’il suffisait d’oublier ses rêves d’adolescent, mais non, il faut aussi renoncer à s’améliorer, à apprendre, à découvrir… ici, on bosse !

Après avoir processé, normalisé, standardisé, on s’étonne, souvent sincèrement, que le leadership ne s’exprime plus !

Quand ça fait trop mal, on peut toujours utiliser des mots anglophones !

On ne parle plus que de KPi, d’indicateurs chiffrés, de ROI (pour Retour Sur Investissement, mais RSI…), de management lean, … et on voudrait des entreprises innovantes ouvertes aux initiatives individuelles !

Dans ce monde déshumanisé les talents, disons plutôt les “potentiels”, rêvent d’intrapreneuriat ou d’entrepreneuriat !

Ce monde du travail est incroyablement irrationnel ! Se cachant derrière une pseudo approche scientifique (en l’état de la science au temps de Frédérick Taylor, dans la seconde moitié du 19ème siècle…), on l’imagine mécaniste, alors qu’il n’est basé que sur des émotions.

Nous sommes des êtres vivants, pas vraiment mécanisable, même au boulot !

L’intégrité et la passion ont pourtant beaucoup plus de poids qu’une démonstration rationnelle dans ce monde épuré de sentiment ! On vous interdit d’être vous-même, je vous donne un conseil : rajoutez-en un peu !

On devient chef pour pouvoir exprimer ses émotions !

Mais l’aspirateur à potentiel est cassé lui aussi ! La reproduction sociale est extravagante dans ce monde là… Pas que l’humain ait disparu, non, il se cache ! Il s’exprimera plus tard, chez lui… bien tard, quand son smartphone aura enfin fini de vibrer.

Une seule issue pour exprimer ses compétences et surtout ses convictions, gravir les étapes vers les sommets.

Dans un monde de compétition structurelle où il y a de moins en moins de place sur la plateforme à chaque nouvel étage, seuls les compétiteurs s’en sortent, pas forcément les plus bienveillants. Et ce sont eux qui créent le modèle…

Des start-ups de 10 salariés publient leur organigramme et leur fiche de fonction !

Compétition, concurrence, objectifs chiffrés et primes individuelles… Mais qu’avons-nous fait du travail !

Il y a un siècle, le travail était aussi un moyen d’émancipation, au moins, dans les débats !

Aujourd’hui, c’est la loi qui fait débat, plus le travail ! Mais pourquoi travaillons-nous en 2016 ? Qu’en retirons-nous à part un salaire et à quel prix ?

A l’heure où de nouvelles plateformes apparaissent comme les futures “structures” de l’emploi, du Mechanical Turk d’Amazon à la myriade de start-ups engagées sur cette voie, en passant par les plateformes de freelances spécialisées ou généralistes, nous allons devoir changer de prisme.

Le modèle salarial a vécu… Appelons cela une branche mourante de l’évolution des activités humaines.

Le nombre d’actifs non-rémunérés est reparti à la hausse depuis quelques années seulement. Dans les pays occidentaux, de 20 à 40% des professionnels sont déjà des freelances travaillant en temps partagé pour plusieurs entreprises.

Uber n’a rien inventé, il surfe sur la vague du non emploi. AirB&B ne propose rien de plus que la monétisation d’un actif inexploité contre rémunération. Le travail se réinvente sous la contrainte…

Un monde meilleur est possible, surtout au boulot !

Demain, nous travaillerons pour des causes, portées par des leaders sous forme de projets à durée limitée qui n’auront sûrement pas besoin d’indicateurs pour mesurer votre engagement !

Demain (ou le jour suivant), nous ne travaillerons que quand nous le souhaiterons, merci les robots !

Demain, nous serons tous présents sur des “plateformes de compétences” !

C’est en partant de ces convictions que nous avons créé Skiller, pour remettre de belles valeurs au coeur du monde du travail !

Le plus génial, mais qui pourrait en douter, c’est que ça marche !

Si vous aussi vous rêvez d’un monde du travail meilleur, vous avez toute votre place sur Skiller !

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